[Lutecium-group] Modélisations et psychanalyses
Il y a eu hier apr?s-midi, sur France Culture, une ?mission, "Sciences et conscience" (1), sur l'?pist?mologie des sciences, tout ? fait ?tonnante (j'en ai fait une transcription ?crite que je peux envoyer ? qui serait int?ress?). Y ?tait interrog? le statut de la th?orie en regard de ce que l'invit?, Anne-Fran?oise Schmid, appelait les mod?lisations. Pour faire court, disons que, pour r?soudre un probl?me, les sciences empruntent de plus en plus les unes aux autres (par exemple, pour d?crire une plante, on fera appel ? la g?n?tique, ? l'embryologie, ? la morphologie), cr?ant pas l? m?me des "mod?les", et que ceux-ci ne co?ncident pas n?cessairement avec la th?orie. C'est donc, pour les sciences, une crise pour d?finir ce que sont les crit?res de scientificit? si l'ad?quation entre mod?les et th?orie n'y suffit plus. A titre d'exemple : on a en m?canique des fluides des mod?les qui fonctionnent et l'on n'a pas de th?orie compl?te leur correspondant. Parfois m?me, comme en biologie, les mod?lisations viennent contredire la th?orie. Parfois encore, les mod?lisations sont ? l'origine de th?ories nouvelles. Les mod?lisations ont permis une lib?ration extraordinaire des disciplines scientifiques. Ces mod?lisations concernent non seulement les emprunts des sciences entre elles, mais aussi des sciences et du social, de l'?conomie, de l'?thique, etc... Cependant, le crit?re classique de scientificit? disant qu'un mod?le est une application d'une th?orie, via une math?matisation sur un domaine d'objet donn?, peut encore fonctionner mais n'est pas le seul crit?re ? l'oeuvre dans les sciences. Tout peut aussi partir du mod?le, et non plus de la th?orie. Celle-ci garde n?anmoins son r?le d'explicateur, fut-ce apr?s coup. Mais elle y gagne un nouveau r?le, qui est celui de r?gulateur, au milieu de toutes ces sciences, et des mod?lisations qui empruntent les unes aux autres. Ce r?le de r?gulateur qui est celui de la th?orie se substitue ? son r?le classique qui ?tait de surplomber la physique exp?rimentale du temps o? tout pouvait se rapporter ? la th?orie m?canique. La th?orie ?tait alors le ma?tre, et le mod?le devait s'y conformer. Je suis encore sous le coup de ce que m'a fait d?couvrir cette ?mission et je me demande, sans parvenir pour l'heur ? distiller un peu mon questionnement, si cela peut concerner les multiples approches de la psychanalyse et leur rapport ? la clinique, et s'il y aurait autre chose qu'une simple analogie entre ces mod?lisations dans le champ de la science et la fa?on dont la psychanalyse ?labore ces th?ories, ? partir de cas donn?s, ? partir ?galement du social, de l'?conomie, de l'?thique, de ce que chaque analysant en fait dans les solutions singuli?res qu'il ?labore, et dans ce qui en retourne ensuite vers la th?orie psychanalytique. Voil? pour le questionnement g?n?ral. Pour tenter de resserrer ce questionnement, je suis all?e relire un texte de Dominique Miller, intitul? "A chacun sa formule" (2), dans lequel elle interroge comment, "? l'?poque de la supr?matie du bien-?tre et de la prolif?ration des jouissances", le r?le de famille "pacifiante des pulsions" s'est trouv? inad?quat et comment chacun cherche d?sormais une solution familiale qui porte ? la satisfaction. D'o? une multiplicit? d'agencements familiaux diff?rents. N?anmoins, note-t-elle, ces agencements cherchent aussi leur reconnaissance par la collectivit?, et ce besoin de reconnaissance t?moignerait de la fa?on dont chacun a aussi "besoin du P?re". Je me demandais si cette pluralit? d'inventions de formes familiales ne jouaient pas de la m?me fa?on que les mod?lisations, invitant tant?t la th?orie ? se renouveler apr?s-coup , la contredisant parfois, la confirmant dans d'autres occasions, et lui faisant finalement jouer un r?le de r?gulateur, propre ? notre post-modernit?, plut?t qu'un r?le d'universel fixe et surplombant la clinique. Je sens combien ce rapprochement est rapide, et pourtant, cette ?mission m'a sembl? tellement en prise avec la r?alit?, qu'il m'a ?t? indispensable de m'y arr?ter. (2)http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/sciences_conscie... (1)http://www.causefreudienne.net/archives/lettremensuelle_article.php?Arch_ID=... -- Catherine
merci catherine je vais faire un envoi en mp3 d'ici peu sur lutecium jp Le 22 sept. 06, ? 13:34, Catherine Grandjean a ?crit :
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Il y a eu hier apr?s-midi, sur France Culture, une ?mission, "Sciences et conscience" (1), sur l'?pist?mologie des sciences, tout ? fait ?tonnante (j'en ai fait une transcription ?crite que je peux envoyer ? qui serait int?ress?). Y ?tait interrog? le statut de la th?orie en regard de ce que l'invit?, Anne-Fran?oise Schmid, appelait les mod?lisations. Pour faire court, disons que, pour r?soudre un probl?me, les sciences empruntent de plus en plus les unes aux autres (par exemple, pour d?crire une plante, on fera appel ? la g?n?tique, ? l'embryologie, ? la morphologie), cr?ant pas l? m?me des "mod?les", et que ceux-ci ne co?ncident pas n?cessairement avec la th?orie. C'est donc, pour les sciences, une crise pour d?finir ce que sont les crit?res de scientificit? si l'ad?quation entre mod?les et th?orie n'y suffit plus. A titre d'exemple : on a en m?canique des fluides des mod?les qui fonctionnent et l'on n'a pas de th?orie compl?te leur correspondant. Parfois m?me, comme en biologie, les mod?lisations viennent contredire la th?orie. Parfois encore, les mod?lisations sont ? l'origine de th?ories nouvelles. Les mod?lisations ont permis une lib?ration extraordinaire des disciplines scientifiques. Ces mod?lisations concernent non seulement les emprunts des sciences entre elles, mais aussi des sciences et du social, de l'?conomie, de l'?thique, etc... Cependant, le crit?re classique de scientificit? disant qu'un mod?le est une application d'une th?orie, via une math?matisation sur un domaine d'objet donn?, peut encore fonctionner mais n'est pas le seul crit?re ? l'oeuvre dans les sciences. Tout peut aussi partir du mod?le, et non plus de la th?orie. Celle-ci garde n?anmoins son r?le d'explicateur, fut-ce apr?s coup. Mais elle y gagne un nouveau r?le, qui est celui de r?gulateur, au milieu de toutes ces sciences, et des mod?lisations qui empruntent les unes aux autres. Ce r?le de r?gulateur qui est celui de la th?orie se substitue ? son r?le classique qui ?tait de surplomber la physique exp?rimentale du temps o? tout pouvait se rapporter ? la th?orie m?canique. La th?orie ?tait alors le ma?tre, et le mod?le devait s'y conformer.
Je suis encore sous le coup de ce que m'a fait d?couvrir cette ?mission et je me demande, sans parvenir pour l'heur ? distiller un peu mon questionnement, si cela peut concerner les multiples approches de la psychanalyse et leur rapport ? la clinique, et s'il y aurait autre chose qu'une simple analogie entre ces mod?lisations dans le champ de la science et la fa?on dont la psychanalyse ?labore ces th?ories, ? partir de cas donn?s, ? partir ?galement du social, de l'?conomie, de l'?thique, de ce que chaque analysant en fait dans les solutions singuli?res qu'il ?labore, et dans ce qui en retourne ensuite vers la th?orie psychanalytique. Voil? pour le questionnement g?n?ral. Pour tenter de resserrer ce questionnement, je suis all?e relire un texte de Dominique Miller, intitul? "A chacun sa formule" (2), dans lequel elle interroge comment, "? l'?poque de la supr?matie du bien-?tre et de la prolif?ration des jouissances", le r?le de famille "pacifiante des pulsions" s'est trouv? inad?quat et comment chacun cherche d?sormais une solution familiale qui porte ? la satisfaction. D'o? une multiplicit? d'agencements familiaux diff?rents. N?anmoins, note-t-elle, ces agencements cherchent aussi leur reconnaissance par la collectivit?, et ce besoin de reconnaissance t?moignerait de la fa?on dont chacun a aussi "besoin du P?re". Je me demandais si cette pluralit? d'inventions de formes familiales ne jouaient pas de la m?me fa?on que les mod?lisations, invitant tant?t la th?orie ? se renouveler apr?s-coup , la contredisant parfois, la confirmant dans d'autres occasions, et lui faisant finalement jouer un r?le de r?gulateur, propre ? notre post-modernit?, plut?t qu'un r?le d'universel fixe et surplombant la clinique. Je sens combien ce rapprochement est rapide, et pourtant, cette ?mission m'a sembl? tellement en prise avec la r?alit?, qu'il m'a ?t? indispensable de m'y arr?ter.
(2)http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/ sciences_conscience/fiche.php?diffusion_id=45564 (1)http://www.causefreudienne.net/archives/ lettremensuelle_article.php?Arch_ID=85
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Amiti?, Jacques Ponzio le site du GRP www.legrp.org le site fran?ais de Thelonious Monk http://www.sojazz.org/monk/
merci, je suis preneur pour ces MP3 m?me si je ne sais pas tellement les r?cup?rer sur le serveur ! Bien cordialement Jean-francois Doucet
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- merci catherine je vais faire un envoi en mp3 d'ici peu sur lutecium jp Le 22 sept. 06, ? 13:34, Catherine Grandjean a ?crit :
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Il y a eu hier apr?s-midi, sur France Culture, une ?mission, "Sciences et conscience" (1), sur l'?pist?mologie des sciences, tout ? fait ?tonnante (j'en ai fait une transcription ?crite que je peux envoyer ? qui serait int?ress?). Y ?tait interrog? le statut de la th?orie en regard de ce que l'invit?, Anne-Fran?oise Schmid, appelait les mod?lisations. Pour faire court, disons que, pour r?soudre un probl?me, les sciences empruntent de plus en plus les unes aux autres (par exemple, pour d?crire une plante, on fera appel ? la g?n?tique, ? l'embryologie, ? la morphologie), cr?ant pas l? m?me des "mod?les", et que ceux-ci ne co?ncident pas n?cessairement avec la th?orie. C'est donc, pour les sciences, une crise pour d?finir ce que sont les crit?res de scientificit? si l'ad?quation entre mod?les et th?orie n'y suffit plus. A titre d'exemple : on a en m?canique des fluides des mod?les qui fonctionnent et l'on n'a pas de th?orie compl?te leur correspondant. Parfois m?me, comme en biologie, les mod?lisations viennent contredire la th?orie. Parfois encore, les mod?lisations sont ? l'origine de th?ories nouvelles. Les mod?lisations ont permis une lib?ration extraordinaire des disciplines scientifiques. Ces mod?lisations concernent non seulement les emprunts des sciences entre elles, mais aussi des sciences et du social, de l'?conomie, de l'?thique, etc... Cependant, le crit?re classique de scientificit? disant qu'un mod?le est une application d'une th?orie, via une math?matisation sur un domaine d'objet donn?, peut encore fonctionner mais n'est pas le seul crit?re ? l'oeuvre dans les sciences. Tout peut aussi partir du mod?le, et non plus de la th?orie. Celle-ci garde n?anmoins son r?le d'explicateur, fut-ce apr?s coup. Mais elle y gagne un nouveau r?le, qui est celui de r?gulateur, au milieu de toutes ces sciences, et des mod?lisations qui empruntent les unes aux autres. Ce r?le de r?gulateur qui est celui de la th?orie se substitue ? son r?le classique qui ?tait de surplomber la physique exp?rimentale du temps o? tout pouvait se rapporter ? la th?orie m?canique. La th?orie ?tait alors le ma?tre, et le mod?le devait s'y conformer.
