Merci, Liliane. At? breve. Att. jlcaon ----- Original Message ----- From: "Liliane.Fainsilber" <liliane.fainsilber at free.fr> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Wednesday, August 23, 2006 6:00 AM Subject: [Spam] [Lutecium-group] quelques notes de lecture sur l'agressivit? en psychanalyse et son extension dans le champ du politique lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Bonjour ? tous, je vous fais part du travail que j'ai avanc? cet ?t? et qui a pour vis?e ceci : Questions sur cette "d?g?n?rescence catastrophique ? de la fonction du p?re dans le champ social, d?g?n?rescence que Lacan ?voquait en 1974 dans le s?minaire des non dupes errrent, ( s?ance du 19 mars 1974) mais qu''il ?voquait d?j? bien avant, notamment en 1938, dans "les complexes familiaux" et aussi en 1948-1950 avec ce bouquet de textes centr? autour de "L'agressivit? en psychanalyse", avec les deux textes qui lui sont proches "fonctions de la psychanalyse en criminologie" et ses "Propos sur la causalit? psychique". A l'or?e de ce travail, je voudrais citer ce passage qui sert de balise, de point d'ancrage : "Une fonction de puissance et de temp?rament ? la fois - un imp?ratif non plus aveugle, mais "cat?gorique" - une personne qui domine et arbitre le d?chirement avide et l'ambivalence jalouse qui fondaient les relations premi?res de l'enfant avec sa m?re et avec le rival fraternel, voici ce que le p?re repr?sente... " ( Propos sur la causalit? psychique, Ecrits, p. 182) J'ai commenc? ? lire, avec ce fil de lecture, l'un de ces textes, celui de l'agressivit? en psychanalyse. J'ai suivi l'argumentation de Lacan mais en l'accentuant vers sa fin, qui est celle de la question de l'agressivit? lorsqu'elle est transf?r?e du champ clos familial au champ social, on passe donc de la psychanalyse ? la politique. Ce passage m'a toujours paru un peu risqu? pourtant, Lacan prenant appui sur Platon, je pense que c'est en se r?f?rant ? "La r?publique", affirme que "les passions de l'?me sont les m?mes que celles de la cit?". Leurs moyens d'approche devraient donc pouvoir ?tre les m?mes. Pour faciliter la lecture, j'ai d?compos? ce texte en quatre parties. Je l? ai aussi mis sur le site du go?t de la psychanalyse ? cette adresse http://perso.orange.fr/liliane.fainsilber/pages/chantier/chantier.htm Si vous pouviez m'en donner quelques ?chos, ils seraient les bienvenus. Mais d?j? ce que Michel avait ?crit de la barbarie comme incluse dans la civilisation elle-m?me, s?cr?t?e par elle, m'a beaucoup ?clair? sur ces points qui gardent encore pour moi beaucoup de zones d'ombre. Bonne journ?e ? tous. Liliane Fainsilber. Notes de lecture sur le texte de Lacan de 1948 ? L?agressivit? en psychanalyse ? 1 Les cinq th?ses ou remarques avanc?es par Lacan A propos de l??uvre freudienne, Lacan affirme ? qu?? l?oppos? du dogmatisme qu?on nous impute, nous savons que le syst?me reste ouvert non seulement dans son ach?vement mais dans plusieurs de ses jointures. ? Et l?une de ces jointures est celle de la pulsion de mort que Lacan ?voque comme ?tant ? la tentative la plus profonde qui ait paru de formuler une exp?rience de l?homme dans le registre de la biologie ? Cette aporie, cette question de la pulsion de mort et donc cette articulation au biologique, Lacan la met en jonction avec la notion de l? agressivit? : ? Cette aporie est au c?ur de la notion de l?agressivit?, dont nous mesurons mieux chaque jour, la part qu?il convient de lui attribuer dans l? ?conomie psychique. ? Lacan va aborder cette question avec ce que nous connaissons d?j?, la pr?maturit? de la naissance et l?importance de l?image dans la constitution du monde humain. C?est au niveau de cette image du petit autre, de son rival, que le sujet peut constituer le monde de ses d?sirs, non sans passer par le d?sir de d?truire celui qui a la pr?f?rence dans le d?sir de l?Autre maternel, celui qui d?tient l?objet de sa jalousie et de sa convoitise. Il ne le cite pas dans ce texte mais Lacan, ? ce propos, fait tr?s souvent r?f?rence au texte de Saint Augustin, celui o? il d?crit un enfant contemplant d?un ?il plein de haine et de jalousie, son petit fr?re de lait, appendu au sein de sa nourrice. C?est l? la source de tous les biens, mais aussi la source de tous les d?sirs de mort vis-?