[Lutecium-group] Autre citation : Incidence politique du psychanalyste - prononcé par Colette Soler aux Journées de lECF à Lyon en avril 1990 -
Bonjour ? tous : Ce texte d'avril 90 trouv? au hazard de mes p?rigrinations sous internet. Incidence politique du psychanalyste prononc? par Colette Soler aux Journ?es de l?ECF ? Lyon en avril 1990. Mon titre trouve sa raison dans une th?se de Lacan qui, ? l'?poque, je m'en souviens, m'avait estomaqu?e, et qui ?tait rest?e pour moi comme une pierre d'attente. Il l'avance dans sa T?l?vision, d'une touche discr?te et pourtant tr?s forte, indiquant que la passe du psychanalyste pourrait bien op?rer "la sortie du discours capitaliste". Rien de moins. Au demeurant Lacan n'a jamais cess? d'affirmer que la psychanalyse a, de fait, une port?e politique et qu'elle gagnerait cette port?e, si les psychanalystes consentaient ? en prendre la mesure, s'ils consentaient ? ne pas oublier ce pour quoi ils sont faits, ce ? quoi les appelle le discours analytique. Que l'on recherche ce fil tout au long de son enseignement ! On l'y trouvera, remarquablement constant. La th?se a certes vari?, allant m?me jusqu'? s'inverser : Fonction et champ de la parole et du langage appelle ainsi le psychanalyste ? une "fonction d'interpr?te dans la discorde des langages", tandis qu'? l'envers, La troisi?me lui assigne la mission de "contrer le r?el", mais d'un bout ? l'autre - notamment dans la Proposition de 1967 et les textes connexes, comme dans T?l?vision ou Radiophonie - c'est la m?me insistance ? marquer ce que l'on pourrait appeler l'?tre-pour-son-temps du psychanalyste. Pour interroger donc, comment la psychanalyse fait le poids dans la r?alit?, je pars d'une ?vidence : l'invention de la pratique analytique a ouvert dans notre r?alit? de civilis?s un nouveau champ d'exp?rience, o? des faits nouveaux sont venus au jour. Freud les a inventori?s et mis au compte d'une r?alit? autre, nouvellement explor?e, qu'il nomme pr?cis?ment la "r?alit? psychique". Il n'y a rien d'excessif ? parler d'une r?alit? autre, car je tiens pour acquis, avec Lacan, que les r?alit?s sont plurielles du fait qu'il n'y a de r?alit? que de discours, soit d'un ordre qui op?re dans le r?el, et qui, ce r?el, l'accommode pour ainsi dire. L'incidence politique de cette nouvelle dit-mension de la r?alit? psychique est imm?diatement perceptible : dans le discours premier, celui qui ordonne la r?alit? de notre monde, on en appelle ? la r?alit? et ? ses ?vidences comme ? quelque chose devant quoi tous doivent s'incliner, quelque chose donc, qui devrait mettre tout le monde d'accord ; la r?alit? psychique, au contraire, s'impose non seulement comme dissimul?e, mais comme pure diff?rence de l'un ? l'autre, non collectivisable donc. Du coup, il saute aux yeux par r?troaction, que la promotion de ce que l'on appelle dans le discours premier le sens des r?alit?s, r?pond ? une op?ration, ou au moins ? une tentative, plus ou moins r?ussie, d'universaliser le sujet, et de faire fonctionner un "pour tous" ... au prix d'une exclusion. Cette exclusion, Freud l'a situ?e avec le terme de d?sexualisation. Disons, exclusion de l'impossible ? universaliser. Cette formule g?n?rale ?clairerait, au demeurant, l'?chec de celui qui a promu le sujet de la science, Descartes, quand il s'agit de concevoir, entre pens?e et ?tendue, la moindre substance libidinale, autant que la sublime confusion de l'universel et du d?sir, dont Spinoza se fit l'ap?tre. Or, ce r?el que je d?signe de fa?on approximative comme l'impossible ? universaliser, c'est lui qui est insupportable au politique en tant qu'il veut gouverner, mais c'est lui aussi qui fait l'enjeu de la passe du psychanalyste. On a donc bien raison, comme dit Lacan, de mettre la psychanalyse au chef de la politique. C'est en effet, ce qui c'est toujours fait, ? gauche comme ? droite. "Le sympt?me institue l'ordre dont s'av?re notre politique." Or, ce que la psychanalyse r?v?le, c'est que le sympt?me est une jouissance qui se fait valoir en d?pit et du commandement et du consentement. On est donc fond? ? opposer le sympt?me ? l'adaptation ? la r?alit?, laquelle n'est rien d'autre que l'adaptation ? la demande d'un discours. Cette opposition robuste et classique a son ?vidence clinique. Mais elle fait oublier que si le manque ? jouir que g?n?re le langage est pr?sent en tout discours, la compensation ne l'est pas moins et que ladite adaptation satisfait aussi ? la jouissance mais sous un autre mode. D?s lors, si le sympt?me est "fixion" de jouissance, on peut aussi bien appeler sympt?me, non la particularit? de l'atypie, mais le mode de suppl?ance-type qu'un discours instaure ? la place du d?faut de rapport sexuel. En ce sens la politique est aussi bien gestion de sympt?me. Elle vise a r?gler les mode de jouir - lesquels ne se r?alisent pas seulement dans la vie amoureuse - afin qu'ils ne fassent pas l'impossible du lien social. Pour Joyce l'unique, Lacan a fait r?sonner l'homme qui s'entend dans sympt?me en reprenant l'ancienne orthographe du mot : sinthomme. Je pourrais aussi par voie simplement homophonique y faire vibrer le on de l'omnitude : la politique travaille ? la sinthomnitude. Pour gouverner la jouissance, l'orienter et la contenir, le discours d'o? s'engendre notre r?alit?, fabrique des semblants ? jouir pour tous. ?a ne r?ussit jamais tout ? fait, on le sait, et c'est bien pourquoi elle ne saurait se passer et d'une police (au sens large) qui mette les r?calcitrants ? l'ombre, si ce n'est des cimeti?res du moins des ge?les , et aussi d'un corps de th?rapeutes appel?s ? rectifier, ? r?duire le sympt?me. Comme Freud l'avait bien vu avec les n?vroses de guerre, au regard du politique, l'insoumis et le malade, c'est tout un : objecteurs de jouissance. La politique est donc bien passible d'une interpr?tation. Le Malaise dans la civilisation en est un d?but, d'interpr?tation. En 1970, Lacan ?crivant la structure du discours capitaliste comme une modification introduite par les effets de la science dans le discours du ma?tre antique, met cette interpr?tation ? l'heure de la sinthomnie contemporaine. Parler de discours capitaliste, c'est ?videmment emprunter ? Marx. Quelque vingt ans apr?s, faut-il penser, parce que le message marxiste a fait faillite, que la th?se de Lacan s'en trouve p?rim?e ? Je ne le crois ? pas, pour deux raisons au moins. D'abord parce que le marxisme ne se r?duit pas ? sa promesse ?vang?lique des lendemains qui chantent, et que pr?cis?ment ce que Lacan a pr?lev? sur Marx ce n'est pas son ?vangile, mais la fonction "?conomique" de la seule plus-value qu'il g?n?ralise en plus de jouir. Ce ne sont pas les r?centes effervescences de l'Est, les clameurs de ce que Lacan s'est permis de d?signer impayablement du terme de "chair ? parti comme baby sitter de l'histoire" qui y objecteront, bien au contraire, car on ne peut douter ? l'allure o? vont les choses qu'elles signent ? l'inverse la mont?e g?n?ralis?e de la r?gence du march?, d?sormais mondial. L'interpr?tation redoubl?e de Lacan a su reconna?tre qu'?taient ? l'oeuvre dans les imp?ratifs de l'insatiable production capitaliste, la m?me logique que dans les commandements du surmoi freudien. Il en donne une formule minimum dans son S?minaire D'un Autre ? l'autre : jouir du renoncement ? la jouissance. Bien s?r la science fournit l? de nouveaux moyens qui ont r?ussi ? subvertir notre r?alit?. Le sort des sujets et l'?tat des liens sociaux s'en trouvent chang?s : comme le feu qui appelle "l'urination primitive" o? s'exalte la joie phallique, les produits nouveaux mis au march?, plus utilitaires que les fictions de Bentham, sont de nouvelles "mati?res ? faire sujet", partenaires pr?ts ? jouir, valables pour tout un chacun - comme on dit -, et d'o? se remanient l'ensemble des liens sociaux. Le Discours sur l'origine et les fondements de l'in?galit? parmi les hommes de Jean Jacques Rousseau m?riterait quelques suppl?ments. Il faudrait d'abord mettre Freud avec Rousseau et, aux deux sources d'in?galit? physique et sociale que distingue celui-ci, ajouter celle ? quoi pr?side l'inconscient, et qui fait chacun ? nul autre pareil. Mais pour tenir compte du malaise capitaliste, il faudrait aussi ouvrir le chapitre de l'origine de l'?galit? parmi les