Je suis encore sous le coup de ce que m'a fait d?couvrir cette ?mission et je me demande, sans parvenir pour l'heur ? distiller un peu mon questionnement, si cela peut concerner les multiples approches de la psychanalyse et leur rapport ? la clinique, et s'il y aurait autre chose qu'une simple analogie entre ces mod?lisations dans le champ de la science et la fa?on dont la psychanalyse ?labore ces th?ories, ? partir de cas donn?s, ? partir ?galement du social, de l'?conomie, de l'?thique, de ce que chaque analysant en fait dans les solutions singuli?res qu'il ?labore, et dans ce qui en retourne ensuite vers la th?orie psychanalytique. Voil? pour le questionnement g?n?ral. Pour tenter de resserrer ce questionnement, je suis all?e relire un texte de Dominique Miller, intitul? "A chacun sa formule" (2), dans lequel elle interroge comment, "? l'?poque de la supr?matie du bien-?tre et de la prolif?ration des jouissances", le r?le de famille "pacifiante des pulsions" s'est trouv? inad?quat et comment chacun cherche d?sormais une solution familiale qui porte ? la satisfaction. D'o? une multiplicit? d'agencements familiaux diff?rents. N?anmoins, note-t-elle, ces agencements cherchent aussi leur reconnaissance par la collectivit?, et ce besoin de reconnaissance t?moignerait de la fa?on dont chacun a aussi "besoin du P?re". Je me demandais si cette pluralit? d'inventions de formes familiales ne jouaient pas de la m?me fa?on que les mod?lisations, invitant tant?t la th?orie ? se renouveler apr?s-coup , la contredisant parfois, la confirmant dans d'autres occasions, et lui faisant finalement jouer un r?le de r?gulateur, propre ? notre post-modernit?, plut?t qu'un r?le d'universel fixe et surplombant la clinique. Je sens combien ce rapprochement est rapide, et pourtant, cette ?mission m'a sembl? tellement en prise avec la r?alit?, qu'il m'a ?t? indispensable de m'y arr?ter.
(2)http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/ sciences_conscience/fiche.php?diffusion_id=45564 (1)http://www.causefreudienne.net/archives/ lettremensuelle_article.php?Arch_ID=85
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le site du GRP www.legrp.org le site fran?ais de Thelonious Monk http://www.sojazz.org/monk/
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-- Jean-francois Doucet Novus corpus : http://www.jf-doucet.com/ Web site : http://www.jf-doucet.com/approche/ Webgroup :http://fr.groups.yahoo.com/group/ideasy/ Weblog : http://www.20six.fr/Pensees-fugitives
Pendant que je t?l?charge le MP3 de votre ?mission je commente la derni?re partie de votre texte. Vous ?crivez : "Je me demandais si cette pluralit? d'inventions de formes familiales ne jouaient pas de la m?me fa?on que les mod?lisations, invitant tant?t la th?orie ? se renouveler apr?s-coup , la contredisant parfois, la confirmant dans d'autres occasions, et lui faisant finalement jouer un r?le de r?gulateur, propre ? notre post-modernit?, plut?t qu'un r?le d'universel fixe et surplombant la clinique. " et la densit? de votre texte me laisse perplexe. Peut-?tre d' autant plus que r?cemment, je trouvais une explication ? cet ?clatement de la famille en des formes diverses et vari?es. Je me trouvais une explication pour moi m?me qui ne fait pas appel ? une vis?e psychanalytique mais simplement ? des questions ?conomiques. La famille traditionnelle disons patriarcale avait une ?conomie bien ? elle : il y avait un homme disons de la bourgeoisie, sa femme et ses enfants vivant dans une unit? appel?e famillle. Cet agencement de la famille, pour perdurer obligeait ? quelques arrangements : le service d' abord avec les amours ancillaires faisant le r?gal de la litt?rature, les femmes, ?pouse et domestiques plus ou moins confin?es ? la maison etc : je ne vous fais pas la description de la famille patriarcale. Maintenant, si l ' on accorde ? chacun ses droits en vertu d' un certain principe d'?galit? devant la loi, la famille telle que je l esquissais s'?croule plus vite qu' un jeu de carte ou qu un chateau en Espagne ! Et cette famille s'?croulant les id?aux et croyance autour de cet agencement s'?croulent d'eux m?mes. Le nid douillet que pouvait incarner la famille devient une organisation humaine ou chacun r?clame son d? autrefois pass? au compte " pertes et profits " ou bien chichement reconnu sous forme de " bons et loyaux services " Alors je ne suis pas loin de penser que cet ?croulement ?clatement de la famille patriarcale a son parall?le dans la d?su?tude dans laquelle tombent les corpus scientifiques monolithiques ( peut-?tre d?sign?s sous le terme de " pens?e unique ) A la Loi trop exigente jusques et y compris en monnaie tr?buchante et sonnante pour maintenir la famille, on substitue un ensemble de r?gles bien commodes pour vivre ensemble. A l' universalit? d' un mod?le scientifique ( et la psychanalyse comme mod?le concu par S. Freud en est un exemple ) on substitue un bricolage de mod?les sans autres port?e que la gestion de connaissances ?ph?m?res. La physique que vous citez en est ?galement un exemple: combien de mod?les voient le jour pour presque aussit?t se voir supplant? de telle sorte que l on puisse parler d'une poubellication des mod?les scientifiques comme on parle de la poubellication des livres : ? la vie ind?finie ou tout au moins visant l'?ternit? des livres de l' entre-deux guerre, l' apr?s guerre a substitu? des livres ? dur?e de vie de l' ordre du mois. Avec Internet, plus de livres du tout puisque les dialogues se font en temps r?el alors que l'ecrivain disait P. Ricoeur, fait oeuvre posthume puisque son lecteur ne lui r?pond pas. Tandis que maintenant, question aussi de ressources et de techniques, les r?ponses aux questions s' envoie par retour de courriel Votre MP3 est maintenant t?l?charg? : je vais ?couter l'?mission et vous en remercie Bien cordialement Jean-francois Doucet
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- merci catherine je vais faire un envoi en mp3 d'ici peu sur lutecium jp Le 22 sept. 06, ? 13:34, Catherine Grandjean a ?crit :
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Il y a eu hier apr?s-midi, sur France Culture, une ?mission, "Sciences et conscience" (1), sur l'?pist?mologie des sciences, tout ? fait ?tonnante (j'en ai fait une transcription ?crite que je peux envoyer ? qui serait int?ress?). Y ?tait interrog? le statut de la th?orie en regard de ce que l'invit?, Anne-Fran?oise Schmid, appelait les mod?lisations. Pour faire court, disons que, pour r?soudre un probl?me, les sciences empruntent de plus en plus les unes aux autres (par exemple, pour d?crire une plante, on fera appel ? la g?n?tique, ? l'embryologie, ? la morphologie), cr?ant pas l? m?me des "mod?les", et que ceux-ci ne co?ncident pas n?cessairement avec la th?orie. C'est donc, pour les sciences, une crise pour d?finir ce que sont les crit?res de scientificit? si l'ad?quation entre mod?les et th?orie n'y suffit plus. A titre d'exemple : on a en m?canique des fluides des mod?les qui fonctionnent et l'on n'a pas de th?orie compl?te leur correspondant. Parfois m?me, comme en biologie, les mod?lisations viennent contredire la th?orie. Parfois encore, les mod?lisations sont ? l'origine de th?ories nouvelles. Les mod?lisations ont permis une lib?ration extraordinaire des disciplines scientifiques. Ces mod?lisations concernent non seulement les emprunts des sciences entre elles, mais aussi des sciences et du social, de l'?conomie, de l'?thique, etc... Cependant, le crit?re classique de scientificit? disant qu'un mod?le est une application d'une th?orie, via une math?matisation sur un domaine d'objet donn?, peut encore fonctionner mais n'est pas le seul crit?re ? l'oeuvre dans les sciences. Tout peut aussi partir du mod?le, et non plus de la th?orie. Celle-ci garde n?anmoins son r?le d'explicateur, fut-ce apr?s coup. Mais elle y gagne un nouveau r?le, qui est celui de r?gulateur, au milieu de toutes ces sciences, et des mod?lisations qui empruntent les unes aux autres. Ce r?le de r?gulateur qui est celui de la th?orie se substitue ? son r?le classique qui ?tait de surplomber la physique exp?rimentale du temps o? tout pouvait se rapporter ? la th?orie m?canique. La th?orie ?tait alors le ma?tre, et le mod?le devait s'y conformer.
Je suis encore sous le coup de ce que m'a fait d?couvrir cette ?mission et je me demande, sans parvenir pour l'heur ? distiller un peu mon questionnement, si cela peut concerner les multiples approches de la psychanalyse et leur rapport ? la clinique, et s'il y aurait autre chose qu'une simple analogie entre ces mod?lisations dans le champ de la science et la fa?on dont la psychanalyse ?labore ces th?ories, ? partir de cas donn?s, ? partir ?galement du social, de l'?conomie, de l'?thique, de ce que chaque analysant en fait dans les solutions singuli?res qu'il ?labore, et dans ce qui en retourne ensuite vers la th?orie psychanalytique. Voil? pour le questionnement g?n?ral. Pour tenter de resserrer ce questionnement, je suis all?e relire un texte de Dominique Miller, intitul? "A chacun sa formule" (2), dans lequel elle interroge comment, "? l'?poque de la supr?matie du bien-?tre et de la prolif?ration des jouissances", le r?le de famille "pacifiante des pulsions" s'est trouv? inad?quat et comment chacun cherche d?sormais une solution familiale qui porte ? la satisfaction. D'o? une multiplicit? d'agencements familiaux diff?rents. N?anmoins, note-t-elle, ces agencements cherchent aussi leur reconnaissance par la collectivit?, et ce besoin de reconnaissance t?moignerait de la fa?on dont chacun a aussi "besoin du P?re". Je me demandais si cette pluralit? d'inventions de formes familiales ne jouaient pas de la m?me fa?on que les mod?lisations, invitant tant?t la th?orie ? se renouveler apr?s-coup , la contredisant parfois, la confirmant dans d'autres occasions, et lui faisant finalement jouer un r?le de r?gulateur, propre ? notre post-modernit?, plut?t qu'un r?le d'universel fixe et surplombant la clinique. Je sens combien ce rapprochement est rapide, et pourtant, cette ?mission m'a sembl? tellement en prise avec la r?alit?, qu'il m'a ?t? indispensable de m'y arr?ter.
