Oui, Jacques, je reprends un peu le contenu de votre message, car je ne pourrais mieux en effet d?crire la fa?on dont je pratiquais ?galement le contr?le ( je garde cette ?quivoque de la pratique, puisqu'elle peut servir aussi bien pour l'analyste contr?l? que pour l'analyste contr?leur ) : " je parlais de ce qui me venait ?a pouvait ?tre un cas qui nous occupait toute la s?ance, ou plusieurs s?ances, avec des ?chapp?es associatives sur d'autres cas qui n'avaient sans doute pas la m?me pregnance, mais qui soulevaient des questions th?oriques, ou de pratique, analogues - ou pas, d'ailleurs -... " Il me semble en effet qu'il n'y a pas de diff?rence entre l'analyse et l'analyse dite de contr?le quant ? ce qui est sa m?thode d'approche de l'inconscient, celle de l'association dite libre. Or cette dite association devant ?tre respect?e on ne voit pas comment on lui mettrait des barri?res, ce serait le meilleur moyen de r?duire ? n?ant ce travail d'approche. D'autre part, il me semble - et l? je r?ponds aussi ? Violaine, le fait de parler d'un seul de ses analysants risque de le transformer en objet d'?tude, pour ne pas dire d'exp?rimentation. Or ce qui est en question dans ses dites analyses de contr?le, c'est le travail de l'analyste lui-m?me par rapport ? l'analysant, par rapport ? ce que lui vous raconte. En associant sur d'autres, en faisant des d?tours par sa propre analyse, et sa propre histoire, on ne travaille que par ricochet pour lui. Il y a des ?tudes de Reik dans son merveilleux bouquin "Ecouter avec la troisi?me oreille" o? il d?crit comment, en plusieurs temps, l'analyste pr?pare le moment de son interpr?tation. Le contr?le c'est cela, aider l'analyste ? pr?parer son interpr?tation, en rep?rant comment il est touch? au vif, je dirais en plein coeur de sa n?vrose, par ce que lui raconte l'analysant. Il y a un autre point que je voudrais aussi souligner, c'est le fait que par la force des choses plus que par choix, apr?s la mort de Lacan, j'avais repris par ?pisodes de temps en temps, des contr?les avec d'autres analystes, et cela aussi a ?t? tr?s enrichissant pour moi, de voir comment chaque analyste travaillait ? sa fa?on, en fonction de sa n?vrose et la fa?on dont elle venait se t?l?scoper avec la mienne, en fonction de son sexe et encore plus, et c'est l? que c'?tait quand m?me le plus difficile, voire le plus dangereux, en fonction de ses rapports avec Lacan. En tout cas, il y a une chose que j'ai tr?s rapidement apprise, c'est qu'il faut toujours garder sa propre jugeotte, par rapport au travail qu'on r?ussit ? faire avec les analysants, car c'est une question de tact et de l'ext?rieur il bien difficile de pouvoir ?tre ? m?me d'en juger. J'esp?re que vous allez tout ? fait bien maintenant. Amicalement. Liliane. ----- Original Message ----- From: "Jacques Ponzio" <jacques.ponzio at free.fr> To: "Liliane Fainsilber" <Liliane.Fainsilber at wanadoo.fr>; "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Friday, December 07, 2007 9:53 AM Subject: Re: [Lutecium-group] O? en est-on sur la question di contr?le encore appell? supervision ? ch?re Liliane Apr?s avoir mis un terme ? mes s?ances tri hebdomadaires sur plusieurs lustres avec mon analyste (notez que je ne parle pas de "fin" de mon analyse), j'en ai rencontr? un ? qui j'ai demand? une supervision. J'ai fait simple, nous sommes quasiment voisins je suis all? le voir pendant 10 ans ? raison d'une s?ance de 3/4 d'heure tous les 15 jours je parlais de ce qui me venait ?a pouvait ?tre un cas qui nous occupait toute la s?ance, ou plusieurs s?ances, avec des ?chapp?es associatives sur d'autres cas qui n'avaient sans doute pas la m?me pregnance, mais qui soulevaient des questions th?oriques, ou de pratique, analogues - ou pas, d'ailleurs - il a toujours accueilli ce que je disais, face ? face, avec le s?rieux qui s'imposait, parfois r?agissant sur des points qui m'avaient compl?tement ?chapp?s. voil? quelques ann?es, des ennuis de sant? ont commenc? pour moi (j'ai 61 ans) et nos rapports se sont peu ? peu modifi?s, ? mesure aussi que je recevais des analysants en supervision, au cabinet ainsi qu'en pratique institutionnelle. nous sommes devenus amis, et naturellement, ce travail que nous faisions s'est interrompu de lui-m?me, apr?s toutefois une p?riode d'une ann?e environ, assez int?ressante sur le plan fictionnel puisque nous pouvions d?ner ensemble, nous tutoyant, et nous voir en s?ance, nous vouvoyant. ? l'occasion d'ennuis plus graves (op?ration ? coeur ouvert?) nous avons mis fin d'un commun accord ? cette fiction r?siduelle, et continuons ? travailler ensemble au sein d'un groupe de travail. une tranche de vie? amicalement jp Le 7 d?c. 2007, ? 09:20, Liliane Fainsilber a ?crit :
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Bonjour ? tous, il y a une question qui me tracasse depuis quelques jours, je me suis demand?e ce qu'il en ?tait actuellemnt de la question du contr?le encore appell? supervision. Je serais curieuse de savoir comment il se pratique de nos jours, pour les analystes. De mon temps, ces contr?les duraient des ann?es presque au tant que l'analyse elle-m?me. Quels sont leur fr?quence. Change-t-on d'analyste enfin plein de questions de cet ordre et notamment celle qui me parait peut-?tre la plus importante, parle-t-on au cours de ces contr?les, d'un seul de ses analysants ou bien de son travail d'analyste si on peut dire ? la petite semaine ?
Qui est-ce qui aurait envie de r?pondre un peu et surtout d'?changer des id?es autour de ces questions. Amicalement. Liliane Fainsilber
Le go?t de la psychanalyse : http://pagesperso-orange.fr/liliane.fainsilber/