hommes, de l'?galit? forc?e que le r?gne du pousse ? la consommation instaure et qui fait de chaque individu ... un prol?taire, mari? aux produits par lesquels il est instrument?. Tous prol?taires donc. Mais ce n'est pas dire tous pareils. L'?tre prol?taire du sujet moderne ne r?duit pas les diff?rences toujours criantes voire criardes : il les cantonne au niveau de l'avoir. Quand les semblants font faillite il ne reste plus que la quantit? pour inscrire la diff?rence, que le plus et le moins, le combien et le pas assez. Si le surmoi dit : jouis, sa formule moderne compl?t?e pourrait bien ?tre : jouis ? l'envi. A charge pour nous d'en ?tudier les effets que je crois diff?rentiels sur les diverses structures cliniques, notamment l'hyst?rie et l'obsession, car on peut supposer quasiment a priori que le sujet th?sauriseur et le sujet anorexique par exemple, n'y r?pondront pas de la m?me fa?on. Le registre de la quantit? va avec la forclusion de la singularit? et son retour dans le r?el. Faits divers et actualit?s politiques nous informent quotidiennement de ces faillites r?p?t?es de la sinthomnitude qui de l'homme d'aujourd'hui font comme le dit Michel Leiris : un trop civilis? pour ne pas ?tre ... un sauvage. Comment donc, la passe du psychanalyste annoncerait-elle un sortie du discours capitaliste ? Je note d'abord que sortie ne veut pas dire ruine. Si la science, d?s ses premiers balbutiements dans l'?pist?m? grecque, portait la ruine du ma?tre antique, il est exclu que la psychanalyse puisse ?tre la ruine du discours capitaliste. Mais d?s lors qu'elle a pour vocation de changer quelque chose dans l'?conomie de la jouissance ne peut-elle pr?tendre au moins ? ?manciper le sujet - je ne dis pas les masses - des impasses de la version capitaliste du surmoi ? La psychanalyse traite certes le sympt?me en tant qu'il objecte ? la sinthomnie, mais c'est ? contre pente de celle-ci, et pas pour y revenir. La sinthomnie trouve sa condition dans le fait que le d?sir est dialectique donc suggestionnable, qu'on peut lui tendre des attrapes (images, signifiants, objets) propres ? le capter et donc ? le diriger. C'est ainsi que d?sormais la "science commande ? nos d?sirs". La psychanalyse, elle, ne commande pas au plus de jouir, elle cherche ? l'?lucider. Elle peut bien corriger le sympt?me, comme les th?rapies donc, mais c'est par une voie de r?v?lation, de mises ? jour des ?l?ments inconscients qui fixent, il faudrait plut?t dire qui fixaient, sa jouissance, et si elle utilise la dialectique du d?sir, c'est pour rejoindre ce qui du d?sir n'est pas dialectique, la condition absolue, le "?a et rien d'autre", l'objet qui n'a pas d'?quivalent, qui n'est pas collectivisable, car il ne vaut pour aucun autre. D?s lors, le psychanalyste, au sens du psychanalys?, est celui qui assume en connaissance de cause son impossible ? universaliser. Il ne sort pas du monde pour autant mais c'est par l? qu'il se s?pare des injonctions du discours courant et qu'il se fait une cause de cette s?paration. Sa pratique en elle-m?me objecte donc au consentement ? la prol?tarisation contemporaine des sujets. Au terme, elle soustrait le sujet aux sommations de la justice distributive, qui fait rage toujours davantage. Je peux donc risquer la formule : le psychanalyste, le psychanalyste comme produit transform? d'une psychanalyse ... n'est pas un prol?taire. Serait-il donc contre les droits de l'homme, tout occup? ? cultiver une nouvelle in?galit? non de nature ou de soci?t?, mais d'inconscient ? Ce n'est ?videmment pas ce dont il s'agit. Le psychanalyste n'a rien ? objecter ? la mont?e de l'id?ologie des droits de l'homme. Celle-ci est strictement corr?lative des ravages de la civilisation moderne, elle t?che d'y mettre quelques digues, et on ne peut qu'aquiescer. C'est un sursaut, une formation r?actionnelle contre la puissance devenue industrielle de la "perversion kantifi?e", car aujourd'hui, remarquez-le, la maxime de Sade : "j'ai le droit de disposer de ton corps, ... etc." para?t bien artisanale. La psychanalyse, elle, n'est pas une formation r?actionnelle faisant barrage ? une volont? de jouissance, c'est la cause ?ventuelle d'un d?sir autre. Mais ce d?sir ne peut se soutenir que comme une cause ? d?fendre, justement parce que la psychanalyse n'est pas en mesure de renverser celui qui habite le discours capitaliste. Si donc, reprenant le vocabulaire de l'Autre, nous nous interrogeons sur les droits et les devoirs du psychanalysant et du psychanalyste, il faudra dire d'abord que les droits de l'analysant ne sont ni les droits de l'homme, ni les droits du consommateur, mais pas le contraire non plus. Quant ? l'analyste, il doit faire face ? une urgence : celle, dit Lacan, de produire la satisfaction de la fin. Ce n'est pas la m?me que celle de l'entr?e : celle-ci tient au mirage de la v?rit?, celle-l? y met un terme au profit d'un certain savoir de l'impossible. Le devoir majeur du psychanalyste est donc un devoir ... de passe. A entendre pour l' essentiel comme le devoir de ne pas laisser en souffrance le point de cloture de l'exp?rience analytique o? se joue le changement quant aux fins. Il ne faut pas croire que cette vis?e l? soit pour l'?lite. Elle est, ou devrait ?tre, pour chaque analysant.
Cher Jean-Pierre, merci de nous faire part de vos p?r?grinations dans le monde d'Internet. Je vais prendre le temps de lire ce texte de Colette Soler, mais d?j?, j'ai tiqu? sur cette association "passe" et "sortie du discours capitaliste", j'ai tiqu? sur ce point : si Lacan au cours des journ?es sur la transmission de la psychanalyse, avait ?nonc? l'?chec je dirais retentissant de la Passe, passe sur laquelle il avait fond? tous ses espoirs et l'espoir de l'?cole freudienne, donc je reprends mon fil, si cette passe ?tait d?finitivement rat?e, pourquoi est-ce que cette sortie du discours capitaliste ne serait-elle pas rat?e, elle aussi, et je dirais du m?me mouvement ? Bon, mais c'est plut?t une boutade. Je voudrais revenir sur cette question du discours capitaliste. Lacan a toujours dit qu'il n'y avait que quatre discours et somm? de pr?ciser ce que pouvait ?tre alors cet ?ventuel cinqui?me discours, apr?s en avoir propos? une ?criture, il s'est ravis?, je ne sais plus o?, parce qu'en fait ce n'est pas trop ma tasse de th?, il a dit que ce discours capitaliste n'?tait qu'une forme du discours du Ma?tre. Or que peut-on y lire, quand on ?crit ce discours ceci : qu'un signifiant repr?sente le sujet pour un autre signifiant et que ce qu'il en reste c'est l'objet a, c'est son r?sidu. Ce n'est donc rien de bien nouveau sous le soleil que cette repr?sentation du sujet par un signifiant et la sortie de ce discours du ma?tre ou capitaliste n'est que sa bascule vers le discours analytique, mais en tenant compte du fait qu'entre les deux, c'est le discours hyst?rique du temps de l'analyse, qui en a assur? la transition. Dans le texte de t?l?vision, Lacan ne parle pas de la passe il parle des saints, des saints qui rient et jouant de cette maxime, plus on est de fous plus on rit, il construit cette m?me maxime en rempla?ant les fous par des saints. Qu'est-ce qu'? donnerait si on rempla?ait ces saints qui rient par des saintes nitouches ou des seins-n'y-touchent, car apr?s tout c'est ?a l'objet petit a. Bon mais je lis le texte de Colette Soler parce que cette question du politique m'int?resse beaucoup surtout par rapport ? ce que soulignait Lacan en 1978, d ela forclusion du nom du p?re dans le champ social, forclusion dont Bruno a ?voqu? les effets d?l?t?res dans son message. Amicalement. Liliane. ----- Original Message ----- From: "Jean-Pierre Feifer" <feiferj at free.fr> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Wednesday, June 20, 2007 11:59 AM Subject: [Lutecium-group] Autre citation : Incidence politique du psychanalyste - prononc? par Colette Soler aux Journ?es de l'ECF ? Lyon en avril 1990 - lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Bonjour ? tous : Ce texte d'avril 90 trouv? au hazard de mes p?rigrinations sous internet. Incidence politique du psychanalyste prononc? par Colette Soler aux Journ?es de l'ECF ? Lyon en avril 1990. Mon titre trouve sa raison dans une th?se de Lacan qui, ? l'?poque, je m'en souviens, m'avait estomaqu?e, et qui ?tait rest?e pour moi comme une pierre d'attente. Il l'avance dans sa T?l?vision, d'une touche discr?te et pourtant tr?s forte, indiquant que la passe du psychanalyste pourrait bien op?rer "la sortie du discours capitaliste". Rien de moins. Au demeurant Lacan n'a jamais cess? d'affirmer que la psychanalyse a, de fait, une port?e politique et qu'elle gagnerait cette port?e, si les psychanalystes consentaient ? en prendre la mesure, s'ils consentaient ? ne pas oublier ce pour quoi ils sont faits, ce ? quoi les appelle le discours analytique. Que l'on recherche ce fil tout au long de son enseignement ! On l'y trouvera, remarquablement constant. La th?se a certes vari?, allant m?me jusqu'? s'inverser : Fonction et champ de la parole et du langage appelle ainsi le psychanalyste ? une "fonction d'interpr?te dans la discorde des langages", tandis qu'? l'envers, La troisi?me lui assigne la mission de "contrer le r?el", mais d'un bout ? l'autre - notamment dans la Proposition de 1967 et les textes connexes, comme dans T?l?vision ou Radiophonie - c'est la m?me insistance ? marquer ce que l'on pourrait appeler l'?tre-pour-son-temps du psychanalyste. Pour interroger donc, comment la psychanalyse fait le poids dans la r?alit?, je pars d'une ?vidence : l'invention de la pratique analytique a ouvert dans notre r?alit? de civilis?s un nouveau champ d'exp?rience, o? des faits nouveaux sont venus au jour. Freud les a inventori?s et mis au compte d'une r?alit? autre, nouvellement explor?e, qu'il nomme pr?cis?ment la "r?alit? psychique". Il n'y a rien d'excessif ? parler d'une r?alit? autre, car je tiens pour acquis, avec Lacan, que les r?alit?s sont plurielles du fait qu'il n'y a de r?alit? que de discours, soit d'un ordre qui op?re dans le r?el, et qui, ce r?el, l'accommode pour ainsi dire. L'incidence politique de cette nouvelle dit-mension de la r?alit? psychique est imm?diatement perceptible : dans le discours premier, celui qui ordonne la r?alit? de notre monde, on en appelle ? la r?alit? et ? ses ?vidences comme ? quelque chose devant quoi tous doivent s'incliner, quelque chose donc, qui devrait mettre tout le monde d'accord ; la r?alit? psychique, au contraire, s'impose non seulement comme dissimul?e, mais comme pure diff?rence de l'un ? l'autre, non collectivisable donc. Du coup, il saute aux yeux par r?troaction, que la promotion de ce que l'on appelle dans le discours premier le sens des r?alit?s, r?pond ? une op?ration, ou au moins ? une tentative, plus ou moins r?ussie, d'universaliser le sujet, et de faire fonctionner un "pour tous" ... au prix d'une exclusion. Cette exclusion, Freud l'a situ?e avec le terme de d?sexualisation. Disons, exclusion de l'impossible ? universaliser. Cette formule g?n?rale ?clairerait, au demeurant, l'?chec de celui qui a promu le sujet de la science, Descartes, quand il s'agit de concevoir, entre pens?e et ?tendue, la moindre substance libidinale, autant que la sublime confusion de l'universel et du d?sir, dont Spinoza se fit l'ap?tre. Or, ce r?el que je d?signe de fa?on approximative comme l'impossible ? universaliser, c'est lui qui est insupportable au politique en tant qu'il veut gouverner, mais c'est lui aussi qui fait l'enjeu de la passe du psychanalyste. On a donc bien raison, comme dit Lacan, de mettre la psychanalyse au chef de la politique. C'est en effet, ce qui c'est toujours fait, ? gauche comme ? droite. "Le sympt?me institue l'ordre dont s'av?re notre politique." Or, ce que la psychanalyse r?v?le, c'est que le sympt?me est une jouissance qui se fait valoir en d?pit et du commandement et du consentement. On est donc fond? ? opposer le sympt?me ? l'adaptation ? la r?alit?, laquelle n'est rien d'autre que l'adaptation ? la demande d'un discours. Cette opposition robuste et classique a son ?vidence clinique. Mais elle fait oublier que si le manque ? jouir que g?n?re le langage est pr?sent en tout discours, la compensation ne l'est pas moins et que ladite adaptation satisfait aussi ? la jouissance mais sous un autre mode. D?s lors, si le sympt?me est "fixion" de jouissance, on peut aussi bien appeler sympt?me, non la particularit? de l'atypie, mais le mode de suppl?ance-type qu'un discours instaure ? la place du d?faut de rapport sexuel. En ce sens la politique est aussi bien gestion de sympt?me. Elle vise a r?gler les mode de jouir - lesquels ne se r?alisent pas seulement dans la vie amoureuse - afin qu'ils ne fassent pas l'impossible du lien social. Pour Joyce l'unique, Lacan a fait r?sonner l'homme qui s'entend dans sympt?me en reprenant l'ancienne orthographe du mot : sinthomme. Je pourrais aussi par voie simplement homophonique y faire vibrer le on de l'omnitude : la politique travaille ? la sinthomnitude. Pour gouverner la jouissance, l'orienter et la contenir, le discours d'o? s'engendre notre r?alit?, fabrique des semblants ? jouir pour tous. ?a ne r?ussit jamais tout ? fait, on le sait, et c'est bien pourquoi elle ne saurait se passer et d'une police (au sens large) qui mette les r?calcitrants ? l'ombre, si ce n'est des cimeti?res du moins des ge?les , et aussi d'un corps de th?rapeutes appel?s ? rectifier, ? r?duire le sympt?me. Comme Freud l'avait bien vu avec les n?vroses de guerre, au regard du politique, l'insoumis et le malade, c'est tout un : objecteurs de jouissance. La politique est donc bien passible d'une interpr?tation. Le Malaise dans la civilisation en est un d?but, d'interpr?tation. En 1970, Lacan ?crivant la structure du discours capitaliste comme une modification introduite par les effets de la science dans le discours du ma?tre antique, met cette interpr?tation ? l'heure de la sinthomnie contemporaine. Parler de discours capitaliste, c'est ?videmment emprunter ? Marx. Quelque vingt ans apr?s, faut-il penser, parce que le message marxiste a fait faillite, que la th?se de Lacan s'en trouve p?rim?e ? Je ne le crois ? pas, pour deux raisons au moins. D'abord parce que le marxisme ne se r?duit pas ? sa promesse ?vang?lique des lendemains qui chantent, et que pr?cis?ment ce que Lacan a pr?lev? sur Marx ce n'est pas son ?vangile, mais la fonction "?conomique" de la seule plus-value qu'il g?n?ralise en plus de jouir. Ce ne sont pas les r?centes effervescences de l'Est, les clameurs de ce que Lacan s'est permis de d?signer impayablement du terme de "chair ? parti comme baby sitter de l'histoire" qui y objecteront, bien au contraire, car on ne peut douter ? l'allure o? vont les choses qu'elles signent ? l'inverse la mont?e g?n?ralis?e de la r?gence du march?, d?sormais mondial. L'interpr?tation redoubl?e de Lacan a su reconna?tre qu'?taient ? l'oeuvre dans les imp?ratifs de l'insatiable production capitaliste, la m?me logique que dans les commandements du surmoi freudien. Il en donne une formule minimum dans son S?minaire D'un Autre ? l'autre : jouir du renoncement ? la jouissance. Bien s?r la science fournit l? de nouveaux moyens qui ont r?ussi ? subvertir notre r?alit?. Le sort des sujets et l'?tat des liens sociaux s'en trouvent chang?s : comme le feu qui appelle "l'urination primitive" o? s'exalte la joie phallique, les produits nouveaux mis au march?, plus utilitaires que les fictions de Bentham, sont de nouvelles "mati?res ? faire sujet", partenaires pr?ts ? jouir, valables pour tout un chacun - comme on dit -, et d'o? se remanient l'ensemble des liens sociaux. Le Discours sur l'origine et les fondements de l'in?galit? parmi les hommes de Jean Jacques Rousseau m?riterait quelques suppl?ments. Il faudrait d'abord mettre Freud avec Rousseau et, aux deux sources d'in?galit? physique et sociale que distingue celui-ci, ajouter celle ? quoi pr?side l'inconscient, et qui fait chacun ? nul autre pareil. Mais pour tenir compte du malaise capitaliste, il faudrait aussi ouvrir le chapitre de l'origine de l'?galit? parmi les hommes, de l'?galit? forc?e que le r?gne du pousse ? la consommation instaure et qui fait de chaque individu ... un prol?taire, mari? aux produits par lesquels il est instrument?. Tous prol?taires donc. Mais ce n'est pas dire tous pareils. L'?tre prol?taire du sujet moderne ne r?duit pas les diff?rences toujours criantes voire criardes : il les cantonne au niveau de l'avoir. Quand les semblants font faillite il ne reste plus que la quantit? pour inscrire