(2)http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/ sciences_conscience/fiche.php?diffusion_id=45564 (1)http://www.causefreudienne.net/archives/ lettremensuelle_article.php?Arch_ID=85
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Amiti?, Jacques Ponzio
le site du GRP www.legrp.org le site fran?ais de Thelonious Monk http://www.sojazz.org/monk/
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-- Jean-francois Doucet Novus corpus : http://www.jf-doucet.com/ Web site : http://www.jf-doucet.com/approche/ Webgroup :http://fr.groups.yahoo.com/group/ideasy/ Weblog : http://www.20six.fr/Pensees-fugitives
Le collage ? l?am?re humanit? Suite ? la tuerie du Coll?ge Dawson, nous avons pu ?tre inform?s dans le d?tail de la personnalit? du tueur gr?ce ? son site Internet. Nous avons pu apprendre, par exemple, que, pour lui, l?humanit? ?tait un objet de haine et qu?il souhaitait donc mourir en tuant le plus de monde possible. On aurait pu ais?ment le deviner. Il s?agissait pour lui de tuer un maximum de personnes et de mourir en m?me temps. C?est de cette fa?on que les choses se pr?sentent de fa?on massive. Pour comprendre un comportement si atypique auquel nous sommes pourtant familiers depuis un certain temps, dans les m?dias ? travers d?innombrables attentats suicides que l?on rencontre en Irak, au Sri Lanka, en Afghanistan ou en Palestine, il serait peut-?tre temps de comprendre les motifs profonds d?un tel comportement, mais aussi de publiciser ces motifs, de les rendre accessibles ? un maximum de gens dans la mesure o?, malgr? la fr?quence de tels ph?nom?nes, il y a peu de gens qui se pr?occupent v?ritablement de les comprendre. On se contente le plus souvent d?imputer le geste ? l?id?ologie (le plus souvent islamique) que professe le kamikaze. Alors que les id?ologies sont tr?s diverses et il est tr?s surprenant qu?elles aboutissent au m?me r?sultat. Pour le tueur du Coll?ge Dawson, l?humanit? ?tait comme un ut?rus auquel il ?tait oblig? d?appartenir, c?est-?-dire que son appartenance ? l?humanit? avait un caract?re obligatoire et non choisi, qui, ? la limite, pouvait ?tre paralysant du fait m?me qu?il ne comportait pas de marge de libert?. Les raisons pour lesquelles l?appartenance ? l?humanit? peut avoir un caract?re aussi contraignant vont demeurer en partie myst?rieuses et rel?vent de l?histoire du personnage. Ce qu?il dit ? ce sujet, c?est que d?abord il se sent prisonnier. Cela fait plusieurs mois qu?il se sent prisonnier. De plus, il se sent surveill?. Il dit savoir ?tre surveill?, et depuis plusieurs ann?es; six ou sept ans, dit-il. On peut supposer qu?il se sent prisonnier d?une cage de verre dans laquelle il n?a absolument plus aucune intimit? et o? bien-s?r il n?a droit ? aucune libert?. On peut d?s lors supposer que, pour lui, l?humanit?, c?est-?-dire le fait d??tre vivant et d?appartenir ? cet ensemble de gens vivants, est une contrainte; une contrainte qui ne lui laisse aucune marge de mouvement. C?est comme s?il ?tait coll? du fait qu?il ?tait vivant, coll? a l?humanit? et sans aucune marge de manoeuvre. Le seul moyen pour lui de briser cette contrainte, de sortir de cette humanit?, est de choisir de mourir. Le probl?me, cependant, est que l?immobilit? dans laquelle il se trouve coinc? est d?j? un semblant de mort. Une mort d?une qualit? particuli?re, une mort par ?touffement, par immobilisme, par endormissement, en quelque sorte. Cette mort implique de demeurer au sein de l?humanit? et de se faire en quelque sorte phagocyter par elle. Cette mort ne lui convient donc pas, puisqu?elle est contrainte et non choisie. Il lui faut choisir une mort qui, au contraire, lui assure une certaine marge de libert?, lui assure d??tre d?chir?, d??tre coup?, de cette humanit? d?vorante. Il lui faut donc, d?une part, choisir sa mort et non pas, laisser l?humanit? la choisir pour lui. Il faut en outre que cette mort soit l?expression de sa libert?, c?est-?-dire de sa capacit? de prendre des risques, de sa capacit? de se mouvoir, de sa capacit? d?affronter l?incertitude. La mort doit ?tre aussi une mise ? distance par rapport ? l?humanit?, une sorte de d?chirure entre lui et l?humanit?. Il faut donc une mort qui soit un choix libre, fruit de sa volont? et qui, en m?me temps, le d?chire, le s?pare pour toujours du reste de l?humanit?. Il faut comme une feuille qui se d?chire, tuer tous les liens, tous les points de contact qu?il pourrait y avoir entre lui et cette humanit?. Or, il se trouve que les points de contact entre lui et cette humanit? ne sont nul autre que lui-m?me et l?ensemble des gens qui sont accessibles ? son regard et ? ses sens. Une fois que lui-m?me et ces gens ont ?t? d?truits, il sera d?sormais s?r que plus aucun contact ne subsistera, aucun collage ne subsistera entre lui et cette humanit?. Kimveer Gill a en somme choisi la libert? dans la mort parce qu?il se sentait prisonnier dans une cage de verre asphyxiante et lentement mortelle au sein de la vie, au sein de l?humanit?. Cette situation, dans laquelle quelqu?un finit par ?tre coll? ? une image maternelle sans pouvoir r?ussir ? s?en d?tacher, est due ? une absence d?image paternelle qui puisse mettre des limites, mettre des distances, entre lui et ce vaste ut?rus que devient d?s lors l?humanit?. La fr?quence relative de ce type de comportement au Qu?bec m?rite de retenir notre attention. Nous avons ?t? t?moins d??v?nements comparables ? l??cole Polytechnique, ? Concordia, ? Dawson, au Parlement, sans pouvoir arriver ? expliquer la fr?quence de ces ph?nom?nes. Actuellement cette constatation fait l?objet d?une vaste pol?mique dans laquelle se sont impliqu?s les premiers ministres du Qu?bec et du Canada. Il n?est nullement dans mon intention de contribuer ? cette pol?mique; mais plut?t d?apporter un ?clairage qui rende utile ce questionnement. Il a ?t? not? que dans trois cas sur quatre, les tueurs ?taient des immigrants, m?me si certains d?entre eux ont ?t? natifs du Qu?bec. Marc L?pine ?tait le fils d?un Alg?rien, Valeri Fabrikant ?tait roumain, Kimveer Gill ?tait d?origine Sikh. On peut supposer ici que les raisons de cet ?trange ph?nom?ne viendraient de ce que certains immigrants seraient ? la recherche d?une sorte d?hospitalit? psychologique au Qu?bec, c?est-?-dire d?une figure paternelle qu?b?coise solide sur laquelle ils pourraient ?ventuellement s?appuyer pour pouvoir continuer leur route, en somme. On peut supposer, qu?au Qu?bec plus particuli?rement, cette figure paternelle est relativement d?faillante dans la mesure o?, depuis la R?volution tranquille, l??thique qu?b?coise s?en va du c?t? d?un consum?risme nationaliste dans lequel les valeurs fondamentales sont l?adh?rence ? la production et ? la consommation de produits, et la figure paternelle est de type pragmatique, utilitaire, qui a sans cesse ? justifier son utilit?, sans aucun lien, surtout pas, d?aucune sorte, avec le divin. Une figure paternelle au fond extr?mement prosa?que qui ne peut en aucun cas avoir une envergure id?alis?e qui puisse s?duire et s?curiser les nouveaux venus. Bien s?r, les Qu?b?cois de souche, m?me s?ils sont priv?s de cette figure masculine id?alis?e, ont toujours la ressource de se r?fugier dans une vie communautaire la?cis?e dans le cadre des institutions ?tatiques ou autres de la soci?t? qu?b?coise. Pour les Qu?b?cois de souche, ces institutions la?cis?es de l??tat qu?b?cois, sans qu?ils en aient conscience, ont une composante fortement communautaire. L?absence de cette figure masculine id?alis?e a certes pour cons?quence chez eux une faiblesse dans le dynamisme des gar?ons et des jeunes m?les qu?b?cois, mais ceux-ci parviennent ? compenser cette faiblesse en ?tant convenablement entour?s au niveau familial et communautaire. Ce qui, en revanche, n?est pas le cas pour les immigrants, qu?ils soient de premi?re ou de deuxi?me g?n?ration. Ceux-ci ne rencontrent pas de figure paternelle id?alis?e au Qu?bec et, par ailleurs, n?ont pas la ressource communautaire que peuvent avoir les Qu?b?cois de souche. Le recours aux institutions de l??tat qu?b?cois suscitant toujours pour eux un certain malaise dans la mesure o? ils profitent de quelque chose qu?ils n?ont peut-?tre pas contribu? ? construire. L??tat qu?b?cois a une tr?s forte dimension maternelle du fait qu?il s?occupe de sant?, d??ducation et de garderie. Certes, ils ont toujours le loisir de se r?fugier dans leur paroisse, mais cette paroisse est souvent surann?e et inadapt?e au contexte qu?b?cois. Tr?s souvent ils finissent par la renier, tellement elle a peu de prise sur la r?alit? ?conomique et politique. Donc, ils sont d?favoris?s par rapport aux jeunes Qu?b?cois qui, d?j?, le sont eux-m?mes. Les jeunes immigrants ont donc un double handicap : celui de ne pas trouver ici de p?re id?alis? de substitution et de ne pas, de surcro?t, avoir de m?re communautaire efficiente et ins?r?e dans la dynamique sociale. C?est ?a qui rend leur ?quilibre psychologique plut?t pr?caire et qui les laisse d?munis et incapables de solliciter face ? la soci?t? qu?b?coise les souvenirs de leur pass? et de leur culture. Ils n?ont plus la force de les mettre en mots ou d?en faire quelque chose qui puisse stimuler leur ?motivit?. Apr?s la dimension paternelle c?est la dimension maternelle qui finit par dispara?tre. Ils finissent pas coller ? la jungle ?conomique de la soci?t? qu?b?coise, par coller comme ce Kimveer ? l?humanit? qui les entoure, mais en ayant perdu les ressources que leur offre leur vie communautaire. Ce qui compte d?sormais pour eux, c?est la performance, le travail, le succ?s d?mesur? et l?-dedans, les relations humaines sont comme perdues et discr?dit?es. Ils tombent dans l?am?re humanit? mais sans le contrepoids humanisant que peut offrir le milieu communautaire perdu et reni?. Kimveer Gill avait besoin de se soustraire de ce collage ? l?humanit?, il avait besoin de ne pas mourir dans sa cage de verre d?inanition et d?immobilit?. Il avait besoin de retrouver sa libert?, son courage face ? la mort. Il avait besoin que sa mort ne soit pas un ?touffement progressif et discret. Il avait besoin de montrer aux yeux de cette humanit? son courage et sa t?m?rit? devant la mort et son pari fondamental qui est de pr?f?rer ? tout, la libert? que peut lui procurer la mort. Autre fait int?ressant qui vient contribuer au surgissement de tels actes : la comm?moration extr?mement ?motive et politiquement amplifi?e des ?v?nements du 11 septembre. Certaines personnes plus sensibles pourraient penser suite ? ces comm?morations que des ?v?nements de cette sorte sont r?clam?s par le public pour susciter son ?motion et, de l? ? r?aliser un acte comparable pour satisfaire le public, il n?y a qu?un pas. Il n?est donc pas ?tonnant que l??v?nement ait eu lieu deux jours apr?s la comm?moration des ?v?nements du 11 septembre. Je crois que ce qu?il faut retenir de tout ?a c?est l?absence d?image paternelle id?alis?e qui vienne rassurer et stimuler l?inventivit?. Le probl?me avec cette absence c?est qu?elle ne se fait sentir qu?en n?gatif. Lorsque l?ins?curit? s?installe, lorsque le repli communautaire se met ? pr?valoir, c?est l? seulement qu?on peut d?duire son absence. Aucun roi n?a ?t? d?capit? sous nos yeux pour nous rendre le fait palpable. ? cette premi?re carence qui provoque elle-m?me une sensation de danger, il faut ajouter le reniement du milieu maternel communautaire qui aurait pourtant pu servir de refuge protecteur. D?o? ce sentiment de transparence et de fragilit? extr?me. Il y a une autre dimension qui m?rite d??tre soulign?e, surtout apr?s la diffusion, sur son site aussi bien que dans la plupart des media, de la photo de Kimveer brandissant un poignard si mena?ant. La r?f?rence au Kirpan est assez ?vidente et on pourrait ?tre tent? de lire dans le geste de Kimveer un message adress? ? tous ceux qui ne supportaient pas la vue du Kirpan ? l??cole. Ce conflit a d? jouer pour une part dans son geste mais pour en dire plus il faudrait en savoir plus sur la fa?on dont il a v?cu le long conflit sur le kirpan et si durant cette p?riode il n?aurait pas d?cid? de renier son milieu communautaire, quitte ? se promettre de se venger ult?rieurement de cette mutilation. Karim Jbeili Psychanalyste www.calame.ca