-vis de ces redoutables concurrents. Lacan dans ce texte va d?velopper cinq th?ses ou remarques Je ne fais que les citer pour l?instant Th?se I ? L?agressivit? se manifeste dans l?exp?rience analytique, elle est l? pour ?a. Th?se II ? L?agressivit? se manifeste dans l?analyse d?une part comme intention d?agression, d?autre part comme des images de dislocation corporelle que Lacan a fait reconna?tre sous le nom d? ? imagos du corps morcel? ? et qui correspondent donc ? un retournement de ces pulsions agressives sur le corps propre du sujet, en r?torsion. Th?se III ? En fonction de ces ressorts agressifs, la technique analytique en d?pend, mieux vaut, autrement dit, ne pas trop la provoquer, venir la titiller. Th?se IV ? ? L?agressivit? est la tendance corr?lative d?un mode d? identification que nous appelons narcissique ?. Voila donc ce que Lacan va d?crire comme ?tant le mode de connaissance parano?aque de l?objet. C?est la partie la plus importante de ce texte. J?en cite d?j? ce passage : A propos du moi, il ?crit : ? cette forme se cristallisera en effet dans la tension conflictuelle interne au sujet, qui d?termine l??veil de son d?sir pour l?objet du d?sir de l?autre : ici le concours primordial se pr?cipite en concurrence agressive, et c?est d?elle que na?t la triade de l?autrui, du moi et de l?objet. ? Ce que Lacan d?montrera c?est que par la fonction du p?re, la fonction de l? ?dipe, cette agressivit? peut et doit ?tre surmont?e. Th?se V ? C?est ce qui nous int?ressera la plus, l?agressivit? ainsi replac?e dans le contexte de l?exp?rience analytique donne un ?clairage de son r?le ? dans la n?vrose moderne et le malaise de la civilisation ? Ce sont ces deux derni?res parties qui m?int?ressent le plus par rapport ? la violence dans les groupes humains ; Il y a un passage qui m?riterait quelques d?veloppements, surtout en le reprenant dans le contexte actuel, de nos jours, en 2006, tandis que ce texte date de 1948 : ? Bien plus pour abolir la polarit? cosmique des principes m?le et femelle, notre soci?t? conna?t toutes les incidences propres au ph?nom?ne moderne dit de la lutte des sexes. ? La lutte des sexes ? Ce n?est pas rien. ! En quoi est-ce un ph?nom?ne moderne ? Mises en pi?ces agressives 2 Th?se II ? ? l?agressivit?, dans l?exp?rience, nous est donn?e comme intention d?agression et comme image de dislocation corporelle, et c?est sous de tels modes qu?elle se d?montre efficiente ?. Cette agressivit? se manifeste dans les sympt?mes, dans ses lapsus et ses actes manqu?s, ? dans le finalit? implicite de ses conduites et de ses refus ? dans les rat?s de son action ? dans l?aveu de ses fantasmes privil?gi?s ? dans les r?bus de sa vie onirique. ? Puisque nous travaillons en ce moment l?Homme aux rats, on ne peut trouver mieux comme exemple : au moment o? le ? capitaine cruel ? fit le r?cit de ce supplice des rats, pratiqu?s en orient, supplice qui consistait ? introduire deux rats affam?s dans l?anus du supplici?, imm?diatement lui vint ? l?id?e cette repr?sentation, ou plut?t nous dit Freud ce souhait, que sa Dame v?n?r?e subisse ce supplice des rats. Mais elle est mise en acte, cette m?me agressivit? ? dans l?action formatrice d?un individu sur les personnes de sa d?pendance ?. ? L?agressivit? intentionnelle ronge, mine, d?sagr?ge, elle ch?tre ; elle conduit ? la mort : ? Et moi qui croyais que tu ?tais impuissant ! ? g?missait dans un cri de tigresse une m?re ? son fils qui venait de lui avouer non sans peine, ses tendances homosexuelles. Et on pouvait voir que sa permanente agressivit? de femme virile n?avait pas ?t? sans effets ? A partir de cette bien rude mise en garde, ne pourrait-on pas poser cette question ? br?le-pourpoint : qu?en serait-il de ces intentions agressives dans les dites formations du psychanalyste ? Ouf, une affirmation de Lacan nous sauve la mise : ? Je n?ai jamais parl? de formation des psychanalystes mais de leurs formations de l?inconscient ? ! Nous voila au moins pr?serv? de ces emb?ches mais est-ce bien s?r, ne se manifesteraient-elles pas de fa?on sauvage dans toutes les formations en groupe, y compris celle des psychanalystes ? Pour rendre compte de ces intentions agressives qui se retournent ?ventuellement sur le sujet lui-m?me, Lacan emprunte ? la th?orie analytique, notamment ? M?lanie Klein, ce ? terme antique d?Imago ?. A mon avis, c?est un terme proche du signifiant, il le d?finit comme un ? engramme ?, c'est-?