la diff?rence, que le plus et le moins, le combien et le pas assez. Si le surmoi dit : jouis, sa formule moderne compl?t?e pourrait bien ?tre : jouis ? l'envi. A charge pour nous d'en ?tudier les effets que je crois diff?rentiels sur les diverses structures cliniques, notamment l'hyst?rie et l'obsession, car on peut supposer quasiment a priori que le sujet th?sauriseur et le sujet anorexique par exemple, n'y r?pondront pas de la m?me fa?on. Le registre de la quantit? va avec la forclusion de la singularit? et son retour dans le r?el. Faits divers et actualit?s politiques nous informent quotidiennement de ces faillites r?p?t?es de la sinthomnitude qui de l'homme d'aujourd'hui font comme le dit Michel Leiris : un trop civilis? pour ne pas ?tre ... un sauvage. Comment donc, la passe du psychanalyste annoncerait-elle un sortie du discours capitaliste ? Je note d'abord que sortie ne veut pas dire ruine. Si la science, d?s ses premiers balbutiements dans l'?pist?m? grecque, portait la ruine du ma?tre antique, il est exclu que la psychanalyse puisse ?tre la ruine du discours capitaliste. Mais d?s lors qu'elle a pour vocation de changer quelque chose dans l'?conomie de la jouissance ne peut-elle pr?tendre au moins ? ?manciper le sujet - je ne dis pas les masses - des impasses de la version capitaliste du surmoi ? La psychanalyse traite certes le sympt?me en tant qu'il objecte ? la sinthomnie, mais c'est ? contre pente de celle-ci, et pas pour y revenir. La sinthomnie trouve sa condition dans le fait que le d?sir est dialectique donc suggestionnable, qu'on peut lui tendre des attrapes (images, signifiants, objets) propres ? le capter et donc ? le diriger. C'est ainsi que d?sormais la "science commande ? nos d?sirs". La psychanalyse, elle, ne commande pas au plus de jouir, elle cherche ? l'?lucider. Elle peut bien corriger le sympt?me, comme les th?rapies donc, mais c'est par une voie de r?v?lation, de mises ? jour des ?l?ments inconscients qui fixent, il faudrait plut?t dire qui fixaient, sa jouissance, et si elle utilise la dialectique du d?sir, c'est pour rejoindre ce qui du d?sir n'est pas dialectique, la condition absolue, le "?a et rien d'autre", l'objet qui n'a pas d'?quivalent, qui n'est pas collectivisable, car il ne vaut pour aucun autre. D?s lors, le psychanalyste, au sens du psychanalys?, est celui qui assume en connaissance de cause son impossible ? universaliser. Il ne sort pas du monde pour autant mais c'est par l? qu'il se s?pare des injonctions du discours courant et qu'il se fait une cause de cette s?paration. Sa pratique en elle-m?me objecte donc au consentement ? la prol?tarisation contemporaine des sujets. Au terme, elle soustrait le sujet aux sommations de la justice distributive, qui fait rage toujours davantage. Je peux donc risquer la formule : le psychanalyste, le psychanalyste comme produit transform? d'une psychanalyse ... n'est pas un prol?taire. Serait-il donc contre les droits de l'homme, tout occup? ? cultiver une nouvelle in?galit? non de nature ou de soci?t?, mais d'inconscient ? Ce n'est ?videmment pas ce dont il s'agit. Le psychanalyste n'a rien ? objecter ? la mont?e de l'id?ologie des droits de l'homme. Celle-ci est strictement corr?lative des ravages de la civilisation moderne, elle t?che d'y mettre quelques digues, et on ne peut qu'aquiescer. C'est un sursaut, une formation r?actionnelle contre la puissance devenue industrielle de la "perversion kantifi?e", car aujourd'hui, remarquez-le, la maxime de Sade : "j'ai le droit de disposer de ton corps, ... etc." para?t bien artisanale. La psychanalyse, elle, n'est pas une formation r?actionnelle faisant barrage ? une volont? de jouissance, c'est la cause ?ventuelle d'un d?sir autre. Mais ce d?sir ne peut se soutenir que comme une cause ? d?fendre, justement parce que la psychanalyse n'est pas en mesure de renverser celui qui habite le discours capitaliste. Si donc, reprenant le vocabulaire de l'Autre, nous nous interrogeons sur les droits et les devoirs du psychanalysant et du psychanalyste, il faudra dire d'abord que les droits de l'analysant ne sont ni les droits de l'homme, ni les droits du consommateur, mais pas le contraire non plus. Quant ? l'analyste, il doit faire face ? une urgence : celle, dit Lacan, de produire la satisfaction de la fin. Ce n'est pas la m?me que celle de l'entr?e : celle-ci tient au mirage de la v?rit?, celle-l? y met un terme au profit d'un certain savoir de l'impossible. Le devoir majeur du psychanalyste est donc un devoir ... de passe. A entendre pour l' essentiel comme le devoir de ne pas laisser en souffrance le point de cloture de l'exp?rience analytique o? se joue le changement quant aux fins. Il ne faut pas croire que cette vis?e l? soit pour l'?lite. Elle est, ou devrait ?tre, pour chaque analysant. _______________________________________________ A question? click Help-Me at lutecium.org Lutecium-group mailing list Lutecium-group at lutecium.org http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group --------------------------------------------------------------------------------------- Orange vous informe que cet e-mail a ete controle par l'anti-virus mail. Aucun virus connu a ce jour par nos services n'a ete detecte.
Bonjour ? tous, comme ce n'est jamais en vain que je fais appel ? vous, je voudrais retrouver un passage de Lacan o? il critique le titre qu'il avait donn? ? sa th?se "de la psychose parano?aque dans ses rapports avec la personnalit?". Je pense que c'est l'ann?e o? cette th?se a ?t? republi?e donc dans les ann?es 75. S'il critique ce titre dans le souvenir que j'en ai, ce serait parce qu'il n'y a pas de personnalit?, mais ce n'est peut-?tre qu'un faux souvenir et peut-?tre les deux termes sont-ils simplement ?quivalents. Bref, j'ai besoin de relire ce passage ? propos d'un passage du texte de Freud sur l'Homme aux rats, quand il ?voque "ses trois personnalit?s" et dans le journal d'une analyse, la "d?sint?gration de sa personnalit?". Qu'est-ce que de nos jours on peut mettre sous ce terme tout au moins dans son approche analytique ? J'aimerais bien avoir vos points de vue. Amicalement. Liliane Fainsilber.
Cette question est tr?s pr?cis?ment d?velopp?e dans : "Marguerite, ou l'Aim?e de Lacan" J. Allouch, Paris,EPEL, 1994. Le 28 juin 07 ? 15:17, Liliane Fainsilber a ?crit :
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Bonjour ? tous, comme ce n'est jamais en vain que je fais appel ? vous, je voudrais retrouver un passage de Lacan o? il critique le titre qu'il avait donn? ? sa th?se "de la psychose parano?aque dans ses rapports avec la personnalit?". Je pense que c'est l'ann?e o? cette th?se a ?t? republi?e donc dans les ann?es 75.
S'il critique ce titre dans le souvenir que j'en ai, ce serait parce qu'il n'y a pas de personnalit?, mais ce n'est peut-?tre qu'un faux souvenir et peut-?tre les deux termes sont-ils simplement ?quivalents. Bref, j'ai besoin de relire ce passage ? propos d'un passage du texte de Freud sur l'Homme aux rats, quand il ?voque "ses trois personnalit?s" et dans le journal d'une analyse, la "d?sint?gration de sa personnalit?". Qu'est-ce que de nos jours on peut mettre sous ce terme tout au moins dans son approche analytique ? J'aimerais bien avoir vos points de vue. Amicalement. Liliane Fainsilber.
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Je vais relire ce qu'il en raconte. Liliane. ----- Original Message ----- From: "MacBook PRO LETHIER" <roland.lethier at wanadoo.fr> To: "Liliane Fainsilber" <Liliane.Fainsilber at wanadoo.fr>; "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Thursday, June 28, 2007 10:00 PM Subject: Re: [Lutecium-group] personnalit? lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Cette question est tr?s pr?cis?ment d?velopp?e dans : "Marguerite, ou l'Aim?e de Lacan" J. Allouch, Paris,EPEL, 1994. Le 28 juin 07 ? 15:17, Liliane Fainsilber a ?crit :
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Bonjour ? tous, comme ce n'est jamais en vain que je fais appel ? vous, je voudrais retrouver un passage de Lacan o? il critique le titre qu'il avait donn? ? sa th?se "de la psychose parano?aque dans ses rapports avec la personnalit?". Je pense que c'est l'ann?e o? cette th?se a ?t? republi?e donc dans les ann?es 75.