Merci de votre email que j'ouvre, bien s?r, avec grand int?r?t puisque dans la liste des interventions, vos emails sous le nom de Grandjean ont d?j? emport? mon adh?sion. Vous demandez : (j'en ai fait une transcription ?crite que je peux envoyer ? qui serait int?ress?). eh bien, je suis int?ress? dans la mesure o? j' ai fait moi-m?me un mod?le sur le processus cr?atif qui s' expose sur mon site ( en construction ) http://www.jf-doucet.com/approche/Processus/Createur/Model_OMM/Model_OMM.htm et ? partir duquel j' essaie de dialoguer, justement sur le m?me processus mod?lis?s dans un espace de dialogue " Novus corpus " http://www.jf-doucet.com/ r?serv? aux artistes, inventeurs et savants (je m' essaie au feminin : artistes, inventeuses ou inventrices et savantes ?) Ensuite vous ?crivez : Pour faire court, disons que, pour r?soudre un probl?me, les sciences empruntent de plus en plus les unes aux autres (par exemple, pour d?crire une plante, on fera appel ? la g?n?tique, ? l'embryologie, ? la morphologie), cr?ant pas l? m?me des "mod?les", et que ceux-ci ne co?ncident pas n?cessairement avec la th?orie. L?, lorsque je lis votre texte, j'?prouve un besoin de clarification. Les Sciences empruntent de plus en plus les unes aux autres : oui et non ! Pour ce que j' en connais, les disciplines scientifiques sont ?tablies en corpus assez incompatibles entre elles et s'il y a "multidisciplinarit? " c' est que, ? mon avis, le d?veloppement scientifique a ?t? tel que les vues des savants ?taient bien trop partielles. Fini le temps o? quelqu'un pouvait embrasser les connaissances de son ?poque. Mais le besoin de vue globale ( par exemple pour les plantes ) se fait sentir aujourd hui comme hier : alors, on r?unit de nos jours les ?quipes pluridisciplinaires sur un objet donn? et on en donne une approche morcel?e dans l' espoir qu' en r?unissant le tout, on puisse atteindre ? une connaissance globale. Ce ph?nom?ne se trouve ?galement dans le domaine religieux o? les fid?les, d?sertant les ?glises o? le corpus de connaissances ou de croyances ?tait monolithique, se retrouvent ? grapiller deci del? des bribes de v?rit?s pour se bricoler une conviction synchr?tique dite " de super march? " puisqu' en qu?te de nourriture spirituelle, le fid?le comme le consommateur passe dans les rayons s'approvisionner en aliments de plus en plus diversifi?s. D'o? cette impression de manque de rep?res. Le m?me ph?nom?ne ? mon avis se retrouve en art, o? l'on assiste depuis le d?but du XXi?me si?cle ? un ?clatement des formes d' expressions traditionnelles. Quant ? appeler mod?le, ce bric-?-brac, justement le manque d' unit? dans les connaissances de toutes sortes se fait cruellement sentir. Maintenant, le mod?le dont vous parlez au sujet des plantes ?tudi?es de bien des points de vues traduit peut-?tre tout simplement l' impossibilit? de d?crire des objets totalement ( ? supposer qu' on puisse parler de description objective ) Maintenant, je n' arrive pas tellement ? saisir l' opposition que vous faite entre th?orie et mod?le, peut-?tre trop marqu? par la distinction platonicienne entre l' id?e d' un objet, celui qui le fait, et l'objet lui-m?me. Peut-?tre aussi suis-je trop convaincu de la relation n?cessaire entre th?orie et mod?le. La th?orie est n?cessairement b?tie ? partir d' observations qui concourent ? pouvoir ?noncer des "v?rit?s " consign?es dans un mod?le qui, s' il se veut scientifique, doit pouvoir ?tre ind?pendant de l' observateur et de la situation d' observation. (Il doit ?galement ?tre r?futable, mais c' est une autre question ). Il y a donc ?cart entre th?orie ( une id?e que l on se fait d' un objet ) et mod?le, c' est ? dire l' ensemble de ses caract?ristiques et de son " fonctionnement ". C' est d' ailleurs la raison pour laquelle on change de mod?le lorsque cette ad?quation n' est plus suffisante. L' exemple le plus probant est la th?orie de la terre au centre de l' Univers et le mod?le de rotation des plan?tes avant N. Copernic. Lorsque quelque chose a commenc? ? "clocher", que le mod?le ne pouvait plus rendre compte de l'id?e th?orique de la terre, que l' on a du renoncer au mod?le en lancant une autre th?orie, celle de l' heliocentrisme. En ?crivant cela, je me demande si je comprends bien ce que vous voulez dire en confondant le sens que j'attribue aux termes " Th?ories " et " mod?les " avec le sens que vous donnez ? ces mots. Eh oui, attach? au sens transmis , je suis tributaire des mots des miens comme des votres ! Quoiqu'il en soit, j' ai bien aim? votre intervention pr?lude ? d' autres ?changes ? la seule condition que les mots que nous utilisons pour correspondre ait un sens sinon identique du moins voisin Bien cordialement Jean-francois Doucet
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Il y a eu hier apr?s-midi, sur France Culture, une ?mission, "Sciences et conscience" (1), sur l'?pist?mologie des sciences, tout ? fait ?tonnante (j'en ai fait une transcription ?crite que je peux envoyer ? qui serait int?ress?). Y ?tait interrog? le statut de la th?orie en regard de ce que l'invit?, Anne-Fran?oise Schmid, appelait les mod?lisations. Pour faire court, disons que, pour r?soudre un probl?me, les sciences empruntent de plus en plus les unes aux autres (par exemple, pour d?crire une plante, on fera appel ? la g?n?tique, ? l'embryologie, ? la morphologie), cr?ant pas l? m?me des "mod?les", et que ceux-ci ne co?ncident pas n?cessairement avec la th?orie. C'est donc, pour les sciences, une crise pour d?finir ce que sont les crit?res de scientificit? si l'ad?quation entre mod?les et th?orie n'y suffit plus. A titre d'exemple : on a en m?canique des fluides des mod?les qui fonctionnent et l'on n'a pas de th?orie compl?te leur correspondant. Parfois m?me, comme en biologie, les mod?lisations viennent contredire la th?orie. Parfois encore, les mod?lisations sont ? l'origine de th?ories nouvelles. Les mod?lisations ont permis une lib?ration extraordinaire des disciplines scientifiques. Ces mod?lisations concernent non seulement les emprunts des sciences entre elles, mais aussi des sciences et du social, de l'?conomie, de l'?thique, etc... Cependant, le crit?re classique de scientificit? disant qu'un mod?le est une application d'une th?orie, via une math?matisation sur un domaine d'objet donn?, peut encore fonctionner mais n'est pas le seul crit?re ? l'oeuvre dans les sciences. Tout peut aussi partir du mod?le, et non plus de la th?orie. Celle-ci garde n?anmoins son r?le d'explicateur, fut-ce apr?s coup. Mais elle y gagne un nouveau r?le, qui est celui de r?gulateur, au milieu de toutes ces sciences, et des mod?lisations qui empruntent les unes aux autres. Ce r?le de r?gulateur qui est celui de la th?orie se substitue ? son r?le classique qui ?tait de surplomber la physique exp?rimentale du temps o? tout pouvait se rapporter ? la th?orie m?canique. La th?orie ?tait alors le ma?tre, et le mod?le devait s'y conformer.
Je suis encore sous le coup de ce que m'a fait d?couvrir cette ?mission et je me demande, sans parvenir pour l'heur ? distiller un peu mon questionnement, si cela peut concerner les multiples approches de la psychanalyse et leur rapport ? la clinique, et s'il y aurait autre chose qu'une simple analogie entre ces mod?lisations dans le champ de la science et la fa?on dont la psychanalyse ?labore ces th?ories, ? partir de cas donn?s, ? partir ?galement du social, de l'?conomie, de l'?thique, de ce que chaque analysant en fait dans les solutions singuli?res qu'il ?labore, et dans ce qui en retourne ensuite vers la th?orie psychanalytique. Voil? pour le questionnement g?n?ral. Pour tenter de resserrer ce questionnement, je suis all?e relire un texte de Dominique Miller, intitul? "A chacun sa formule" (2), dans lequel elle interroge comment, "? l'?poque de la supr?matie du bien-?tre et de la prolif?ration des jouissances", le r?le de famille "pacifiante des pulsions" s'est trouv? inad?quat et comment chacun cherche d?sormais une solution familiale qui porte ? la satisfaction. D'o? une multiplicit? d'agencements familiaux diff?rents. N?anmoins, note-t-elle, ces agencements cherchent aussi leur reconnaissance par la collectivit?, et ce besoin de reconnaissance t?moignerait de la fa?on dont chacun a aussi "besoin du P?re". Je me demandais si cette pluralit? d'inventions de formes familiales ne jouaient pas de la m?me fa?on que les mod?lisations, invitant tant?t la th?orie ? se renouveler apr?s-coup , la contredisant parfois, la confirmant dans d'autres occasions, et lui faisant finalement jouer un r?le de r?gulateur, propre ? notre post-modernit?, plut?t qu'un r?le d'universel fixe et surplombant la clinique. Je sens combien ce rapprochement est rapide, et pourtant, cette ?mission m'a sembl? tellement en prise avec la r?alit?, qu'il m'a ?t? indispensable de m'y arr?ter.
(2)http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/sciences_conscie... (1)http://www.causefreudienne.net/archives/lettremensuelle_article.php?Arch_ID=...
-- Catherine _______________________________________________ A question? click Help-Me at lutecium.org Lutecium-group mailing list Lutecium-group at lutecium.org http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group
-- Jean-francois Doucet Novus corpus : http://www.jf-doucet.com/ Web site : http://www.jf-doucet.com/approche/ Webgroup :http://fr.groups.yahoo.com/group/ideasy/ Weblog : http://www.20six.fr/Pensees-fugitives
Jean-Fran?ois, Je pensais bien ? vous aussi avec ce th?me et j'ai m?me pens? vous ?crire. Je ne savais pas que vous ?tiez inscrit sur Lut?cium ou je ne m'en souvenais plus. Vous pouvez ?couter l'?mission sur le site de France culture : http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/sciences_conscie nce/fiche.php?diffusion_id=45564 C'est passionnant. Je vous envoie la transcription ?crite en fichier joint. Ce n'est pas du mot ? mot mais l'essentiel y est. Amicalement, Catherine ----- Original Message ----- From: "Jean-francois Doucet" <jeanfd at ulrik.uio.no> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Friday, September 22, 2006 2:54 PM Subject: Re: [Lutecium-group] Mod?lisations et psychanalyses lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Merci de votre email que j'ouvre, bien s?r, avec grand int?r?t puisque dans la liste des interventions, vos emails sous le nom de Grandjean ont d?j? emport? mon adh?sion. Vous demandez : (j'en ai fait une transcription ?crite que je peux envoyer ? qui serait int?ress?). eh bien, je suis int?ress? dans la mesure o? j' ai fait moi-m?me un mod?le sur le processus cr?atif qui s' expose sur mon site ( en construction ) http://www.jf-doucet.com/approche/Processus/Createur/Model_OMM/Model_OMM.htm et ? partir duquel j' essaie de dialoguer, justement sur le m?me processus mod?lis?s dans un espace de dialogue " Novus corpus " http://www.jf-doucet.com/ r?serv? aux artistes, inventeurs et savants (je m' essaie au feminin : artistes, inventeuses ou inventrices et savantes ?) Ensuite vous ?crivez : Pour faire court, disons que, pour r?soudre un probl?me, les sciences empruntent de plus en plus les unes aux autres (par exemple, pour d?crire une plante, on fera appel ? la g?n?tique, ? l'embryologie, ? la morphologie), cr?ant pas l? m?me des "mod?les", et que ceux-ci ne co?ncident pas n?cessairement avec la th?orie. L?, lorsque je lis votre texte, j'?prouve un besoin de clarification. Les Sciences empruntent de plus en plus les unes aux autres : oui et non ! Pour ce que j' en connais, les disciplines scientifiques sont ?tablies en corpus assez incompatibles entre elles et s'il y a "multidisciplinarit? " c' est que, ? mon avis, le d?veloppement scientifique a ?t? tel que les vues des savants ?taient bien trop partielles. Fini le temps o? quelqu'un pouvait embrasser les connaissances de son ?poque. Mais le besoin de vue globale ( par exemple pour les plantes ) se fait sentir aujourd hui comme hier : alors, on r?unit de nos jours les ?quipes pluridisciplinaires sur un objet donn? et on en donne une approche morcel?e dans l' espoir qu' en r?unissant le tout, on puisse atteindre ? une connaissance globale. Ce ph?nom?ne se trouve ?galement dans le domaine religieux o? les fid?les, d?sertant les ?glises o? le corpus de connaissances ou de croyances ?tait monolithique, se retrouvent ? grapiller deci del? des bribes de v?rit?s pour se bricoler une conviction synchr?tique dite " de super march? " puisqu' en qu?te de nourriture spirituelle, le fid?le comme le consommateur passe dans les rayons s'approvisionner en aliments de plus en plus diversifi?s. D'o? cette impression de manque de rep?res. Le m?me ph?nom?ne ? mon avis se retrouve en art, o? l'on assiste depuis le d?but du XXi?me si?cle ? un ?clatement des formes d' expressions traditionnelles. Quant ? appeler mod?le, ce bric-?