Par hasard, je tombe sur un texte concernant la vieillesse qui me concerne non pas tellement parce que je serais vieux (59 ans ) mais parce que j'ai travaill? comme garcon de salle dans un hospice du quatri?me ?ge pendant 12 ans. Vous lisez ces grands vieillards comme " un retour du refoule " alors que je le voyais comme le miroir de ce que nous sommes quand nous osons aller ? l' essentiel au del? des agitations sociales insensees. Mais c'est vrai que l'enfance n'est pas loin de la vieillesse (ou l'inverse). Ce "retour en enfance ", je l ai percue en fait comme un retour aux origines o? puiser des ?nergies nouvelles qui sont, chez le grand vieillard et paradoxalement, renouvelables ! bien cordialement Jean-francois Doucet
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Pardon c'est une erreur de mon ordinateur ou de moi m?me, voil? ce que je croyais ?tre parti:
le 7/12/05 8:16, Jean-Paul Kornobis ? jpkornobis at nordnet.fr a ?crit :
Avec l'?ge, la question du sens a-t-elle encore ... un sens ? L'ann?e derni?re, Charlotte Herfray nous avait montr? que le vieillard de la psychanalyse ne " retombait " pas en enfance, mais que c'?tait l'enfance qui " faisait retour " en lui et que lors de l'avanc?e progressive de la vieillesse, la " d?tresse " li?e ? l'impuissance originelle ? Hiflosigkeit ? faisait retour avec une peur diffuse et l'angoisse li?e ? ce sentiment d'impuissance. Selon elle, les fins de vie nous offrent la lecture d'un livre ?trange : le retour du refoul? et de ce qui s'est inscrit ? l'or?e des jours dans un corps dont les fonctions se d?labrent et dont l'?nergie s'amenuise alors que le d?sir demeure, indestructible. Dans le cadre de cette deuxi?me apr?s-midi Psychanalyse et personnes ?g?es, je poserai la question du sens que l'on peut accorder ? la lecture de ce livre ?trange surtout lorsqu'il s'agit de personnes ayant perdu ou oubli? ? la suite d'une maladie c?r?brale le sens de leur propre discours. Bien que la maladie d?g?n?rative semble m?tamorphoser le sujet vieillissant en un a-sujet que certains n'h?sitent pas ? assimiler ? un " l?gume " , la psychanalyse en reposant la question du sujet, l'arrache ? toute forme d'identification ? un signifiant sensible ? l'action du temps. Suivant l'enseignement de J. Lacan , le sujet ne se ravale pas au moi et ce n'est pas ? sa conscience que le sujet est condamn?, c'est ? son corps qui r?siste de bien des fa?ons ? r?aliser la division du sujet , bien que la question de l'alt?rit? du corps reste enti?re, il ne me semble donc pas indispensable de penser la question du sujet ?g? d'une mani?re diff?rente de celle du sujet plus jeune. Dr Jean-Paul Kornobis, m?decin g?n?raliste, Lille Merci de cet argument que j'aurai aim? avoir ?crit . En effet il y a quelques d?cennies, travaillant momentan?ment dans une structure dite " de moyen s?jour" donc pour le troisi?me age, j'avais pour lutter contre la confusion des sujets d?barquant hors de leurs rep?res, et la d?pression qui en d?coulait, la demande m?dicale et confraternelle de pratiquer des ?lectrochocs. Leur but ?tait la rapidit? de l'effet antid?presseur pour cette p?riode la vie o? le temps "glisse". Les AD ?taient ?galement prescrit sans que le sujet, muet ou furieux ne soit invit? ? parler, car "confus". J'ai ?t? ?tonn?e de l'effet psychoth?rapeutique, parfois rapide, de l'invitation ? la parole que j'e pratiquai alors: "parlez moi de vous, qui ?tes vous? Dites moi s'il vous plait votre l'exp?rience de la vie" c'est par des petites phrases comme ?a que j'abordai "l'ext?rieur", l? d'o? ils venaient et soufraient de quitter pour entrer dans ce "mouroir" o? l'on luttait contre le" syndrome de glissement" en le prenant pour hyst?rique, quand les gens se laissaient ? mourir. L'autorisation ? d?cliner, non reconnue non plus comme un d?sir, celui de l'autre. Oui j'aime votre texte car j'ai pu entendre ce que vous dites: reconna?tre le d?sir dans le souvenir d'enfances, si proche au seuil de la mort, voir d'une d?clinaison d?s le d?part, l'adolescence de l'?preuve de v?rit?: une vie. Je grandiloque sur ces retours en enfance, l?gitimes d'?couter, p?nibles aux proches bien souvent, inaudibles parfois, qui n?cessitent un autre pour tenter entendre cette retomb?e. Retomber en enfance disait-on antan pour cette moderne perturbation neurologique de la m?moire: Alzheimer, r?pertori?e par cette substance blanche rarifi?e, ou grise?
Plusieurs questions viennent alors, l'utilit? de la parole comme pouvant stabiliser les "circuits", ne se fait pas sans l'aide organique aussi, mais pas l'un sans l'autre. Du moins pour ces stades pr?coces d'errance cliniquement d?celables par la confusion et la d?pression. Orienter les discours serait la t?che, c'est ainsi que je comprends votre utilisation du "sens", comme l'usage de la parole adress?e par un autre au sujet/objet de soins physiques et m?dicalis?s qui ne soient pas seulement des fonctions langagi?res instrumentalis?es.
Oui j'ai beaucoup appris de ces malades qui n'?taient pas tout ? fait en fin de vie, mais le craignaient et la fuyaient.
Merci de vos rapprochement th?oriques qui donnent un sens aux pratiques de paroles hors cure typiques, mais ? l'inconscient comme critique "de l'objectivit? de la connaissance" qui d?supose le sujet ag? qui se rem?more, de sa m?moire & du d?sir.
Danielle.
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