S'il critique ce titre dans le souvenir que j'en ai, ce serait parce qu'il n'y a pas de personnalit?, mais ce n'est peut-?tre qu'un faux souvenir et peut-?tre les deux termes sont-ils simplement ?quivalents. Bref, j'ai besoin de relire ce passage ? propos d'un passage du texte de Freud sur l'Homme aux rats, quand il ?voque "ses trois personnalit?s" et dans le journal d'une analyse, la "d?sint?gration de sa personnalit?". Qu'est-ce que de nos jours on peut mettre sous ce terme tout au moins dans son approche analytique ? J'aimerais bien avoir vos points de vue. Amicalement. Liliane Fainsilber.
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Merci de votre courriel qui, effectivement, pose la question de la personnalit?. Je n' ai pas de r?f?rences ni freudiennes ni lacaniennes mais je suis un peu comme tout le monde soumis ? la confusion entre ce que la psychanalyse appelle "le moi" et la personnalit?. Peut-?tre est-ce trop m' avancer que d'?crire que nos soci?t?s occidentales sont b?ties sur cette confusion, mais confusion il y a g?n?ralement. Maintenant on peut parler de "personnalit? " comme une unit? de fonctionnement - c' est un peu hors psychanalyse, je l' avoue - lorsque justement cette unit? de fonctionnement ne fonctionne plus et se d?sint?gre comme dans certaines maladies ( Alzheimer etc ) Pour avoir vu et soigner ces "personnalit?s de fonctionnement en d?sint?gration" dans un hospice du 4 ?me ?ge norv?gien, je pense commode de conserver ce terme, mais l? encore, il est n?cessaire de faire attention ? son sens. bien cordialement Jean-francois Doucet
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Bonjour ? tous, comme ce n'est jamais en vain que je fais appel ? vous, je voudrais retrouver un passage de Lacan o? il critique le titre qu'il avait donn? ? sa th?se "de la psychose parano?aque dans ses rapports avec la personnalit?". Je pense que c'est l'ann?e o? cette th?se a ?t? republi?e donc dans les ann?es 75.
S'il critique ce titre dans le souvenir que j'en ai, ce serait parce qu'il n'y a pas de personnalit?, mais ce n'est peut-?tre qu'un faux souvenir et peut-?tre les deux termes sont-ils simplement ?quivalents. Bref, j'ai besoin de relire ce passage ? propos d'un passage du texte de Freud sur l'Homme aux rats, quand il ?voque "ses trois personnalit?s" et dans le journal d'une analyse, la "d?sint?gration de sa personnalit?". Qu'est-ce que de nos jours on peut mettre sous ce terme tout au moins dans son approche analytique ? J'aimerais bien avoir vos points de vue. Amicalement. Liliane Fainsilber.
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Voici quelques r?flexions de Tosquelles (pour contribuer ? cette discussion): Bien ? vous Michel Balat ? Le 29 juin 07 ? 04:32, Jean-fran?ois Doucet a ?crit :
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Merci de votre courriel qui, effectivement, pose la question de la personnalit?. Je n' ai pas de r?f?rences ni freudiennes ni lacaniennes mais je suis un peu comme tout le monde soumis ? la confusion entre ce que la psychanalyse appelle "le moi" et la personnalit?. Peut-?tre est-ce trop m' avancer que d'?crire que nos soci?t?s occidentales sont b?ties sur cette confusion, mais confusion il y a g?n?ralement. Maintenant on peut parler de "personnalit? " comme une unit? de fonctionnement - c' est un peu hors psychanalyse, je l' avoue - lorsque justement cette unit? de fonctionnement ne fonctionne plus et se d?sint?gre comme dans certaines maladies ( Alzheimer etc ) Pour avoir vu et soigner ces "personnalit?s de fonctionnement en d?sint?gration" dans un hospice du 4 ?me ?ge norv?gien, je pense commode de conserver ce terme, mais l? encore, il est n?cessaire de faire attention ? son sens. bien cordialement Jean-francois Doucet
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Bonjour ? tous, comme ce n'est jamais en vain que je fais appel ? vous, je voudrais retrouver un passage de Lacan o? il critique le titre qu'il avait donn? ? sa th?se "de la psychose parano?aque dans ses rapports avec la personnalit?". Je pense que c'est l'ann?e o? cette th?se a ?t? republi?e donc dans les ann?es 75.
S'il critique ce titre dans le souvenir que j'en ai, ce serait parce qu'il n'y a pas de personnalit?, mais ce n'est peut-?tre qu'un faux souvenir et peut-?tre les deux termes sont-ils simplement ?quivalents. Bref, j'ai besoin de relire ce passage ? propos d'un passage du texte de Freud sur l'Homme aux rats, quand il ?voque "ses trois personnalit?s" et dans le journal d'une analyse, la "d?sint?gration de sa personnalit?". Qu'est-ce que de nos jours on peut mettre sous ce terme tout au moins dans son approche analytique ? J'aimerais bien avoir vos points de vue. Amicalement. Liliane Fainsilber.
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Adresse: 104 boulevard Cassanyes 66140 Canet-en-Roussillon T?l?phone 04 68 54 13 10 06 85 10 05 62 Site Michel Balat http://www.balat.fr
Bonjour Michel nous n'avons rien re?u, le fichier n'a pas du arriver. Liliane. ----- Original Message ----- From: "Michel" <balat.michel at wanadoo.fr> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Friday, June 29, 2007 6:48 AM Subject: Re: [Lutecium-group] personnalit?
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Voici quelques r?flexions de Tosquelles (pour contribuer ? cette discussion): Bien ? vous Michel Balat ? Le 29 juin 07 ? 04:32, Jean-fran?ois Doucet a ?crit :
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Merci de votre courriel qui, effectivement, pose la question de la personnalit?. Je n' ai pas de r?f?rences ni freudiennes ni lacaniennes mais je suis un peu comme tout le monde soumis ? la confusion entre ce que la psychanalyse appelle "le moi" et la personnalit?. Peut-?tre est-ce trop m' avancer que d'?crire que nos soci?t?s occidentales sont b?ties sur cette confusion, mais confusion il y a g?n?ralement. Maintenant on peut parler de "personnalit? " comme une unit? de fonctionnement - c' est un peu hors psychanalyse, je l' avoue - lorsque justement cette unit? de fonctionnement ne fonctionne plus et se d?sint?gre comme dans certaines maladies ( Alzheimer etc ) Pour avoir vu et soigner ces "personnalit?s de fonctionnement en d?sint?gration" dans un hospice du 4 ?me ?ge norv?gien, je pense commode de conserver ce terme, mais l? encore, il est n?cessaire de faire attention ? son sens. bien cordialement Jean-francois Doucet
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Bonjour ? tous, comme ce n'est jamais en vain que je fais appel ? vous, je voudrais retrouver un passage de Lacan o? il critique le titre qu'il avait donn? ? sa th?se "de la psychose parano?aque dans ses rapports avec la personnalit?". Je pense que c'est l'ann?e o? cette th?se a ?t? republi?e donc dans les ann?es 75.
S'il critique ce titre dans le souvenir que j'en ai, ce serait parce qu'il n'y a pas de personnalit?, mais ce n'est peut-?tre qu'un faux souvenir et peut-?tre les deux termes sont-ils simplement ?quivalents. Bref, j'ai besoin de relire ce passage ? propos d'un passage du texte de Freud sur l'Homme aux rats, quand il ?voque "ses trois personnalit?s" et dans le journal d'une analyse, la "d?sint?gration de sa personnalit?". Qu'est-ce que de nos jours on peut mettre sous ce terme tout au moins dans son approche analytique ? J'aimerais bien avoir vos points de vue. Amicalement. Liliane Fainsilber.