-dire une marque qui a des effets ? la fois symbolique et imaginaire. Parmi ces imagos, il en invente une ? laquelle il donne le nom d ?imago du corps morcel? ou encore, comme il l??crit dans l?en-t?te de cette th?se II, des images de dislocation corporelle. Le corps est litt?ralement mis en morceau, d?chiquet? sous l?effet du d?sir de destruction du sujet. ? Il n?est besoin que d??couter la fabulation et les jeux des enfants, isol?s ou entre eux, entre deux et cinq ans pour savoir qu?arracher la t?te et crever le ventre sont des th?mes spontan?s de leur imagination, que l? exp?rience de la poup?e d?mantibul?e ne fait que combler ?. Il n?est besoin aussi que de se rappeler les r?ves de morcellement que fait tout analysant en cours d?analyse, r?ves qui ne sont que le retournement sur le corps propre de tous ces d?sirs de mort ?prouv?s vis-?-vis de ses objets rivaux et notamment de ses fr?res et s?urs. Ce qui m?avait frapp?, ? propos de ces r?ves, c?est ? quel point ils surgissent toujours dans un contexte o? se r?v?le avec acuit? les d?faillances de la m?taphore paternelle. Ils en sont le stigmate. Action ? salvatrice ? de l?identification au p?re 3 Th?se IV. Lacan lui donne ce titre ou plut?t cet argument : ? l?agressivit? est corr?lative d?un mode d?identification que nous appelons narcissique? ? Lacan distingue l?intention agressive et la tendance ? l?agression. Si j?ai bien suivi cette intention agressive se r?v?le dans ce qu?on peut qualifier comme ?tats d??me : craintes fantasmatiques, col?re, tristesse active ou fatigue psychasth?nique tandis que ? la tendance agressive se r?v?le fondamentale dans une certaine s?rie d??tats significatifs de la personnalit? qui sont les psychoses parano?des et parano?aques ?. Pour d?crire en quoi cette tendance ? l?agression est li?e ? la constitution du moi dans son rapport ? un objet rival, Lacan cite une fois de plus ce passage des confessions de Saint Augustin o? il d?crit la jalousie d?un enfant contemplant d?un regard empoisonn? son petit fr?re de lait appendu au sein de sa nourrice. Il fait ?galement r?f?rence aux mauvais objets internes de M?lanie Klein, o? elle d?crit d?une part l?empire maternel comme un champ clos, ou les fr?res et s?urs r?els ou virtuels se livrent une lutte sans merci, le p?re y ?tant d?j? pr?sent, sous la forme de son p?nis, un p?nis mordant et malfaisant, et d?autre part, l?enceinte du corps propre livr? par r?torsion aux m?mes destructions, ce sont ces images de ce corps livr? ? des forces mal?fiques qui ch?trent, d?truisent par poison et armes de toutes sortes ce corps de l? enfant que Lacan a nomm? ? imago du corps morcel? ?, car mis en pi?ces par les violences de l?agression. Lacan ?crit ? la notion d?une agressivit? comme tension corr?lative de la structure narcissique dans le devenir du sujet permet de comprendre dans une fonction tr?s simplement formul?e toutes sortes d?accidents et d?atypies de ce devenir ?. Dans le fil de cette affirmation, peut-on consid?rer, par exemple, que la question des violences ? l??cole et dans la rue peuvent ?tre abord?es dans ce registre-l?, comme faisant partie de ces ? atypies ? ? Il me parait int?ressant de les aborder en effet pas ce biais, car Lacan les relie d?embl?e ? la question de la fonction de l??dipe et donc ? la fonction du p?re, dans l??dipe. Voici en effet ce qu?il en avance dans les quelques lignes qui suivent : ? Nous indiquerons ici comment nous en concevons la liaison dialectique avec la fonction du complexe d??dipe. Celle-ci