-brac, justement le manque d' unit? dans les connaissances de toutes sortes se fait cruellement sentir. Maintenant, le mod?le dont vous parlez au sujet des plantes ?tudi?es de bien des points de vues traduit peut-?tre tout simplement l' impossibilit? de d?crire des objets totalement ( ? supposer qu' on puisse parler de description objective ) Maintenant, je n' arrive pas tellement ? saisir l' opposition que vous faite entre th?orie et mod?le, peut-?tre trop marqu? par la distinction platonicienne entre l' id?e d' un objet, celui qui le fait, et l'objet lui-m?me. Peut-?tre aussi suis-je trop convaincu de la relation n?cessaire entre th?orie et mod?le. La th?orie est n?cessairement b?tie ? partir d' observations qui concourent ? pouvoir ?noncer des "v?rit?s " consign?es dans un mod?le qui, s' il se veut scientifique, doit pouvoir ?tre ind?pendant de l' observateur et de la situation d' observation. (Il doit ?galement ?tre r?futable, mais c' est une autre question ). Il y a donc ?cart entre th?orie ( une id?e que l on se fait d' un objet ) et mod?le, c' est ? dire l' ensemble de ses caract?ristiques et de son " fonctionnement ". C' est d' ailleurs la raison pour laquelle on change de mod?le lorsque cette ad?quation n' est plus suffisante. L' exemple le plus probant est la th?orie de la terre au centre de l' Univers et le mod?le de rotation des plan?tes avant N. Copernic. Lorsque quelque chose a commenc? ? "clocher", que le mod?le ne pouvait plus rendre compte de l'id?e th?orique de la terre, que l' on a du renoncer au mod?le en lancant une autre th?orie, celle de l' heliocentrisme. En ?crivant cela, je me demande si je comprends bien ce que vous voulez dire en confondant le sens que j'attribue aux termes " Th?ories " et " mod?les " avec le sens que vous donnez ? ces mots. Eh oui, attach? au sens transmis , je suis tributaire des mots des miens comme des votres ! Quoiqu'il en soit, j' ai bien aim? votre intervention pr?lude ? d' autres ?changes ? la seule condition que les mots que nous utilisons pour correspondre ait un sens sinon identique du moins voisin Bien cordialement Jean-francois Doucet
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Il y a eu hier apr?s-midi, sur France Culture, une ?mission, "Sciences et conscience" (1), sur l'?pist?mologie des sciences, tout ? fait ?tonnante (j'en ai fait une transcription ?crite que je peux envoyer ? qui serait int?ress?). Y ?tait interrog? le statut de la th?orie en regard de ce que l'invit?, Anne-Fran?oise Schmid, appelait les mod?lisations. Pour faire court, disons que, pour r?soudre un probl?me, les sciences empruntent de plus en plus les unes aux autres (par exemple, pour d?crire une plante, on fera appel ? la g?n?tique, ? l'embryologie, ? la morphologie), cr?ant pas l? m?me des "mod?les", et que ceux-ci ne co?ncident pas n?cessairement avec la th?orie. C'est donc, pour les sciences, une crise pour d?finir ce que sont les crit?res de scientificit? si l'ad?quation entre mod?les et th?orie n'y suffit plus. A titre d'exemple : on a en m?canique des fluides des mod?les qui fonctionnent et l'on n'a pas de th?orie compl?te leur correspondant. Parfois m?me, comme en biologie, les mod?lisations viennent contredire la th?orie. Parfois encore, les mod?lisations sont ? l'origine de th?ories nouvelles. Les mod?lisations ont permis une lib?ration extraordinaire des disciplines scientifiques. Ces mod?lisations concernent non seulement les emprunts des sciences entre elles, mais aussi des sciences et du social, de l'?conomie, de l'?thique, etc... Cependant, le crit?re classique de scientificit? disant qu'un mod?le est une application d'une th?orie, via une math?matisation sur un domaine d'objet donn?, peut encore fonctionner mais n'est pas le seul crit?re ? l'oeuvre dans les sciences. Tout peut aussi partir du mod?le, et non plus de la th?orie. Celle-ci garde n?anmoins son r?le d'explicateur, fut-ce apr?s coup. Mais elle y gagne un nouveau r?le, qui est celui de r?gulateur, au milieu de toutes ces sciences, et des mod?lisations qui empruntent les unes aux autres. Ce r?le de r?gulateur qui est celui de la th?orie se substitue ? son r?le classique qui ?tait de surplomber la physique exp?rimentale du temps o? tout pouvait se rapporter ? la th?orie m?canique. La th?orie ?tait alors le ma?tre, et le mod?le devait s'y conformer.
Je suis encore sous le coup de ce que m'a fait d?couvrir cette ?mission et je me demande, sans parvenir pour l'heur ? distiller un peu mon questionnement, si cela peut concerner les multiples approches de la psychanalyse et leur rapport ? la clinique, et s'il y aurait autre chose qu'une simple analogie entre ces mod?lisations dans le champ de la science et la fa?on dont la psychanalyse ?labore ces th?ories, ? partir de cas donn?s, ? partir ?galement du social, de l'?conomie, de l'?thique, de ce que chaque analysant en fait dans les solutions singuli?res qu'il ?labore, et dans ce qui en retourne ensuite vers la th?orie psychanalytique. Voil? pour le questionnement g?n?ral. Pour tenter de resserrer ce questionnement, je suis all?e relire un texte de Dominique Miller, intitul? "A chacun sa formule" (2), dans lequel elle interroge comment, "? l'?poque de la supr?matie du bien-?tre et de la prolif?ration des jouissances", le r?le de famille "pacifiante des pulsions" s'est trouv? inad?quat et comment chacun cherche d?sormais une solution familiale qui porte ? la satisfaction. D'o? une multiplicit? d'agencements familiaux diff?rents. N?anmoins, note-t-elle, ces agencements cherchent aussi leur reconnaissance par la collectivit?, et ce besoin de reconnaissance t?moignerait de la fa?on dont chacun a aussi "besoin du P?re". Je me demandais si cette pluralit? d'inventions de formes familiales ne jouaient pas de la m?me fa?on que les mod?lisations, invitant tant?t la th?orie ? se renouveler apr?s-coup , la contredisant parfois, la confirmant dans d'autres occasions, et lui faisant finalement jouer un r?le de r?gulateur, propre ? notre post-modernit?, plut?t qu'un r?le d'universel fixe et surplombant la clinique. Je sens combien ce rapprochement est rapide, et pourtant, cette ?mission m'a sembl? tellement en prise avec la r?alit?, qu'il m'a ?t? indispensable de m'y arr?ter.
(2)http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/sciences_cons cience/fiche.php?diffusion_id=45564
(1)http://www.causefreudienne.net/archives/lettremensuelle_article.php?Arch_ ID=85
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-- Jean-francois Doucet Novus corpus : http://www.jf-doucet.com/ Web site : http://www.jf-doucet.com/approche/ Webgroup :http://fr.groups.yahoo.com/group/ideasy/ Weblog : http://www.20six.fr/Pensees-fugitives _______________________________________________ A question? click Help-Me at lutecium.org Lutecium-group mailing list Lutecium-group at lutecium.org http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group
D?sol?e pour r?ponses faites en public, je n'ai pas fait attention.
merci Catherine. je voudrais la transcription aussi. bien ? vous margarita ----- Original Message ----- From: Catherine Grandjean To: Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne Sent: Friday, September 22, 2006 6:34 AM Subject: [Lutecium-group] Mod?lisations et psychanalyses Il y a eu hier apr?s-midi, sur France Culture, une ?mission, "Sciences et conscience" (1), sur l'?pist?mologie des sciences, tout ? fait ?tonnante (j'en ai fait une transcription ?crite que je peux envoyer ? qui serait int?ress?). Y ?tait interrog? le statut de la th?orie en regard de ce que l'invit?, Anne-Fran?oise Schmid, appelait les mod?lisations. Pour faire court, disons que, pour r?soudre un probl?me, les sciences empruntent de plus en plus les unes aux autres (par exemple, pour d?crire une plante, on fera appel ? la g?n?tique, ? l'embryologie, ? la morphologie), cr?ant pas l? m?me des "mod?les", et que ceux-ci ne co?ncident pas n?cessairement avec la th?orie. C'est donc, pour les sciences, une crise pour d?finir ce que sont les crit?res de scientificit? si l'ad?quation entre mod?les et th?orie n'y suffit plus. A titre d'exemple : on a en m?canique des fluides des mod?les qui fonctionnent et l'on n'a pas de th?orie compl?te leur correspondant. Parfois m?me, comme en biologie, les mod?lisations viennent contredire la th?orie. Parfois encore, les mod?lisations sont ? l'origine de th?ories nouvelles. Les mod?lisations ont permis une lib?ration extraordinaire des disciplines scientifiques. Ces mod?lisations concernent non seulement les emprunts des sciences entre elles, mais aussi des sciences et du social, de l'?conomie, de l'?thique, etc... Cependant, le crit?re classique de scientificit? disant qu'un mod?le est une application d'une th?orie, via une math?matisation sur un domaine d'objet donn?, peut encore fonctionner mais n'est pas le seul crit?re ? l'oeuvre dans les sciences. Tout peut aussi partir du mod?le, et non plus de la th?orie. Celle-ci garde n?anmoins son r?le d'explicateur, fut-ce apr?s coup. Mais elle y gagne un nouveau r?le, qui est celui de r?gulateur, au milieu de toutes ces sciences, et des mod?lisations qui empruntent les unes aux autres. Ce r?le de r?gulateur qui est celui de la th?orie se substitue ? son r?le classique qui ?tait de surplomber la physique exp?rimentale du temps o? tout pouvait se rapporter ? la th?orie m?canique. La th?orie ?tait alors le ma?tre, et le mod?le devait s'y conformer. Je suis encore sous le coup de ce que m'a fait d?couvrir cette ?mission et je me demande, sans parvenir pour l'heur ? distiller un peu mon questionnement, si cela peut concerner les multiples approches de la psychanalyse et leur rapport ? la clinique, et s'il y aurait autre chose qu'une simple analogie entre ces mod?lisations dans le champ de la science et la fa?on dont la psychanalyse ?labore ces th?ories, ? partir de cas donn?s, ? partir ?galement du social, de l'?conomie, de l'?thique, de ce que chaque analysant en fait dans les solutions singuli?res qu'il ?labore, et dans ce qui en retourne ensuite vers la th?orie psychanalytique. Voil? pour le questionnement g?n?ral. Pour tenter de resserrer ce questionnement, je suis all?e relire un texte de Dominique Miller, intitul? "A chacun sa formule" (2), dans lequel elle interroge comment, "? l'?poque de la supr?matie du bien-?tre et de la prolif?ration des jouissances", le r?le de famille "pacifiante des pulsions" s'est trouv? inad?quat et comment chacun cherche d?sormais une solution familiale qui porte ? la satisfaction. D'o? une multiplicit? d'agencements familiaux diff?rents. N?anmoins, note-t-elle, ces agencements cherchent aussi leur reconnaissance par la collectivit?, et ce besoin de reconnaissance t?moignerait de la fa?on dont chacun a aussi "besoin du P?re". Je me demandais si cette pluralit? d'inventions de formes familiales ne jouaient pas de la m?me fa?on que les mod?lisations, invitant tant?t la th?orie ? se renouveler apr?s-coup , la contredisant parfois, la confirmant dans d'autres occasions, et lui faisant finalement jouer un r?le de r?gulateur, propre ? notre post-modernit?, plut?t qu'un r?le d'universel fixe et surplombant la clinique. Je sens combien ce rapprochement est rapide, et pourtant, cette ?mission m'a sembl? tellement en prise avec la r?alit?, qu'il m'a ?t? indispensable de m'y arr?ter. (2)http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/sciences_conscie... (1)http://www.causefreudienne.net/archives/lettremensuelle_article.php?Arch_ID=... -- Catherine