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Salvemos a cl?nica Manifesto pelas pr?ticas e forma??es cl?nicas Assinar a peti??o - Ver os signat?rios http://www.sauvons-la-clinique.org/ Peti??o aberta aos profissionais, institui??es e cidad?os, Ap?s o desaparecimento da psicopatologia e da psican?lise da forma??o dos psiquiatras em pr? de variantes neurobiol?gicas e comportamentalistas, ? a forma??o dos psic?logos cl?nicos que hoje est? no alvo das inst?ncias de habilita??o da forma??o. H? v?rios anos, os universit?rios que se dedicam a essa forma??o v?em ampliar no aparelho do Estado a vontade de domina??o dos part?cipes da elimina??o da psican?lise e da psicopatologia, de todos os n?veis das organiza??es qualificadoras de ensino e pesquisa. A nova configura??o que emergiu recentemente n?o deixa mais d?vida sobre essa vontade que n?o mais se mascara. ? a ?ltima etapa de uma corrida contra o rel?gio cujo fim, em breve, se torna previs?vel. Ao mesmo tempo, nas institui??es de tratamento, constatamos que a presen?a da psican?lise ? o campo de uma luta na qual os simulacros administrativos, a engenharia da avalia??o, a medicaliza??o sistem?tica e exclusiva, os dispositivos de isolamento dos sintomas e de seu tratamento expeditivo ca?am regularmente a cl?nica da subjetividade. Aqui e l?, assistimos freq?entemente aos desmoronamentos locais que resultam de estrat?gias de ass?dio e esgotamento das equipes, ou neutraliza??o violenta por ingest?o ou dispers?o. A psican?lise n?o lida apenas com detratores, mas com uma converg?ncia de processos de demoli??o. N?o ? mais o tempo de sinais assassinos, mas de atos e m?quinas que avan?am com as valas abertas. Diante de tal situa??o, os praticantes nas institui??es de tratamento ps?quico, e os universit?rios que formam as gera??es futuras e mant?m a presen?a existente da psican?lise nas institui??es de pesquisa p?blica devem fazer convergir suas resist?ncias e passar ? inven??o ofensiva. N?o podem mais se contentar em contra-atacar a cada golpe e no isolamento as perfura??es e escava??es de seus terrenos. N?o h? mais crise, mas circuitos integrados de situa??es limites. A ferocidade industrial dos aparelhos tem nomes: despistagem precoce, desvios de comportamento, hereditariedade gen?tica, fatores de risco, fatores de progn?sticos, isolamento dos sintomas, co-morbidade, condicionamento do comportamento, ?ndice de impulsividade, reeduca??o psicoterap?utica, timoregulador, investiga??o, avalia??o, seguran?a ps?quica, etc. A captura das popula??es vulner?veis reduzidas ao uso da sua infelicidade amplia-se cada dia mais. A estandardiza??o dos fracassos da condi??o humana em uma nomenclatura das defici?ncias habita doravante as casas sanit?rias. A desestrutura??o social ? votada ? apura??o policial ou mascarada pelos kits de patologia dos comportamentos. As logomancias investem-se em velar a massifica??o do humano e a mercantiliza??o do vivente. Aceitaremos perambular entre ?os escombros do futuro?? Num certo momento, face ao que acontece, a recusa que se limita ? express?o cr?tica ? v?. Apenas a den?ncia dos inimigos ? derris?ria. Os lamentos nost?lgicos pela restaura??o do mundo de ontem d? d?. O jarg?o do mal estar na cultura ? extensamente usado. Temos, todos, consci?ncia que estamos num movimento extremo dos tempos, do que se chama mudan?a dos tempos. O que significa que n?o se trata de aberra??es ou de desvios a corrigir, mas da subordina??o do sofrimento e do bem-estar ps?quico ?s novas representa??es e dispositivos de governo nos quais a psican?lise seria apenas residual ou nebulosa. A porosidade da esfera pol?tica a esses representantes, a influ?ncia que sofre por grupos interconectados de uma voracidade utilit?ria ing?nua, indicam suficientemente que a solu??o n?o vir? dos governantes que contribu?ram para essa evolu??o. ? preciso ent?o a uni?o devido a gravidade da situa??o para responder a esse desafio da passagem de um tempo a outro. A recusa rigorosa e determinada, aquela que torna solid?rio, passa por compartilhar an?lises que explorem os desregramentos e as combina??es emergentes, tornando comuns a??es e experi?ncias atrav?s de novos pensamentos de resist?ncia. Pela cria??o de um coletivo que permita fazer obst?culo ? pol?tica de liquida??o da cl?nica nas institui??es de tratamento e forma??o. Enquanto praticantes, formadores, pesquisadores e universit?rios apelamos, num primeiro tempo, nossos colegas a juntar suas assinaturas a esse Manifesto pela converg?ncia de resist?ncias. Propomos esbo?ar a prepara??o dos Estados Gerais da Cl?nica atrav?s de uma primeira reuni?o que ter? lugar em Paris, s?bado 30 de junho de 2007, e que ser? acolhida pelo Semin?rio Inter-Universit?rio Europeu de Ensino e Pesquisa em Psicopatologia e Psican?lise (SIUEERPP) [S?minaire Inter-Universitaire Europ?en d'Enseignement et de Recherche en Psychopathologie et Psychanalyse (SIUEERPP)]. Assinar a peti??o - Ver os signat?rios http://www.sauvons-la-clinique.org/
Le voici! Amiti?s Michel balat LA PERSONNALIT? COMME DOUBLE D?FENSIF DE LA PERSONNE (Fran?ois Tosquelles, De la personne au groupe, ?r?s, pp.105sq) Oui, bien entendu. L'autre ? dans sa qualit? de double de nous- m?me ? joue un r?le de premier plan dans la constitution de notre personnalit? con?ue comme un syst?me de d?fense efficace pour chaque personne. Je me demande si la d?couverte du miroir vient plut?t cacher ou d?tourner ce qui a d?j? surgi chez chacun de nous comme dot? des attributs du ? double ?. ? Le miroir ? disaient encore des paysans de la Loz?re ? rend fous les enfants; il les ?carte de leur chemin ? par o? chacun peut rencontrer les autres en chair et en os. Il est vrai que certains se vouent ? leur m?tier en professionnels du doublage. On les voit sur les tr?teaux en amateurs avant qu'ils ne deviennent des professionnels. J'ajouterai que beaucoup d'acteurs professionnels bien connus (les Belmondo, Delon, Bardot, etc.) deviennent h?las, le plus souvent, des acteurs qui jouent toujours des r?les st?r?otyp?s. Leurs aspects caract?rologiques ? qui les caract?risent - passent toujours au premier plan de leur repr?sentation. Ils n'arrivent ? ?lider ni leur personne, ni leur personnalit? lorsqu'ils interpr?tent des personnages sur la sc?ne. Dans leur jeu appara?t, au premier plan et d'une fa?on r?p?titive, leur propre syst?me de d?fense qui abrite pr?cis?ment leur personne. Ils se prom?nent sur les plateaux fascin?s par leur image vue dans le miroir. Dans leurs interpr?tations, c'est leur propre personnalit? qu'ils nous font voir. Ils deviennent ainsi facilement des ? idoles ? qu'on cherche ? imiter en s'ali?nant eux?m?mes dans cet ?tal de leur personnalit?. Je fais abstraction de ce que le public attend d'eux et de ce que le producteur du film ou du spectacle cherche ? d?terminer; je fais plut?t appel ici ? un certain nombre de nos connaissances cliniques, facilement constat?es par nous tous en psychiatrie. C'est ce qu'on diagnostique pr?cis?ment comme troubles de la personnalit?. Nous sommes sur le terrain clinique de leurs propres d?fenses caract?rielles qui visent ? enfermer leur personne dans une coquille neuro?musculaire, et ? l'occasion verbale, qui se mani feste dans leurs actions et leurs passages ? l'acte. On sait h?las avec quelle facilit? nos propres activit?s ? vis?e th?rapeutique restent fascin?es et ? ?mues ? ? ? juste raison ? par ces passages ? l'acte de leur personnalit?, sans trop nous pr?occuper d'y reconna?tre les sources sous?jacentes qui les poussent ? l'action : celles qui pr?cis?ment constituent leur personne. Laquelle ne peut appa ra?tre en jeu, pour nous, que tout au long du processus qui s'articule progressivement au cours des rencontres, maintenues avec eux avec beaucoup de difficult?s. Ce n'est pas facile pour quiconque d'aban donner ses formations d?fensives. ?a comporte souvent un vrai dan ger pr?cis?ment pour la personne que l'on cherche ainsi ? prot?ger. On craint que, sans cette coquille de contractions et de d?contractions musculaires, la personne s'effrite d'une fa?on catastrophique. C'est en quoi, par exemple, la souplesse, l'habilet? des exploits corporels ? di sons d'un Belmondo ? sont tr?s rassurants pour tous ceux qui le re gardent. En tout cas, en de?? du bonheur ?l?mentaire que la personne elle m?me vise ? atteindre dans les parcours ouverts ? l'incertitude de son avenir, la rigidit? m?me de nos syst?mes caract?rologiques de defense fait obstacle ? l'avenir heureux de la personne. Dans cette perspective o? je place les nuances et les ?carts qu'il y a entre ce que j'appelle d'une fa?on assez banale ? comme tout le monde ? la personne, la personnalit? et le personnage, il me semble qu'il n'est nullement exclu ? bien loin de l? ? que lorsque nous faisons partie des membres des ?quipes th?rapeutiques, sans trop nous en apercevoir, nous en venons nous?m?mes ? jouer dans une confusion nos syst?mes de d?fense ca ract?rologiques : nos propres troubles?troublants de la personnalit?. Il y a aussi ? consid?rer nos personnages. En r?alit? nous croyons que chez chacun ? mais tout ?ducateur ou soignant devrait savoir en faire la diff?rence ? ces trois formes de repr?sentation vitale apparais sent confondues ou bien s?par?es. Ce qui fait probl?me est le com ment et l'aisance avec laquelle cela appara?t ou bien se cache. Sans doute l'?volution concr?te de chacun se joue dans les permutations entre ces trois types de repr?sentations. A mon avis, il faut se m?fier de certaines m?taphores trop faciles et dont on use et abuse beaucoup ? notre ?poque. C'est particuli?rement vrai dans tout ce qu'on baratine ? propos des contenus et des contenants, dans les al?as de la psychopathologie o? des raccords absolument mal ficel?s surgissent entre la personne, la personnalit? et les personnages qui ont acquis dans nos cultures une port?e grandiloquente... Entre Pinocchio et Cyrano de Bergerac, il y a parmi nous de vrais diables avec la queue tr?s longue au milieu de la figure! Le 29 juin 07 ? 08:33, Liliane Fainsilber a ?crit :
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Bonjour Michel nous n'avons rien re?u, le fichier n'a pas du arriver. Liliane. ----- Original Message ----- From: "Michel" <balat.michel at wanadoo.fr> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Friday, June 29, 2007 6:48 AM Subject: Re: [Lutecium-group] personnalit?