dans sa normalit? est de sublimation, qui d?signe tr?s pr?cis?ment un remaniement identificatoire du sujet ? une identification secondaire par introjection de l?imago du parent de m?me sexe? Mais il est clair que l?identification ? l?objet rival ne va pas de soi? ? Mais l? o? la jonction se fait donc entre cette intense rivalit? imaginaire o? on souhaite purement et simplement la disparition et la destruction de l? autre et cette identification symbolique ? ses insignes, c?est justement l? que se marque la fonction du p?re : ? Freud en effet nous montre que le besoin d?une participation, qui neutralise le conflit inscrit apr?s le meurtre dans la situation de rivalit? avec les fr?res est le fondement de l?identification au Totem paternel. Ainsi l?identification oedipienne est celle par o? le sujet transcende l? agressivit? constitutive de la premi?re individuation subjective. Nous avons insist? sur le pas qu?elle constitue dans l?instauration de cette distance, par quoi, avec les sentiments de l?ordre du respect, est r?alis?e toute une assomption subjective du prochain. Il me semble que cette fonction de l??dipe et l?identification au p?re qu? implique sa travers?e peut d?embl?e nous ?clairer sur cette question de la violence dans la cit?, nous indiquer quels chemins suivre pour l?aborder et ?ventuellement pour y rem?dier. Ce dernier point ?tant bien s?r plus qu? hypoth?tique, puisque les solutions ne pourraient ?tre trouv?es que pour chaque sujet. Je vais arriver au point 4, celui qui est l?objet de cette lecture : le r?le de l?agressivit? ? dans la n?vrose moderne et le malaise dans la civilisation ?. Ce malaise ?tait celui de 1938. Nous sommes en 2006 et depuis de l?eau a coul? sous les ponts et pour la n?vrose moderne et pour ce malaise de la civilisation. L?exaltation et la valorisation de l?agressivit? dans le champ social au nom de la lutte pour la vie 4 Dans sa remarque au sujet de l?agressivit? en psychanalyse que Lacan nomme th?se V, ( page 120 des Ecrits) il passe de la description de l?agressivit? mise en jeu dans sa constitution de sujet du d?sir au travers ses diff?rents objets de concurrence par rapport au d?sir de l?Autre ( cf. la description de Saint Augustin : l?enfant ?prouvant une intense jalousie ? la vue de son petit fr?re de lait, appendu au sein de sa m?re) qui marque donc les diff?rentes ?tapes de la constitution de ses identifications jusqu?? l? identification symbolique au p?re, aux insignes du p?re, ? l?agressivit? telle qu?elle est mise en acte mais surtout ?galement valoris?e dans le champ social. Ici, dans ce passage, Lacan utilise un terme surprenant en tant qu'il implique un jugement, un jugement de valeur sur ce qui est juste et injuste : Il l?annonce ainsi : nous ne voulons ici qu?ouvrir une perspective sur les verdicts que dans l?ordre social actuel nous permet notre exp?rience. La pr??minence de l?agressivit? dans notre civilisation serait d?j? suffisamment d?montr?e par le fait qu?elle est habituellement confondue dans la morale moyenne avec la vertu de la force. Tr?s justement comprise comme significative d?un d?veloppement du moi, elle est tenue pour d?un usage social indispensable et si commun?ment re?ue dans les m?urs qu?il faut, pour en mesurer la particularit? culturelle, se p?n?trer du sens et des vertus efficaces d?une pratique comme celle du Jang dans la morale publique et priv?e des chinois. ? (Lacan ?voque ? nouveau cette pratique du Jang dans le texte suivant, ? Fonctions de la psychanalyse en criminologie ? il la d?crit ainsi : ? c?r?monial des refus que la politesse chinoise pose comme ?chelons ? la reconnaissance d?autrui ? S?agirait-il dans ce cas d?une sorte de processus de d?n?gation portant sur l?importance que l?on est sens? accorder ? son propre moi au d?triment de celui d?autrui ? Cela me fait penser ? une formule que l?on r?p?tait dans ma famille que nous trouvions quelquefois amusante, quelque fois beaucoup moins, quand nous ?tions vis?s, ? tout ce qui est ? toi est ? moi et tout ce qui est ? moi, je le garde ?. Sous forme de plaisanterie