Je serais int?ress?e par la transcription (par mail ?) merci de vos interventions sur cette liste. Chantal ----- Original Message ----- From: "Catherine Grandjean" <catherine-grandjean at cegetel.net> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Friday, September 22, 2006 1:34 PM Subject: [Lutecium-group] Mod?lisations et psychanalyses lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Il y a eu hier apr?s-midi, sur France Culture, une ?mission, "Sciences et conscience" (1), sur l'?pist?mologie des sciences, tout ? fait ?tonnante (j'en ai fait une transcription ?crite que je peux envoyer ? qui serait int?ress?). Y ?tait interrog? le statut de la th?orie en regard de ce que l'invit?, Anne-Fran?oise Schmid, appelait les mod?lisations. Pour faire court, disons que, pour r?soudre un probl?me, les sciences empruntent de plus en plus les unes aux autres (par exemple, pour d?crire une plante, on fera appel ? la g?n?tique, ? l'embryologie, ? la morphologie), cr?ant pas l? m?me des "mod?les", et que ceux-ci ne co?ncident pas n?cessairement avec la th?orie. C'est donc, pour les sciences, une crise pour d?finir ce que sont les crit?res de scientificit? si l'ad?quation entre mod?les et th?orie n'y suffit plus. A titre d'exemple : on a en m?canique des fluides des mod?les qui fonctionnent et l'on n'a pas de th?orie compl?te leur correspondant. Parfois m?me, comme en biologie, les mod?lisations viennent contredire la th?orie. Parfois encore, les mod?lisations sont ? l'origine de th?ories nouvelles. Les mod?lisations ont permis une lib?ration extraordinaire des disciplines scientifiques. Ces mod?lisations concernent non seulement les emprunts des sciences entre elles, mais aussi des sciences et du social, de l'?conomie, de l'?thique, etc... Cependant, le crit?re classique de scientificit? disant qu'un mod?le est une application d'une th?orie, via une math?matisation sur un domaine d'objet donn?, peut encore fonctionner mais n'est pas le seul crit?re ? l'oeuvre dans les sciences. Tout peut aussi partir du mod?le, et non plus de la th?orie. Celle-ci garde n?anmoins son r?le d'explicateur, fut-ce apr?s coup. Mais elle y gagne un nouveau r?le, qui est celui de r?gulateur, au milieu de toutes ces sciences, et des mod?lisations qui empruntent les unes aux autres. Ce r?le de r?gulateur qui est celui de la th?orie se substitue ? son r?le classique qui ?tait de surplomber la physique exp?rimentale du temps o? tout pouvait se rapporter ? la th?orie m?canique. La th?orie ?tait alors le ma?tre, et le mod?le devait s'y conformer. Je suis encore sous le coup de ce que m'a fait d?couvrir cette ?mission et je me demande, sans parvenir pour l'heur ? distiller un peu mon questionnement, si cela peut concerner les multiples approches de la psychanalyse et leur rapport ? la clinique, et s'il y aurait autre chose qu'une simple analogie entre ces mod?lisations dans le champ de la science et la fa?on dont la psychanalyse ?labore ces th?ories, ? partir de cas donn?s, ? partir ?galement du social, de l'?conomie, de l'?thique, de ce que chaque analysant en fait dans les solutions singuli?res qu'il ?labore, et dans ce qui en retourne ensuite vers la th?orie psychanalytique. Voil? pour le questionnement g?n?ral. Pour tenter de resserrer ce questionnement, je suis all?e relire un texte de Dominique Miller, intitul? "A chacun sa formule" (2), dans lequel elle interroge comment, "? l'?poque de la supr?matie du bien-?tre et de la prolif?ration des jouissances", le r?le de famille "pacifiante des pulsions" s'est trouv? inad?quat et comment chacun cherche d?sormais une solution familiale qui porte ? la satisfaction. D'o? une multiplicit? d'agencements familiaux diff?rents. N?anmoins, note-t-elle, ces agencements cherchent aussi leur reconnaissance par la collectivit?, et ce besoin de reconnaissance t?moignerait de la fa?on dont chacun a aussi "besoin du P?re". Je me demandais si cette pluralit? d'inventions de formes familiales ne jouaient pas de la m?me fa?on que les mod?lisations, invitant tant?t la th?orie ? se renouveler apr?s-coup , la contredisant parfois, la confirmant dans d'autres occasions, et lui faisant finalement jouer un r?le de r?gulateur, propre ? notre post-modernit?, plut?t qu'un r?le d'universel fixe et surplombant la clinique. Je sens combien ce rapprochement est rapide, et pourtant, cette ?mission m'a sembl? tellement en prise avec la r?alit?, qu'il m'a ?t? indispensable de m'y arr?ter. (2)http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/sciences_conscie... (1)http://www.causefreudienne.net/archives/lettremensuelle_article.php?Arch_ID=... -- Catherine _______________________________________________ A question? click Help-Me at lutecium.org Lutecium-group mailing list Lutecium-group at lutecium.org http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group
Ce n'est pas une retranscription mot ? mot mais l'essentiel y est. Bonne lecture. -- Catherine Grandjean ----- Original Message ----- From: "chantal de Bodinat" <cbodinat at club-internet.fr> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Friday, September 22, 2006 6:07 PM Subject: Re: [Lutecium-group]Mod?lisations et psychanalyses lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Je serais int?ress?e par la transcription (par mail ?) merci de vos interventions sur cette liste. Chantal ----- Original Message ----- From: "Catherine Grandjean" <catherine-grandjean at cegetel.net> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Friday, September 22, 2006 1:34 PM Subject: [Lutecium-group] Mod?lisations et psychanalyses lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Il y a eu hier apr?s-midi, sur France Culture, une ?mission, "Sciences et conscience" (1), sur l'?pist?mologie des sciences, tout ? fait ?tonnante (j'en ai fait une transcription ?crite que je peux envoyer ? qui serait int?ress?). Y ?tait interrog? le statut de la th?orie en regard de ce que l'invit?, Anne-Fran?oise Schmid, appelait les mod?lisations. Pour faire court, disons que, pour r?soudre un probl?me, les sciences empruntent de plus en plus les unes aux autres (par exemple, pour d?crire une plante, on fera appel ? la g?n?tique, ? l'embryologie, ? la morphologie), cr?ant pas l? m?me des "mod?les", et que ceux-ci ne co?ncident pas n?cessairement avec la th?orie. C'est donc, pour les sciences, une crise pour d?finir ce que sont les crit?res de scientificit? si l'ad?quation entre mod?les et th?orie n'y suffit plus. A titre d'exemple : on a en m?canique des fluides des mod?les qui fonctionnent et l'on n'a pas de th?orie compl?te leur correspondant. Parfois m?me, comme en biologie, les mod?lisations viennent contredire la th?orie. Parfois encore, les mod?lisations sont ? l'origine de th?ories nouvelles. Les mod?lisations ont permis une lib?ration extraordinaire des disciplines scientifiques. Ces mod?lisations concernent non seulement les emprunts des sciences entre elles, mais aussi des sciences et du social, de l'?conomie, de l'?thique, etc... Cependant, le crit?re classique de scientificit? disant qu'un mod?le est une application d'une th?orie, via une math?matisation sur un domaine d'objet donn?, peut encore fonctionner mais n'est pas le seul crit?re ? l'oeuvre dans les sciences. Tout peut aussi partir du mod?le, et non plus de la th?orie. Celle-ci garde n?anmoins son r?le d'explicateur, fut-ce apr?s coup. Mais elle y gagne un nouveau r?le, qui est celui de r?gulateur, au milieu de toutes ces sciences, et des mod?lisations qui empruntent les unes aux autres. Ce r?le de r?gulateur qui est celui de la th?orie se substitue ? son r?le classique qui ?tait de surplomber la physique exp?rimentale du temps o? tout pouvait se rapporter ? la th?orie m?canique. La th?orie ?tait alors le ma?tre, et le mod?le devait s'y conformer. Je suis encore sous le coup de ce que m'a fait d?couvrir cette ?mission et je me demande, sans parvenir pour l'heur ? distiller un peu mon questionnement, si cela peut concerner les multiples approches de la psychanalyse et leur rapport ? la clinique, et s'il y aurait autre chose qu'une simple analogie entre ces mod?lisations dans le champ de la science et la fa?on dont la psychanalyse ?labore ces th?ories, ? partir de cas donn?s, ? partir ?galement du social, de l'?conomie, de l'?thique, de ce que chaque analysant en fait dans les solutions singuli?res qu'il ?labore, et dans ce qui en retourne ensuite vers la th?orie psychanalytique. Voil? pour le questionnement g?n?ral. Pour tenter de resserrer ce questionnement, je suis all?e relire un texte de Dominique Miller, intitul? "A chacun sa formule" (2), dans lequel elle interroge comment, "? l'?poque de la supr?matie du bien-?tre et de la prolif?ration des jouissances", le r?le de famille "pacifiante des pulsions" s'est trouv? inad?quat et comment chacun cherche d?sormais une solution familiale qui porte ? la satisfaction. D'o? une multiplicit? d'agencements familiaux diff?rents. N?anmoins, note-t-elle, ces agencements cherchent aussi leur reconnaissance par la collectivit?, et ce besoin de reconnaissance t?moignerait de la fa?on dont chacun a aussi "besoin du P?re". Je me demandais si cette pluralit? d'inventions de formes familiales ne jouaient pas de la m?me fa?on que les mod?lisations, invitant tant?t la th?orie ? se renouveler apr?s-coup , la contredisant parfois, la confirmant dans d'autres occasions, et lui faisant finalement jouer un r?le de r?gulateur, propre ? notre post-modernit?, plut?t qu'un r?le d'universel fixe et surplombant la clinique. Je sens combien ce rapprochement est rapide, et pourtant, cette ?mission m'a sembl? tellement en prise avec la r?alit?, qu'il m'a ?t? indispensable de m'y arr?ter. (2)http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/sciences_cons cience/fiche.php?diffusion_id=45564 (1)http://www.causefreudienne.net/archives/lettremensuelle_article.php?Arch_ ID=85 -- Catherine _______________________________________________ A question? click Help-Me at lutecium.org Lutecium-group mailing list Lutecium-group at lutecium.org http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group _______________________________________________ A question? click Help-Me at lutecium.org Lutecium-group mailing list Lutecium-group at lutecium.org http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group
Selon David Sahyoun <dsahyoun at cyberia.net.lb>:
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. ---
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je n'ai pas compris l'objet de votre mail pouvez-vous m'?clairer? christian Schwartz
On pourrait penser que ces trois tirets, ou le blanc, le vide de la r?ponse, sont un signe dubitatif devant l'objet : que viennent faire ensemble "mod?lisations et psychanalyses", sinon ? penser que la premi?re provoque la seconde, ce qui r?sonne avec le Sujet de la science. EB Le 23/09/06 14:45, ??chr.schwartz at free.fr?? <chr.schwartz at free.fr> a ?crit?:
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Selon David Sahyoun <dsahyoun at cyberia.net.lb>:
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je n'ai pas compris l'objet de votre mail pouvez-vous m'?clairer? christian Schwartz
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Et vous, ?a r?sonne avec le vide ou avec le vide? Qu'est-ce qui provoque l'autre? ----- Original Message ----- From: "Emmanuel Bing" <bing at club-internet.fr> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Saturday, September 23, 2006 3:17 PM Subject: [Lutecium-group] Re : Mod ? lisations et psychanalyses lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- On pourrait penser que ces trois tirets, ou le blanc, le vide de la r?ponse, sont un signe dubitatif devant l'objet : que viennent faire ensemble "mod?lisations et psychanalyses", sinon ? penser que la premi?re provoque la seconde, ce qui r?sonne avec le Sujet de la science. EB Le 23/09/06 14:45, ? chr.schwartz at free.fr ? <chr.schwartz at free.fr> a ?crit :
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Selon David Sahyoun <dsahyoun at cyberia.net.lb>:
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. ---
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je n'ai pas compris l'objet de votre mail pouvez-vous m'?clairer? christian Schwartz
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Emmanuel Bing :
On pourrait penser que ces trois tirets, ou le blanc, le vide de la r?ponse, sont un signe dubitatif devant l'objet : que viennent faire ensemble "mod?lisations et psychanalyses", sinon ? penser que la premi?re provoque la seconde, ce qui r?sonne avec le Sujet de la science.