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Voici quelques r?flexions de Tosquelles (pour contribuer ? cette discussion): Bien ? vous Michel Balat Le 29 juin 07 ? 04:32, Jean-fran?ois Doucet a ?crit :
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Merci de votre courriel qui, effectivement, pose la question de la personnalit?. Je n' ai pas de r?f?rences ni freudiennes ni lacaniennes mais je suis un peu comme tout le monde soumis ? la confusion entre ce que la psychanalyse appelle "le moi" et la personnalit?. Peut-?tre est-ce trop m' avancer que d'?crire que nos soci?t?s occidentales sont b?ties sur cette confusion, mais confusion il y a g?n?ralement. Maintenant on peut parler de "personnalit? " comme une unit? de fonctionnement - c' est un peu hors psychanalyse, je l' avoue - lorsque justement cette unit? de fonctionnement ne fonctionne plus et se d?sint?gre comme dans certaines maladies ( Alzheimer etc ) Pour avoir vu et soigner ces "personnalit?s de fonctionnement en d?sint?gration" dans un hospice du 4 ?me ?ge norv?gien, je pense commode de conserver ce terme, mais l? encore, il est n?cessaire de faire attention ? son sens. bien cordialement Jean-francois Doucet
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Bonjour ? tous, comme ce n'est jamais en vain que je fais appel ? vous, je voudrais retrouver un passage de Lacan o? il critique le titre qu'il avait donn? ? sa th?se "de la psychose parano?aque dans ses rapports avec la personnalit?". Je pense que c'est l'ann?e o? cette th?se a ?t? republi?e donc dans les ann?es 75.
S'il critique ce titre dans le souvenir que j'en ai, ce serait parce qu'il n'y a pas de personnalit?, mais ce n'est peut-?tre qu'un faux souvenir et peut-?tre les deux termes sont-ils simplement ?quivalents. Bref, j'ai besoin de relire ce passage ? propos d'un passage du texte de Freud sur l'Homme aux rats, quand il ?voque "ses trois personnalit?s" et dans le journal d'une analyse, la "d?sint?gration de sa personnalit?". Qu'est-ce que de nos jours on peut mettre sous ce terme tout au moins dans son approche analytique ? J'aimerais bien avoir vos points de vue. Amicalement. Liliane Fainsilber.
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Bonjour Jean-Fran?ois, ce terme de personnalit? est en r?alit? un vrai mot fourre-tout dans son usage courant mais il vaut la peine de reprendre l'usage qu'en ont fait et Freud et Lacan. Je suis entrain d'en explorer un peu les m?andres et comme souvent commencer par relire Freud est ?clairant pour en pr?ciser l'approche chez Lacan. En attendant voici ce que j'ai trouv? sur le Tr?sor de la langue fran?aise que se trouve sur Internet ? cette adresse (je l'indique pour tous les amoureux des mots) : http://atilf.atilf.fr/tlf.htm I. [Corresp. ? personne1] A. Ce qui constitue la personne, qui la rend psychiquement, intellectuellement et moralement distincte de toutes les autres. Le go?t de l'ind?pendance individuelle est un sentiment noble, moral, qui tire sa puissance de la nature morale de l'homme; c'est le plaisir de se sentir homme, le sentiment de la personnalit?, de la spontan?it? humaine dans son libre d?veloppement (GUIZOT, Hist. civilis., le?on 2, 1828, p.35). Il faut rendre ? l'?tre humain, standardis? par la vie moderne, sa personnalit?. Les sexes doivent de nouveau ?tre nettement d?finis. Il importe que chaque individu soit, sans ?quivoque, m?le ou femelle (CARREL, L'Homme, 1935, p.384): 1. ... la communaut? de biens, le droit au travail, l'?galit? absolue, l'uniformit? en toutes choses, la r?gularit? m?canique dans tous les mouvements des individus, la tyrannie r?glementaire et l'absorption compl?te de la personnalit? des citoyens dans le corps social. TOCQUEVILLE, Anc. R?g. et R?vol., 1856, p.262. 1. Sp?cialement a) PSYCHOL. Fonction par laquelle un individu a conscience de son moi, per?oit l'unit? de sa vie psychique et son identit? dans le temps. Une personnalit? douteuse, un premier d?traquement nerveux, tels sont les deux faits auxquels vient s'adjoindre la diminution des certitudes religieuses et philosophiques (BOURGET, Nouv. Essais psychol., 1885, p.175). La personnalit? naissante est encore envo?t?e par le milieu, elle ne r?alise avec lui qu'une adaptation partielle, gauche et visqueuse. Elle re?oit le monde ext?rieur sur deux registres, le mouvement v?cu et le mouvement vu: leur accord reste longtemps incertain (MOUNIER, Trait? caract., 1946, p.338). b) PSYCHIATRIE, PATHOL. D?doublement* de la personnalit?. Personnalit?s alternantes. V. alternant. Personnalit? hyst?rique. ,,Trouble de la personnalit? caract?ris? par une affectivit? superficielle et labile, la d?pendance, le besoin de se faire valoir et d'attirer l'attention, la suggestibilit? et les attitudes th??trales`` (M?d. Biol. Suppl. 1982). V. aussi hyst?rie, hyst?rique. Personnalit? parano?aque. ,,Personnalit? caract?ris?e par un sentiment de sup?riorit? et d'orgueil d?mesur? avec d?dain d'autrui, une psychorigidit? et une fausset? de jugement menant ? un comportement agressif non sociable`` (M?d. Biol. t.3 1972). Personnalit? obsessionnelle. ,,Trouble de la personnalit? caract?ris? par des sentiments de doute et d'incompl?tude entra?nant des scrupules, des v?rifications, une obstination et une prudence excessive`` (M?d. Biol. Suppl. 1982). c) PSYCHOSOCIOL. Personnalit? de base. ,,Configuration psychologique particuli?re propre ? tous les membres d'une soci?t? et qui se manifeste par un ensemble de comportements communs sur lesquels les individus brodent leurs variations singuli?res`` (LAPLANTINE 1974). 2. P. m?ton. Caract?re original qui diff?rencie une personne des autres; aspect sous lequel on la consid?re. Affirmer sa personnalit?; avoir une forte personnalit?; manquer de personnalit?. Je manque de vie les trois quarts du temps et j'ai ? peine assez de personnalit? pour me rendre compte de ma nullit? (MAINE DE BIRAN, Journal, 1818, p.105). Pour quiconque avait une fois travaill? dans son service, cet homme d'une si forte personnalit? restait ? jamais ?le patron?, celui dont on ne discute pas les ordres (BOURGET, Sens mort, 1915, p.12): 2. ... la pens?e de Val?ry (...) ne se soucie ni de la conformit? de ses id?es avec le monde ext?rieur ni de leur coh?rence entre elles. Elle entend ne conna?tre que les exigences de la cr?ation artistique, et encore dans ce que celle-ci a de plus changeant selon le moment et de plus particulier ? la personnalit? de son auteur... BENDA, Fr. byz., 1945, p.286. P. ext. Personnalit? sociale. Sa personnalit? sociale, si incertaine, me devint claire aussit?t quand je sus son nom, comme quand, apr?s avoir pein? sur une devinette, on apprend enfin le mot qui rend clair tout ce qui ?tait rest? obscur (PROUST, Sodome, 1922, p.892). P. anal [? propos d'un peuple, d'une nation] Cette fusion intime des races constitue l'identit? de notre nation, sa personnalit? (MICHELET, Introd. Hist. univ., 1831, p.448). La France, parmi toutes les nations pourvues depuis tr?s longtemps d'une personnalit? sociale, est celle qui est le plus largement ouverte ? l'immigration ?trang?re (GAULTIER, Bovarysme, 1902, p.132). Au fig. Personnalit? du style. [Des statuaires] vont voir leurs confr?res; g?n?ralement ils s'abstiennent