c??tait une soit un reproche d?guis?, soit une incitation ? partager. L?, il semble que dans cette pratique chinoise, ce soit le sujet lui-m?me qui minimise l?importance de son moi compar? ? celui de l?autre. Enfin l?important c?est ce que Lacan souligne cette culture, cette exaltation de la force et de la lutte pour la vie qui est valoris?e et ?rig?e en r?gle de vie, dans notre champ social actuel. Pour le d?montrer Lacan fait appel ? de tr?s nombreuses r?f?rences et c?est l? que j?ai eu beaucoup de difficult?s ? d?chiffrer ce passage. Je ne peux donc l? que cerner les articulations qu?il d?veloppe sans pouvoir rep?rer dans quel sens va son argumentation. Il y a deux pages qu?il consacre ? cette d?monstration pages 121 et 122. 1 : Les pr?dations de la soci?t? victorienne A propos des th?ories de Darwin et ? le prestige de la lutte pour la vie ? il fait r?f?rence ? aux pr?dations de la soci?t? victorienne et l?euphorie ?conomique qui sanctionnait pour elle la d?vastation sociale qu?elle inaugurait ? l??chelle de la plan?te, ? ce qu?il les justifie par l?image d? un laisser faire des d?vorants les plus forts dans leur concurrence pour leur proie naturelle ? Donc cette morale civilis?e est celle du plus gros qui mange le petit. 2 ? Il reprend aussi la dialectique du ma?tre et de l?esclave de Hegel pour contrer, pour critiquer, ce laisser faire des d?vorants ? c?est tout au moins la fa?on dont j?essaie de l?interpr?ter : ? Avant lui pourtant Hegel avait donn? la th?orie pour toujours de la fonction propre de l?agressivit? dans l?ontologie humaine, semblant proph?tiser la loi de fer de notre temps. C?est du conflit du ma?tre et de l?esclave qui d?duit tout le progr?s subjectif et objectif de notre histoire, faisant surgir de ces crises les synth?ses qui repr?sentent les formes les plus ?lev?es du statut de la personne en occident, du sto?cien au chr?tien et jusqu?au citoyen futur de l ?Etat universel ? (Je mets en note une pr?sentation de cette dialectique h?g?lienne (1) et en mettant quand m?me en filigrane cette question, o? Lacan se situe-t-il l? ? Il me semble qu?il d?crit l? une sorte de hors champ de la psychanalyse qui serait celui du champ social ou du politique. Et dans ce contexte - celui de la dialectique du ma?tre et de l?esclave - surgit une ?vocation de la r?volte des esclaves avec le nom de Spartacus, au temps de Rome mais aussi de ce mouvement spartakiste communiste qui avait pris naissance en Allemagne et dont Rosa Luxembourg ?tait l??mouvante ?g?rie. Je ne comprends pas bien ce passage mais je vous en fait part tel quel ? On sait l?armature qu?a donn?e cette doctrine profonde (celle de Hegel) au spartacisme constructif de l?esclave recr?? par la barbarie du si?cle darwinien ?. C?est ce terme ? constructif ? qui sollicite mon attention dans cette phrase. Comme si ce spartacisme ?tait source de progr?s. 3 ? Sur les raisons de cette barbarie, une r?f?rence maintenant aux formes culturelles que nous d?truisons dans le monde donne une id?e de ce qui manque, ce qui fait d?sormais d?faut ? notre civilisation : Lacan prend pour l??voquer appui sur ? La r?publique de Platon ? pour poser que les passions de l??me et de la cit? sont les m?mes. (Est-ce ? dire qu? elles doivent subir les m?mes lois, et qu?? un moment donn?, ces relations imaginaires de conflit, de lutte ? mort, doivent passer par la loi, celle du pacte entre les bellig?rants ?) a- ? absence de saturations du surmoi et de l?id?al du moi ? Il indique que l?une des raisons de cette barbarie est li?e ? ? l?absence croissante de toutes ces saturations du surmoi et de l?Id?al du moi, qui sont r?alis?es dans toutes sortes de formes organiques de nos soci?t?s traditionnelles, formes qui vont des rites de l?intimit? quotidienne aux f?tes p?riodiques o? se manifeste la communaut?. ? Le terme de saturation est un mot ?nigmatique en lui-m?me, faudrait-til y voir une sorte de manifestation exag?r?e, exalt?e ? L? il me semble qu?il faudrait retrouver un peu tout ce que Freud raconte dans Totem et tabou et aussi dans les Mo?se de ces f?tes comm?moratives