Int?ressant, Catherine, cette notion d'authenticit?, en relation avec la musique. Sur l'inestimable Tr?sor de la Langue Fran?aise (http:// atilf.atilf.fr), je jette un oeil, trouve ceci (et r?sume) : AUTHENTICIT?, subst. f?m. Qualit?, caract?re de ce qui est authentique. I.? (Cf. authentique I A). Qualit? de ce qui fait autorit?. II.? Qualit? de ce qui ne peut ?tre controvers?. III.? Qualit? de ce qui est intrins?quement et ?minemment vrai, pur. A.? [Concerne les pers.] V?rit? intrins?que, qui correspond aux tendances, aux sentiments profonds de l'homme, B.? [Concerne une manifestation de l'?tre] Valeur profonde dans laquelle un ?tre s'engage et exprime sa personnalit? ************ Quelques notes, trop vite. Journ?e charg?e. Besoin de parenth?se. Piano, piano, quelques pistes. D?sol? si je m'?carte de votre propos. "La musique ne se repr?sente pas. Elle *est* l'affect", ?crivez-vous. Mais la musique s'?crit, l'occidentale du moins. Elle peut donc, dans une certaine mesure, ?tre repr?sent?e. Et le compositeur/lecteur "entend" sa composition avant m?me qu'aucun son n'ait ?t? produit. Francis Ponge : "Non seulement n'importe quel po?me mais n'importe quel texte - quel qu'il soit - comporte (au sens plein du mot comporte), comporte, dis-je, sa diction. / Pour ma part - si je m'examine ?crivant - il ne m'arrive jamais d'?crire la moindre phrase que mon ?criture ne s'accompagne d'une diction et d'une ?coute mentales, et m?me plut?t qu'elle ne s'en trouve (quoi que de tr?s peu sans doute) pr?c?d?e." Du moins dans une de ses modalit?s, la musique se lit donc, avant que le son ne se propage dans l'espace et trouve, dans tous les sens du terme, sa r?sonance. M'int?resse aussi l'id?e que "le son arrive" - du point de vue de l'auditeur. Et cette constatation de Jean-Luc Nancy ("A l'Ecoute", Editions Galil?e) : "les oreilles n'ont pas de paupi?res". Et encore ceci : "Le son n'a pas de face cach?e". D'o? "l'autorit?" (cf. authenticit?) toute particuli?re du son (et de la radio comme m?dium, par exemple, Hitler l'avait compris), sa capacit? ? se propager, la difficult? de l'isolation. Impossible de lui tourner le dos. Et ainsi la musique nous prend souvent aux tripes. On peut y ?chapper en se bouchant les oreilles mais cette op?ration se fait avec les mains (au moins deux doigts) et on perd, au passage, un autre sens : le toucher :-) Entre la vue et l'ou?e, il n'y a pas de r?ciprocit? observe Nancy, qui ajoute : "De la m?me fa?on, je dirais qu'il flotte de la musique autour de la peinture bien plus qu'il n'esquisse de peinture autour de la musique. Ou encore, en termes quasi-lacaniens [dixit J-L Nancy], le visuel serait du c?t? d'une capture imaginaire (ce qui n'implique pas qu'il s'y r?duise), tandis que le sonore serait du c?t? d'un renvoi symbolique (ce qui n'implique pas qu'il en ?puise l'amplitude)." Ces rapports entre la vue et l'ou?e, le tableau et la musique, le po?me ?crit et sa diction, l'image et la parole, ne cessent de me travailler. Ils sont ? beaucoup d'?gards au coeur de mon travail d'artiste, activit? dans laquelle je les explore d'une mani?re empirique, ? t?tons. J'aimerais y travailler plus s?rieusement, y compris sur un plan th?orique. Pas beaucoup de temps, mais je dois dire que je trouve chez Lacan, sinon des r?ponses toutes faites, au moins de quoi aiguiser et entretenir ma soif. Laurent http://www.youcantouch.com http://www.alpha-psychanalyse.org Le 26 janv. 06 ? 10:09, Catherine Grandjean a ?crit :
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Je sors compl?tement de son contexte une citation de De M'Uzan, tir? d'un article intitul? "Interpr?ter, pour qui, pourquoi ?", paru dans La bouche de l'inconscient.
"L'interpr?tation serait-elle tellement dangereuse ? Parfois sans doute, quand elle n'est pas ma?tris?e. Mais ? l'oppos?, il serait tout ? fait f?cheux qu'elle f?t totalement frapp?e de st?rilit?, *ce ? quoi l'expose la structure m?me de sa formulation*. Son ?nonciation, dans un langage souvent tr?s secondaris?, *entrave en effet la saisie authentique de son message*." (p.72) (c'est moi qui souligne).
Cette citation est tr?s int?ressante pour notre propos. On y retrouve une bi-polarit?. Que dit cette citation ? D'abord, qu'il faut de la ma?trise. Mais que cette ma?trise peut conduire ? la st?rilit?, et ce, en raison m?me de sa structure. Il faut donc autre chose. Quoi ? Quelque chose du c?t? de l'authentique.
Pr?cis?ment, la musique est du c?t? de l'authentique. La musique ne repr?sente pas. Elle *est* l'affect. Dans le langage verbal, je n'ai pas besoin qu'une table soit l? pour pouvoir en parler. En musique, la musique est ce dont elle parle, elle est l'affect qu'elle produit. C'est en quoi faire de la musique n?cessite un engagement de l'?tre, et notamment du corps. Ce que nous montre cette citation, c'est l'autre face de Janus, l'autre face de la linguistique (la ma?trise n?cessaire) et cette autre face, c'est l'engagement authentique de l'expressivit? de celui qui parle. Sa musique. Faute de quoi l'?nonciation est st?rile. Ce paradigme de l'expressivit? musicale va loin.
PS : c'est quoi cette liste psychanalyse at wanadoo.fr ? Qui en est le propri?taire ?
-- Catherine
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