Bonjour, Ce serait plut?t lorsque la pratique psychanalytique cherche ? ce que les analysants correspondent ? la th?orie que des Sujets de la science viennent se substituer ? des Sujets de l'inconscient. Cela para?t grossier et cela est pourtant sans doute en partie in?vitable : qui pourrait affirmer sans sourciller que la th?orie ne vient pas, un peu, influencer le cours des cures, non simplement pour leur direction, mais parce qu'il faut bien se rep?rer, arrimer sa pens?e, du mieux que l'on peut, avec ce risque que le dit rep?rage ne fonctionne pas si bien pour tel ou tel analysant ? Pour le dire autrement : est-on bien assurer que le Sujet de l'inconscient est toujours premier sur le Sujet de la th?orie ? La psychanalyse a ses th?ories et a ses "mod?les" (pour reprendre le mot de l'interview?e de l'?mission de France Culture) qui lui correspondent. L'hyst?rie et son mod?le Dora, par exemple. Ou l'hyst?rie et ses tableaux de conversions impressionnantes. Ceux-ci ne se donnent plus ? voir. Par contre, on lit un peu partout la difficult? de nouvelles pathologies, dites limites, ou narcissiques... Bref, les mod?les changent. L'interview d'Anne-Fran?oise Schmid donne deux acceptions du "mod?le". Deux acceptions que la France, dans le domaine des sciences, a eu tendance ? opposer, et que Mme Schmid dit compl?mentaires : - Premi?re acception : le mod?le se conforme ? la th?orie. On a une th?orie, et on a une application qui la v?rifie. - Seconde acception : le mod?le est une abstraction vraie du r?el. Il ne se conforme pas ? une th?orie mais il donne pourtant une solution ? un probl?me pos?. Des allers retour entre ces deux acceptions permettent d'explorer des voies de r?solution de probl?mes non th?oris?es et de les th?oriser apr?s-coup. L'enjeu est donc d'importance : une plus grande prise en compte de la r?alit? des probl?mes qui se posent et une inventivit? dans leur r?solution. La th?orie restant un r?gulateur, cad un garde-fou contre un relativisme qui n'expliquerait plus rien. Il me semble que les diff?rentes ?coles de psychanalyse ne sont pas ?gales face ? ce double mouvement. Que certaines pratiques cherchent plus ? se conformer ? la th?orie originaire et que d'autres vont mieux prendre acte des ?volutions sans chercher ? toujours rabattre le nouveau sur l'ancien. Je ne voudrais pas me faire accuser de pros?lytisme, d'autant que je n'ai pas fini de faire le tour des diff?rentes ?coles de psychanalyse. Disons juste pour le moment que ce double mouvement entre ces deux acceptions de ce qu'est un mod?le peut peut-?tre nous aider ? r?fl?chir la clinique. -- Catherine
Evidemment, ch?re Catherine, l'emission sur les mod?les en science doit me travailler la peau, puisque je repense ? vous en abordant dans un tout autre domaine que la psychanalyse cette question de la relation du mod?le ? la th?orie. Bien souvent, le contact avec la r?alit? est empirique sans pr?concu th?orique et " si ca marche " les explications viennent ensuite. Et l' exemple qui me fait penser ? vous est celui de l' appertisation o? Nicolas Appert plusieurs dixaines d' ann?es avant Pasteur invente la conservation par la chaleur ... mais sans en connaitre le principe, seulement par n?cessit? conjoncturelle d'?viter la conservation par le sucre ( confiserie) qui alors commencait ? manquer ( Blocus et guerre napol?onnienne ) ou par le sel qui d?naturait par trop le go?t des aliments. Comme vous le savez, il revient ? Pasteur le m?rite d' avoir trouv? les responsables de la d?t?rioration des aliments : les microbes d?tructibles par la simple chaleur. Bien cordialement Jean-francois Doucet
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. ---
Emmanuel Bing :
On pourrait penser que ces trois tirets, ou le blanc, le vide de la r?ponse, sont un signe dubitatif devant l'objet : que viennent faire ensemble "mod?lisations et psychanalyses", sinon ? penser que la premi?re provoque la seconde, ce qui r?sonne avec le Sujet de la science.
Bonjour,
Ce serait plut?t lorsque la pratique psychanalytique cherche ? ce que les analysants correspondent ? la th?orie que des Sujets de la science viennent se substituer ? des Sujets de l'inconscient. Cela para?t grossier et cela est pourtant sans doute en partie in?vitable : qui pourrait affirmer sans sourciller que la th?orie ne vient pas, un peu, influencer le cours des cures, non simplement pour leur direction, mais parce qu'il faut bien se rep?rer, arrimer sa pens?e, du mieux que l'on peut, avec ce risque que le dit rep?rage ne fonctionne pas si bien pour tel ou tel analysant ? Pour le dire autrement : est-on bien assurer que le Sujet de l'inconscient est toujours premier sur le Sujet de la th?orie ?
La psychanalyse a ses th?ories et a ses "mod?les" (pour reprendre le mot de l'interview?e de l'?mission de France Culture) qui lui correspondent. L'hyst?rie et son mod?le Dora, par exemple. Ou l'hyst?rie et ses tableaux de conversions impressionnantes. Ceux-ci ne se donnent plus ? voir. Par contre, on lit un peu partout la difficult? de nouvelles pathologies, dites limites, ou narcissiques... Bref, les mod?les changent.
L'interview d'Anne-Fran?oise Schmid donne deux acceptions du "mod?le". Deux acceptions que la France, dans le domaine des sciences, a eu tendance ? opposer, et que Mme Schmid dit compl?mentaires : - Premi?re acception : le mod?le se conforme ? la th?orie. On a une th?orie, et on a une application qui la v?rifie. - Seconde acception : le mod?le est une abstraction vraie du r?el. Il ne se conforme pas ? une th?orie mais il donne pourtant une solution ? un probl?me pos?.
Des allers retour entre ces deux acceptions permettent d'explorer des voies de r?solution de probl?mes non th?oris?es et de les th?oriser apr?s-coup. L'enjeu est donc d'importance : une plus grande prise en compte de la r?alit? des probl?mes qui se posent et une inventivit? dans leur r?solution. La th?orie restant un r?gulateur, cad un garde-fou contre un relativisme qui n'expliquerait plus rien.
Il me semble que les diff?rentes ?coles de psychanalyse ne sont pas ?gales face ? ce double mouvement. Que certaines pratiques cherchent plus ? se conformer ? la th?orie originaire et que d'autres vont mieux prendre acte des ?volutions sans chercher ? toujours rabattre le nouveau sur l'ancien. Je ne voudrais pas me faire accuser de pros?lytisme, d'autant que je n'ai pas fini de faire le tour des diff?rentes ?coles de psychanalyse. Disons juste pour le moment que ce double mouvement entre ces deux acceptions de ce qu'est un mod?le peut peut-?tre nous aider ? r?fl?chir la clinique.
-- Catherine
_______________________________________________ A question? click Help-Me at lutecium.org Lutecium-group mailing list Lutecium-group at lutecium.org http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group
-- Jean-francois Doucet Novus corpus : http://www.jf-doucet.com/ Web site : http://www.jf-doucet.com/approche/ Webgroup :http://fr.groups.yahoo.com/group/ideasy/ Weblog : http://www.20six.fr/Pensees-fugitives
Oui, pourquoi pas. Mais ce rep?rage, c'est ? dire la fa?on dont on peut s'orienter dans la structure, est ? interroger toujours. Autrement dit, il s'agit bien de s'engager dans cette question sans la figer. EB Le 25/09/06 9:54, ??Catherine Grandjean?? <catherine-grandjean at cegetel.net> a ?crit?:
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. ---
Emmanuel Bing :
On pourrait penser que ces trois tirets, ou le blanc, le vide de la r?ponse, sont un signe dubitatif devant l'objet : que viennent faire ensemble "mod?lisations et psychanalyses", sinon ? penser que la premi?re provoque la seconde, ce qui r?sonne avec le Sujet de la science.
Bonjour,
Ce serait plut?t lorsque la pratique psychanalytique cherche ? ce que les analysants correspondent ? la th?orie que des Sujets de la science viennent se substituer ? des Sujets de l'inconscient. Cela para?t grossier et cela est pourtant sans doute en partie in?vitable : qui pourrait affirmer sans sourciller que la th?orie ne vient pas, un peu, influencer le cours des cures, non simplement pour leur direction, mais parce qu'il faut bien se rep?rer, arrimer sa pens?e, du mieux que l'on peut, avec ce risque que le dit rep?rage ne fonctionne pas si bien pour tel ou tel analysant ? Pour le dire autrement : est-on bien assurer que le Sujet de l'inconscient est toujours premier sur le Sujet de la th?orie ?
La psychanalyse a ses th?ories et a ses "mod?les" (pour reprendre le mot de l'interview?e de l'?mission de France Culture) qui lui correspondent. L'hyst?rie et son mod?le Dora, par exemple. Ou l'hyst?rie et ses tableaux de conversions impressionnantes. Ceux-ci ne se donnent plus ? voir. Par contre, on lit un peu partout la difficult? de nouvelles pathologies, dites limites, ou narcissiques... Bref, les mod?les changent.
L'interview d'Anne-Fran?oise Schmid donne deux acceptions du "mod?le". Deux acceptions que la France, dans le domaine des sciences, a eu tendance ? opposer, et que Mme Schmid dit compl?mentaires : - Premi?re acception : le mod?le se conforme ? la th?orie. On a une th?orie, et on a une application qui la v?rifie. - Seconde acception : le mod?le est une abstraction vraie du r?el. Il ne se conforme pas ? une th?orie mais il donne pourtant une solution ? un probl?me pos?.
Des allers retour entre ces deux acceptions permettent d'explorer des voies de r?solution de probl?mes non th?oris?es et de les th?oriser apr?s-coup. L'enjeu est donc d'importance : une plus grande prise en compte de la r?alit? des probl?mes qui se posent et une inventivit? dans leur r?solution. La th?orie restant un r?gulateur, cad un garde-fou contre un relativisme qui n'expliquerait plus rien.
Il me semble que les diff?rentes ?coles de psychanalyse ne sont pas ?gales face ? ce double mouvement. Que certaines pratiques cherchent plus ? se conformer ? la th?orie originaire et que d'autres vont mieux prendre acte des ?volutions sans chercher ? toujours rabattre le nouveau sur l'ancien. Je ne voudrais pas me faire accuser de pros?lytisme, d'autant que je n'ai pas fini de faire le tour des diff?rentes ?coles de psychanalyse. Disons juste pour le moment que ce double mouvement entre ces deux acceptions de ce qu'est un mod?le peut peut-?tre nous aider ? r?fl?chir la clinique.
-- Catherine
_______________________________________________ A question? click Help-Me at lutecium.org Lutecium-group mailing list Lutecium-group at lutecium.org http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group
-- Emmanuel Bing bing at club-internet.fr http://www.atelier-bing.com http://www.emmanuel-bing.com
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. ---
Emmanuel Bing :
On pourrait penser que ces trois tirets, ou le blanc, le vide de la r?ponse, sont un signe dubitatif devant l'objet : que viennent faire ensemble "mod?lisations et psychanalyses", sinon ? penser que la premi?re provoque la seconde, ce qui r?sonne avec le Sujet de la science.
Bonjour,
Ce serait plut?t lorsque la pratique psychanalytique cherche ? ce que les analysants correspondent ? la th?orie que des Sujets de la science viennent se substituer ? des Sujets de l'inconscient. Cela para?t grossier et cela est pourtant sans doute en partie in?vitable : qui pourrait affirmer sans sourciller que la th?orie ne vient pas, un peu, influencer le cours des cures, non simplement pour leur direction, mais parce qu'il faut bien se rep?rer, arrimer sa pens?e, du mieux que l'on peut, avec ce risque que le dit rep?rage ne fonctionne pas si bien pour tel ou tel analysant ? Pour le dire autrement : est-on bien assurer que le Sujet de l'inconscient est toujours premier sur le Sujet de la th?orie ?
La psychanalyse a ses th?ories et a ses "mod?les" (pour reprendre le mot de l'interview?e de l'?mission de France Culture) qui lui correspondent. L'hyst?rie et son mod?le Dora, par exemple. Ou l'hyst?rie et ses tableaux de conversions impressionnantes. Ceux-ci ne se donnent plus ? voir. Par contre, on lit un peu partout la difficult? de nouvelles pathologies, dites
ou narcissiques... Bref, les mod?les changent.