de la mort du p?re perp?tr? par les fils et ces festins cannibaliques o? on se propose de partager un petit bout de ce p?re, par o? on s?identifie ? lui. C ?est donc par ces f?tes du groupe un rappel de cette commune loi que tous ont accept? et qui met fin ? la lutte sans merci, avec l?interdit non seulement de l?inceste mais du meurtre. b- la lutte des sexes Une autre raison qu?il donne comme source de cette barbarie ?veille ? elle seule beaucoup de questions : ? Bien plus pour abolir la polarit? cosmique des principes m?le et femelle, notre soci?t? conna?t toutes les incidences psychologiques propre au ph?nom?ne moderne dit de la lutte des sexes. En quoi est-ce un ph?nom?ne moderne ? Est-ce que c?est ? cette lutte des sexes qu?est li?e, par des voies d?abord qui auraient besoin d??tre pr?cis?es, ce que Lacan n?h?site pas ? nommer forclusion du nom du p?re dans le champ social ; terme qu?il r?serve pourtant au m?canisme de la psychose. Je formule ma question telle qu?elle me vient sous une forme un peu rude : est-ce que ce ne serait pas cette ? lutte des sexes ? lutte des sexes qui, disons le mot, doit se faire autour de la possession ou non du phallus, d?un phallus pris et maintenu au niveau de l?imaginaire, est-ce donc ceci qui ferait obstacle au fait qu?une femme, par rapport ? son enfant, ne pourrait pas lui donner acc?s ? cette parole du p?re, celle qui lui donnerait acc?s ? son propre d?sir, m?me s?il ne peut suivre que les chemins du d?sir de l? Autre, puis, ? un certain moment, pouvoir en ?tre coup?, en ?tre lib?r? ? Mais ce qui est difficile ? saisir, c?est que c?est aussi de la fa?on dont la m?taphore paternelle a pu entrer en jeu pour cette m?re-l?, que d?pend le fait qu?elle peut ou non donner acc?s ? son enfant ? cette loi du p?re, la loi qui fait qu?elle se trouve manquante et donc d?sirante. Questions ? foison 1 - en quoi cette ? d?g?n?rescence catastrophique ? de la fonction du p?re ?nonc?e plus tardivement par Lacan en 1974, interf?re-t-elle dans ces rapports pour le moins conflictuels entre les sexes ? 2 - Encore une autre question : qui est premier, est-ce ce qui concerne le champ social ou est-ce ce qui concerne le sujet ? A propos de cette question, Lacan utilise une tr?s curieuse formule qui m?riterait ?lucidation : il ?voque une ? d?hiscence du groupe familial au sein de la soci?t? ?. Je cite ce passage car il me para?t ?tre la charni?re, la goupille qui permet de passer du champ de la psychanalyse ? celui du politique : Toute son argumentation est centr?e sur ce qu?en 1950 donc, il appelle ? l? oedipisme ?. ? Les structures de la soci?t? sont symboliques ; l?individu en tant q?uil est normal s?en sert pour des conduites r?elles ; en tant qu?il est psychopathe, il les exprime par des conduites symboliques [?] C?est en quoi le symbolisme, d?ores et d?j? reconnu dans le premier ordre de d?linquance, que la psychanalyse ait isol? comme psychopathologique ( je pense qu?il s?agit des mises en actes de la violence) nous permettent de pr?ciser en extension comme en compr?hension, la signification sociale de l? oedipisme, comme de critiquer la notion de surmoi pour l?ensemble des sciences de l? homme. Or les effets psychopatohologiques en leur majeure partie, sinon en leur totalit?, o? sont r?v?l?es les tensions de l?oedipisme? nous laissent ? penser qu?ils expriment une d?hiscence du groupe familial au sein de la soci?t?. ? _______________________________________________ A question? click Help-Me at lutecium.org Lutecium-group mailing list Lutecium-group at lutecium.org http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group E-mail classificado pelo Identificador de Spam Inteligente Terra. Para alterar a categoria classificada, visite http://mail.terra.com.br/protected_email/imail/imail.cgi?+_u=jlcaon&_l=1,1156323757.744119.31791.curepipe.hst.terra.com.br,30098,20031127114101,20031127114101 Esta mensagem foi verificada pelo E-mail Protegido Terra. Scan engine: McAfee VirusScan / Atualizado em 22/08/2006 / Vers?o: 4.4.00/4835 Proteja o seu e-mail Terra: http://mail.terra.com.br/