de ces visites, afin de ne point subir une influence qui pourrait ?ter quelque chose ? la personnalit? de leur oeuvre (VIOLLET-LE-DUC, Archit., 1872, p.225). B. DR., SOCIOL. Aptitude ? jouir des droits attach?s ? la personne et d?finis par la loi. Personnalit? juridique. Qualit? d'une personne physique ou morale ? qui sont reconnus tous les droits civils (d'apr. BARR. 1974). Elle se disait sans doute que les cur?s n'ayant plus de personnalit? juridique, elle n'avait plus ? les conna?tre (BARR?S, Cahiers, t.6, 1908, p.108). La personnalit? juridique n'est reconnue aux soci?t?s commerciales que par leur inscription au registre de commerce (BARR. 1974). Personnalit? morale. ,,Aptitude reconnue ? un groupement ou ? un ?tablissement institu? par l'?tat ou un particulier d'avoir en cette qualit? une existence juridique propre et d'?tre sujet de droit`` (CAP. 1936). Car la seule personnalit? morale qui soit au-dessus des personnalit?s particuli?res est celle que forme la collectivit? (DURKHEIM, Divis. trav., 1893, p.V). C. Personne qui s'impose par son influence ou qui fait autorit? dans un domaine pr?cis. Personnalit?s ?minentes, marquantes, notoires, repr?sentatives; les principales personnalit?s locales; personnalit?s de premier plan; les principales personnalit?s militaires, du Gouvernement, du Parlement, de la presse, du cin?ma, du monde des Lettres. Cette m?me personnalit? diplomatique m'avait dit, d'un air motiv? et s?rieux, que la princesse de Guermantes lui ?tait franchement antipathique (PROUST, Sodome, 1922, p.660). Un jeune chef [Saladin] dont toute l'histoire ult?rieure allait r?v?ler le g?nie, homme de guerre et homme d'?tat de premier ordre, la plus forte personnalit? qu'ait produite la soci?t? musulmane (GROUSSET, Croisades, 1939, p.203): 3. ... en fouillant mes souvenirs, je ne trouve chez moi, pendant toute ma jeunesse, aucun d?sir de devenir une personnalit? de premier plan. Je n'avais que l'ambition d'une vie ind?pendante, o? je m'occuperais paresseusement d'art et de litt?rature, mais en amateur et non, ainsi que cela a ?t?, en for?at de la gloire. GONCOURT, Journal, 1895, p.873. Culte* de la personnalit?. II. [Corresp. ? personnel ou ? personnaliser] A. Caract?re ou comportement de celui qui est trop personnel, qui ram?ne tout ? sa personne. Une telle absence de personnalit? ne s'?tait peut-?tre jamais rencontr?e; sa journ?e se passait sans qu'il en pr?t aucun moment pour lui-m?me: il l'abandonnait aux autres par m?lancolie et par bienveillance (STA?L, Corinne, t.1, 1807, p.9). B. DR. [En parlant de choses] Caract?re de ce qui est personnel. 1. FISC. Personnalit? de l'imp?t. Caract?re de l'imp?t qui tient compte de la situation particuli?re du contribuable quant ? sa situation familiale ou ? certaines de ses charges. La personnalit? de l'imp?t appara?t par exemple dans l'application de l'abattement ? la base, dans la prise en consid?ration de la famille du contribuable, dans l'application de la r?duction et de la d?duction (ROMEUF t.2 1958). 2. DR. PRIV?. Personnalit? des lois. ,,Syst?me juridique selon lequel plusieurs lois sont susceptibles d'?tre appliqu?es sur un m?me territoire, en raison de la coexistence de groupes ethniques diff?rents`` (Jur. 1981). C. Vieilli, rare. Attaque personnelle, trait injurieux ? l'adresse de quelqu'un. Ils ne voient dans ma brochure qu'une personnalit? contre Soult (CONSTANT, Journaux, 1815, p.431). Mais Poisson s'?tait lev?. Il s'avan?a et mit la main sur son coeur, en disant: Vous me blessez, Auguste. Discutez sans faire de personnalit?s (ZOLA, Assommoir, 1877, p.735). Prononc. et Orth.: []. Att. ds Ac. dep. 1762. ?tymol. et Hist. I. 1. 1481 personaltie ?caract?re personnel d'une action judiciaire? (LITTLETON, Instit., 315 ds GDF.); 2. a) 1495 ?personne, une des trois formes de Dieu? (J. DE VIGNAY, Miroir historial, I, 3, fo 13 ro); b) 1495 ?ce qui constitue la personne en g?n?ral, la possession de soi-m?me? (ID., op. cit., II, 33, fo 25 ro); 1749 (CONDILLAC, Trait? des syst?mes, chap.8, p.179); 3. 1697 personnalit?s plur. ?d?tails personnels? (BAYLE, Lettre ? Le Duchat, 5 janv. ds LITTR?); ca 1720 ?trait piquant, injurieux et personnel lanc? contre quelqu'un? (LA CHAPELLE ds Tr?v. 1752); 4. 1762 ?caract?re propre ? une personne en particulier? (Ac.); 1935 avoir de la personnalit? (Ac.); 5. 1767 ?attachement ? sa propre personne? (MARMONTEL, B?lisaire, VII ds LITTR?); 6. 1867 ?personne en vue, remarquable par sa situation sociale, son activit?? (Moniteur universel, 13 juin, p.734, 2e col., ibid.); 7. dr. 1872 ?qualit? de personne l?gale? (Journ. officiel, 12 mai, p.3172, 2e col., ibid.), 1872 personnalit? civile (ibid., 15 mai, p.3254, 3e col., ibid.); 8. 1958 personnalit? de l'imp?t (ROMEUF). Empr. au lat. personalitas, d?r. de personalis (personnel*). Fr?q. abs. litt?r.: 2085. Fr?q. rel. litt?r.: XIXes.: a) 1116, b) 2183; XXes.: a) 3364, b) 4722. Bbg. GOHIN 1903, p.298. QUEM. DDL t.8. ----- Original Message ----- From: "Jean-fran?ois Doucet" <jeanfd at ulrik.uio.no> To: "Liliane Fainsilber" <Liliane.Fainsilber at wanadoo.fr>; "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Friday, June 29, 2007 4:32 AM Subject: Re: [Lutecium-group] personnalit? lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Merci de votre courriel qui, effectivement, pose la question de la personnalit?. Je n' ai pas de r?f?rences ni freudiennes ni lacaniennes mais je suis un peu comme tout le monde soumis ? la confusion entre ce que la psychanalyse appelle "le moi" et la personnalit?. Peut-?tre est-ce trop m' avancer que d'?crire que nos soci?t?s occidentales sont b?ties sur cette confusion, mais confusion il y a g?n?ralement. Maintenant on peut parler de "personnalit? " comme une unit? de fonctionnement - c' est un peu hors psychanalyse, je l' avoue - lorsque justement cette unit? de fonctionnement ne fonctionne plus et se d?sint?gre comme dans certaines maladies ( Alzheimer etc ) Pour avoir vu et soigner ces "personnalit?s de fonctionnement en d?sint?gration" dans un hospice du 4 ?me ?ge norv?gien, je pense commode de conserver ce terme, mais l? encore, il est n?cessaire de faire attention ? son sens. bien cordialement Jean-francois Doucet
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Bonjour ? tous, comme ce n'est jamais en vain que je fais appel ? vous, je voudrais retrouver un passage de Lacan o? il critique le titre qu'il avait donn? ? sa th?se "de la psychose parano?aque dans ses rapports avec la personnalit?". Je pense que c'est l'ann?e o? cette th?se a ?t? republi?e donc dans les ann?es 75.
S'il critique ce titre dans le souvenir que j'en ai, ce serait parce qu'il n'y a pas de personnalit?, mais ce n'est peut-?tre qu'un faux souvenir et peut-?tre les deux termes sont-ils simplement ?quivalents. Bref, j'ai besoin de relire ce passage ? propos d'un passage du texte de Freud sur l'Homme aux rats, quand il ?voque "ses trois personnalit?s" et dans le journal d'une analyse, la "d?sint?gration de sa personnalit?". Qu'est-ce que de nos jours on peut mettre sous ce terme tout au moins dans son approche analytique ? J'aimerais bien avoir vos points de vue. Amicalement. Liliane Fainsilber.
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