Steven Wainrib, psychiatre et psychanalyste"? La dispute qui les oppose, concerne-t-elle deux m?decins, qui parlent la m?me langue? les partisans d'un ordre social, ou bien, un m?decin et un quidam qui pratique la psychanalyse? On s'y perd. (En cette occurrence, il ne faut pas s'?tonner si c'est Babel...) L'un
Merci Jean-Pierre pour ces documents. Dans les faits l'application du fameux article: " qui lui impose (au m?decin) d'assurer des soins "fond?s sur les donn?es acquises de la science" (titre II, article 32), m'a toujours pos? question . Mais question, en tant qu'observatrice ext?rieure au domaine m?dical, puisque en effet, cela concerne la d?ontologie m?dicale. Pour en avoir discut? avec des amis m?decins (somaticiens) , il semblerait que certains d'entre eux, d?placent la question sur le plan ?thique. Ces deux articles posent une autre question. Clavreul, avait bien expliqu? la diff?rence fondamentale qui s?pare le discours m?dical du discours de la psychanalyse. A quoi se r?f?rent "Yves Ferroul, m?decin comportementaliste, et parle d'une cohorte d'individus dont il veut le bien, et des avanc?es pour la science, le deuxi?me traite du sujet de l'inconscient. (dont il s'?loigne dangereusement) On peut se renvoyer des r?sultats douteux, des formules, ils n'ont de valeur constructive, th?orique, que dans leur champ r?f?rentiel. "La prise du pouvoir th?rapeutique "... est-elle analytique ? m?dicale? politique...? Ce sont pourtant des questions graves. Comment en discuter d'un champ disciplinaire ? l'autre? Mireille Le 18 d?c. 06, ? 18:06, JP Bienvenu a ?crit :
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Je ne sais pas si le titre est bien choisi pour ce message... Les voies de la raison sont d?cid?ment imp?n?trables ! Voici un exemple de la tendre d?licatesse qui caract?rise certains d?bats qui opposent psychiatres et psychanalystes : la r?ponse de Yves Ferroul, m?decin comportementaliste, ? Steven Wainrib, psychiatre et psychanalyste, membre de la Soci?t? psychanalytique de Paris.
Se munir de bromure avant de lire ces proses.
JP B
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1) Psychiatrie : vers le nouveau "sujet TOC", par Steven Wainrib LE MONDE | 05.12.06 :
La Haute Autorit? de sant? (HAS) a r?cemment adress? aux psychiatres une brochure intitul?e Trouble obsessionnel compulsif (TOC) r?sistant : prise en charge et place de la neurochirurgie fonctionnelle. Sous le couvert bien anodin d'une "?valuation des technologies de sant?" s'y d?ploie la nouvelle collection d'hiver des th?rapies du comportement. Elle concerne les "sujets TOC" (sic), pr?sent?s comme des "handicap?s" ? qui on se propose d'infliger des traitements de plus en plus cauchemardesques, surtout s'il leur venait l'id?e saugrenue de r?sister au premier degr?. [...] Voici venu enfin le temps des m?thodes efficaces et de la technologie de sant? appliqu?e au psychisme. Premier degr?, on nous propose une association muscl?e entre une th?rapie comportementale intensive, une th?rapie cognitive et des antid?presseurs. Nous voil? loin des premi?res affirmations triomphales des comportementalistes nous d?crivant des gu?risons quasi miraculeuses en quelques s?ances, type Orange m?canique. L'int?r?t de ce document est de nous r?v?ler que rien de tout cela ne marche sans antid?presseurs. Personne n'a d'ailleurs pu montrer que ces m?dicaments agissaient sur les m?canismes causant les obsessions, mais tout donne ? penser qu'ils sont devenus indispensables aux comportementalistes, tellement les patients risquent de se d?primer gravement, si on s'emploie ainsi ? raboter sauvagement leur sympt?me, sans les accompagner dans une reconnaissance profonde de leur ?tre. Il a ?t? d?montr? scientifiquement que les prescriptions d'antid?presseur cr?ent une v?ritable toxicomanie, tant ils entra?nent tr?s rapidement une d?pendance physique et psychique g?n?rant un syndrome de sevrage. Mais c'est une bonne nouvelle qu'on veut nous annoncer : les patients r?fractaires, ces "sujets TOC" qui ont le culot de r?sister n'ont encore rien vu. Nos savants ont fait une longue revue de la litt?rature mondiale et nous annoncent avec d?lectation qu'on va pouvoir les op?rer en neurochirurgie. Sans craindre le ridicule, emport?s sans doute par l'aveuglement de leur volont? de puissance, ils nous annoncent un floril?ge de techniques, les unes plus mutilantes que les autres. Ils ne savent m?me pas si l'on doit faire une "capsulotomie ant?rieure, une cingulotomie ant?rieure, une tractomie subcaud?e ou une leucotomie bilimbique", c'est au petit bonheur la chance qu'on op?re. On se croirait revenu au temps des m?decins de Moli?re, mais l'envie d'en rire se fige lorsque ces longs couteaux audacieux nous expliquent, sans affect, que des l?sions irr?versibles sont caus?es lors de cette chirurgie d'ablation, ?voquant pudiquement des "complications", dont il nous sera fait gr?ce, sans doute pour ne pas rompre le charme. Si vous avez froid dans le dos, nos comportementalistes sont ravis de pr?senter aux ti?des une technique chirurgicale optionnelle, suppos?e r?versible cette fois-ci. Si vous avez peur de d?truire des zones c?r?brales de vos patients, et bien vous pouvez toujours les stimuler avec des ?lectrodes implant?es dans le cerveau. On a m?me la possibilit? d'ajuster les diff?rents param?tres du courant ?lectrique (fr?quences, voltage, dur?e d'impulsion), ce qui nous rappelle tous quelque chose. Bien s?r, des complications existent, il y a un peu de casse, tout juste un petit 1 % ? 2 % d'h?morragies intrac?r?brales, et 3 % ? 4 % d'infections du cerveau. Au fait, apr?s avoir subi ces "traitements", vous continueriez ? dire ? votre docteur que vous avez des obsessions, histoire de se payer une tractomie subcaud?e, ? peine rescap? d'une capsulotomie ant?rieure ? Les statistiques de r?sultats seront excellentes. [...] La prise du pouvoir th?rapeutique par les comportementalistes passe d'abord par l'affirmation que nous devons nous moquer du sens des sympt?mes. Ce ne sont que simples comportements erron?s ou "cognitions" distordues. Si vous admettez ces pr?misses, vos th?rapeutes ont les moyens de vous faire rectifier de telles erreurs. Vous avez aim? Le Livre noir de la psychanalyse, vous adorerez la chirurgie des obsessions et ses d?licates leucotomies bilimbiques. Un film d'horreur, mais en version r?alit?, tr?s XXIe si?cle.
Le document cit? est consultable sur http://www.has-sante.fr/portail/display.jsp?id=c_272448 . Steven Wainrib est psychiatre, psychanalyste, membre de la Soci?t? psychanalytique de Paris.
2) Les psychanalystes auraient-ils peur de la confrontation scientifique ?, par Yves Ferroul LE MONDE | 18.12.06
Le point de vue du docteur Steven Wainrib, m?decin qui a tout oubli? de ses ?tudes scientifiques (les pages D?bats du Monde du 6 d?cembre), est tr?s repr?sentatif de la fa?on d'agir des psychanalystes : non pas r?fl?chir et argumenter, en comparant deux m?thodes th?rapeutiques, mais insulter ceux qui proposent de soigner en dehors de la psychanalyse, les caricaturer en "adversaires" [...]. Faut-il pr?f?rer ? ce vocabulaire le langage si humain de la psychanalyse, comme cette explication de l'innocente crampe musculaire entra?nant le vaginisme par l'in?narrable Fran?oise Dolto : "Chez les vaginiques, on retrouve toujours le fantasme pr?coce du viol ?visc?rateur par la m?re, alors que la petite fille... d?sire le viol trucidant par le p?re" (Sexualit? f?minine : libido, ?rotisme et frigidit?, chapitre III) ? [...] D'ailleurs, depuis 1900, il n'y a aucun article, dans toute la litt?rature mondiale, apportant la preuve qu'une m?thode psychanalytique ait gu?ri quiconque. Alors que des milliers de Fran?ais ont une vie ?quilibr?e apr?s une prise en charge comportementale, avec ou sans m?dicaments. Car la prise de m?dicaments n'est pas une preuve d'?chec de la th?rapie comportementale ! Elle est, pour un vrai scientifique, la prise en compte d'une r?alit? objective, compl?mentaire de l'action comportementale : ? la base du trouble obsessionnel il y a une pathologie c?r?brale que certains produits peuvent affaiblir ou ?liminer. Il n'y a que les psychanalystes pour refuser cette dualit? et croire qu'un ?tre humain est ?mu, se souvient, raisonne, etc. avec une pens?e ?th?r?e, sans support organique : comme si le mauvais ?tat de marche du cerveau n'avait aucun impact sur le comportement ! Les comportementalistes sont des scientifiques. [...] Il n'y a que la psychanalyse qui, depuis Freud, crie au loup ? chaque fois que l'on propose une autre explication des faits psychiques que la sienne : pour la premi?re fois dans l'histoire de l'humanit? une connaissance serait d?finitive, et tout ce que l'on a d?couvert apr?s sa proclamation ne la concernerait pas ! Pour finir, je suppose que le docteur Wainrib est respectueux de ses patients et les informe, avant toute prise en charge, qu'il est en totale contradiction avec son code de d?ontologie, qui lui impose d'assurer des soins "fond?s sur les donn?es acquises de la science" (titre II, article 32), mais qu'il agit ainsi par conviction profonde. Curieusement, des tribunaux am?ricains ont condamn? ? de lourdes amendes des psychiatres ayant trait? par psychanalyse et qui n'ont pas pu apporter la preuve du fondement scientifique de cette th?rapie. Je conseillerais bien volontiers aux patients des m?decins pratiquant la psychanalyse de leur intenter des proc?s pour faute professionnelle, les juges fran?ais n'?tant a priori pas plus ?mus que les Am?ricains par les convictions profondes dans ces circonstances. Et peut-?tre que par l'argent on fera redescendre sur terre les psychanalystes, qui en ont d?coll? depuis plus d'un si?cle.
Yves Ferroul, m?decin, est ma?tre de conf?rences ? l'universit? de Lille.
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