L'interview d'Anne-Fran?oise Schmid donne deux acceptions du "mod?le". Deux acceptions que la France, dans le domaine des sciences, a eu tendance ? opposer, et que Mme Schmid dit compl?mentaires : - Premi?re acception : le mod?le se conforme ? la th?orie. On a une
et on a une application qui la v?rifie. - Seconde acception : le mod?le est une abstraction vraie du r?el. Il ne se conforme pas ? une th?orie mais il donne pourtant une solution ? un
Il y a sur le site de l'ELP, dans la rubrique Clinic Zone, une actualisation de cet emprunt d'une discipline ? une autre : l'ELP, et c'est presque devenu embl?matique de cette ?cole, a en effet confront? les th?ses psychanalytiques aux ?tudes lesbiennes et transgenres. Il en ressort une refonte des interrogations psychanalytiques tout ? fait jaillissantes, notamment au travers du personnage d'Anna Freud. Il y a ?galement l'emprunt, fort discut? d'ailleurs, que Lacan fit ? la topologie. Sans cette ouverture sur une autre discipline, comment Lacan serait-il pass? du sympt?me morbide au sinthome ? Comment la fonction paternelle aurait-elle pu se moduler de la p?re-version ? Ces exemples montrent combien ces impr?gnations d'un champ par un autre ouvrent sur des inventions percutantes. Il y a quelque chose de tr?s os? dans ce proc?d?. C'est presque effrayant. Et pourtant, la cr?ativit? s'en trouve d?multipli?e. -- Catherine Il y a quelque chose de percutant, d'os? ----- Original Message ----- From: "Emmanuel Bing" <bing at club-internet.fr> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Thursday, September 28, 2006 12:21 PM Subject: [Lutecium-group] Re : Re: Re : Mod ? lisations et psychanalyses lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Oui, pourquoi pas. Mais ce rep?rage, c'est ? dire la fa?on dont on peut s'orienter dans la structure, est ? interroger toujours. Autrement dit, il s'agit bien de s'engager dans cette question sans la figer. EB Le 25/09/06 9:54, ? Catherine Grandjean ? <catherine-grandjean at cegetel.net> a ?crit : limites, th?orie, probl?me
pos?.
Des allers retour entre ces deux acceptions permettent d'explorer des voies de r?solution de probl?mes non th?oris?es et de les th?oriser apr?s-coup. L'enjeu est donc d'importance : une plus grande prise en compte de la r?alit? des probl?mes qui se posent et une inventivit? dans leur r?solution. La th?orie restant un r?gulateur, cad un garde-fou contre un relativisme qui n'expliquerait plus rien.
Il me semble que les diff?rentes ?coles de psychanalyse ne sont pas ?gales face ? ce double mouvement. Que certaines pratiques cherchent plus ? se conformer ? la th?orie originaire et que d'autres vont mieux prendre acte des ?volutions sans chercher ? toujours rabattre le nouveau sur l'ancien. Je ne voudrais pas me faire accuser de pros?lytisme, d'autant que je n'ai pas fini de faire le tour des diff?rentes ?coles de psychanalyse. Disons juste pour le moment que ce double mouvement entre ces deux acceptions de ce qu'est un mod?le peut peut-?tre nous aider ? r?fl?chir la clinique.
-- Catherine
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merci de votre email o? l' on ne peut pas mieux d?crire un des fondements de la cr?ativit? qui, dans le domaine de la psychanalyse, a ?t? inaugur? par S. Freud lui-m?me passant de la neurobiologie ? l'?tude du psychisme. Dans le domaine de la peinture on pourrait citer Van Gogh, pr?tre ? l' origine et devenant peintre. Dans d' autres domaines, et je ne vous apprends rien, on appelle " cette ouverture sur une autre discipline " un transfert de technologie dont les plus marquantes sont les imitations de la nature, l'homme r?vant,par exemple, d'?tre un oiseau pour finalement r?ussir ? faire voler "un plus lourd que l' air " Est-ce os? ? A mon avis, c' est ? ce prix qu' on peut parler d'innovation. Sinon, les am?liorations de la bougie ne conduisent pas ? l'?lectricit?. Bien cordialement Jean-francois Doucet
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Il y a sur le site de l'ELP, dans la rubrique Clinic Zone, une actualisation de cet emprunt d'une discipline ? une autre : l'ELP, et c'est presque devenu embl?matique de cette ?cole, a en effet confront? les th?ses psychanalytiques aux ?tudes lesbiennes et transgenres. Il en ressort une refonte des interrogations psychanalytiques tout ? fait jaillissantes, notamment au travers du personnage d'Anna Freud.
Il y a ?galement l'emprunt, fort discut? d'ailleurs, que Lacan fit ? la topologie. Sans cette ouverture sur une autre discipline, comment Lacan serait-il pass? du sympt?me morbide au sinthome ? Comment la fonction paternelle aurait-elle pu se moduler de la p?re-version ?
Ces exemples montrent combien ces impr?gnations d'un champ par un autre ouvrent sur des inventions percutantes. Il y a quelque chose de tr?s os? dans ce proc?d?. C'est presque effrayant. Et pourtant, la cr?ativit? s'en trouve d?multipli?e.
-- Catherine
Il y a quelque chose de percutant, d'os? ----- Original Message ----- From: "Emmanuel Bing" <bing at club-internet.fr> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Thursday, September 28, 2006 12:21 PM Subject: [Lutecium-group] Re : Re: Re : Mod ? lisations et psychanalyses
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Oui, pourquoi pas. Mais ce rep?rage, c'est ? dire la fa?on dont on peut s'orienter dans la structure, est ? interroger toujours. Autrement dit, il s'agit bien de s'engager dans cette question sans la figer. EB
Le 25/09/06 9:54, ? Catherine Grandjean ? <catherine-grandjean at cegetel.net> a ?crit :
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. ---
Emmanuel Bing :
On pourrait penser que ces trois tirets, ou le blanc, le vide de la r?ponse, sont un signe dubitatif devant l'objet : que viennent faire ensemble "mod?lisations et psychanalyses", sinon ? penser que la premi?re provoque la seconde, ce qui r?sonne avec le Sujet de la science.
Bonjour,
Ce serait plut?t lorsque la pratique psychanalytique cherche ? ce que les analysants correspondent ? la th?orie que des Sujets de la science viennent se substituer ? des Sujets de l'inconscient. Cela para?t grossier et cela est pourtant sans doute en partie in?vitable : qui pourrait affirmer sans sourciller que la th?orie ne vient pas, un peu, influencer le cours des cures, non simplement pour leur direction, mais parce qu'il faut bien se rep?rer, arrimer sa pens?e, du mieux que l'on peut, avec ce risque que le dit rep?rage ne fonctionne pas si bien pour tel ou tel analysant ? Pour le dire autrement : est-on bien assurer que le Sujet de l'inconscient est toujours premier sur le Sujet de la th?orie ?
La psychanalyse a ses th?ories et a ses "mod?les" (pour reprendre le mot de l'interview?e de l'?mission de France Culture) qui lui correspondent. L'hyst?rie et son mod?le Dora, par exemple. Ou l'hyst?rie et ses tableaux de conversions impressionnantes. Ceux-ci ne se donnent plus ? voir. Par contre, on lit un peu partout la difficult? de nouvelles pathologies, dites limites, ou narcissiques... Bref, les mod?les changent.
L'interview d'Anne-Fran?oise Schmid donne deux acceptions du "mod?le". Deux acceptions que la France, dans le domaine des sciences, a eu tendance ? opposer, et que Mme Schmid dit compl?mentaires : - Premi?re acception : le mod?le se conforme ? la th?orie. On a une th?orie, et on a une application qui la v?rifie. - Seconde acception : le mod?le est une abstraction vraie du r?el. Il ne se conforme pas ? une th?orie mais il donne pourtant une solution ? un probl?me pos?.
Des allers retour entre ces deux acceptions permettent d'explorer des voies de r?solution de probl?mes non th?oris?es et de les th?oriser apr?s-coup. L'enjeu est donc d'importance : une plus grande prise en compte de la r?alit? des probl?mes qui se posent et une inventivit? dans leur r?solution. La th?orie restant un r?gulateur, cad un garde-fou contre un relativisme qui n'expliquerait plus rien.
Il me semble que les diff?rentes ?coles de psychanalyse ne sont pas ?gales face ? ce double mouvement. Que certaines pratiques cherchent plus ? se conformer ? la th?orie originaire et que d'autres vont mieux prendre acte des ?volutions sans chercher ? toujours rabattre le nouveau sur l'ancien. Je ne voudrais pas me faire accuser de pros?lytisme, d'autant que je n'ai pas fini de faire le tour des diff?rentes ?coles de psychanalyse. Disons juste pour le moment que ce double mouvement entre ces deux acceptions de ce qu'est un mod?le peut peut-?tre nous aider ? r?fl?chir la clinique.
-- Catherine
_______________________________________________ A question? click Help-Me at lutecium.org Lutecium-group mailing list Lutecium-group at lutecium.org http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group
-- Emmanuel Bing bing at club-internet.fr http://www.atelier-bing.com http://www.emmanuel-bing.com
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-- Jean-francois Doucet Novus corpus : http://www.jf-doucet.com/ Web site : http://www.jf-doucet.com/approche/ Webgroup :http://fr.groups.yahoo.com/group/ideasy/ Weblog : http://www.20six.fr/Pensees-fugitives
Dans ce qui, de mes interrogations, pourrait peut-?tre se partager avec vous, Jean-Fran?ois, il y a cette affaire de saisissement face ? ce que l'on est en train, ou face ? ce que l'on a cr??. Cela, de toute fa?on, emprunte toujours ? l'?tranger. Une cr?ation est n?cessairement surprenante, comme une irruption pour le psychisme de qui la cr?e, non ? Avez-vous, dans votre int?r?t port? ? cette question de la cr?ation, crois? quelques mouillettes ? tremper dans cet oeuf jaillissant du cr?ateur ? Notamment, est-ce qu'une cr?ation est aussi une cr?ation psychique pour le cr?ateur lui-m?me, quelque chose qui le transforme ? Ou est-ce qu'il abandonne plus g?n?ralement sa cr?ation ? la grandeur d'une cause qui le d?passe ? La question, en termes psychanalytiques, concernerait l'invention pour chacun de son sympt?me. Mais avant d'avancer cela, je pr?f?re vous laisser r?pondre, depuis votre point de vue particulier. Merci d'avance, -- Catherine ----- Original Message ----- From: "Jean-francois Doucet" <jeanfd at ulrik.uio.no> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Friday, September 29, 2006 10:40 PM Subject: Re: [Lutecium-group] Re : Re: Re : Mod ? lisations et psychanalyses lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- merci de votre email o? l' on ne peut pas mieux d?crire un des fondements de la cr?ativit? qui, dans le domaine de la psychanalyse, a ?t? inaugur? par S. Freud lui-m?me passant de la neurobiologie ? l'?tude du psychisme. Dans le domaine de la peinture on pourrait citer Van Gogh, pr?tre ? l' origine et devenant peintre. Dans d' autres domaines, et je ne vous apprends rien, on appelle " cette ouverture sur une autre discipline " un transfert de technologie dont les plus marquantes sont les imitations de la nature, l'homme r?vant,par exemple, d'?tre un oiseau pour finalement r?ussir ? faire voler "un plus lourd que l' air " Est-ce os? ? A mon avis, c' est ? ce prix qu' on peut parler d'innovation. Sinon, les am?liorations de la bougie ne conduisent pas ? l'?lectricit?. Bien cordialement Jean-francois Doucet
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Il y a sur le site de l'ELP, dans la rubrique Clinic Zone, une actualisation de cet emprunt d'une discipline ? une autre : l'ELP, et c'est presque devenu embl?matique de cette ?cole, a en effet confront? les th?ses psychanalytiques aux ?tudes lesbiennes et transgenres. Il en ressort une refonte des interrogations psychanalytiques tout ? fait jaillissantes, notamment au travers du personnage d'Anna Freud.
Il y a ?galement l'emprunt, fort discut? d'ailleurs, que Lacan fit ? la topologie. Sans cette ouverture sur une autre discipline, comment Lacan serait-il pass? du sympt?me morbide au sinthome ? Comment la fonction paternelle aurait-elle pu se moduler de la p?re-version ?
Ces exemples montrent combien ces impr?gnations d'un champ par un autre ouvrent sur des inventions percutantes. Il y a quelque chose de tr?s os? dans ce proc?d?. C'est presque effrayant. Et pourtant, la cr?ativit? s'en trouve d?multipli?e.
-- Catherine
Il y a quelque chose de percutant, d'os? ----- Original Message ----- From: "Emmanuel Bing" <bing at club-internet.fr> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org> Sent: Thursday, September 28, 2006 12:21 PM Subject: [Lutecium-group] Re : Re: Re : Mod ? lisations et psychanalyses
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. --- Oui, pourquoi pas. Mais ce rep?rage, c'est ? dire la fa?on dont on peut s'orienter dans la structure, est ? interroger toujours. Autrement dit, il s'agit bien de s'engager dans cette question sans la figer. EB
Le 25/09/06 9:54, ? Catherine Grandjean ? <catherine-grandjean at cegetel.net> a ?crit :
lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium. Ne doit pas etre diffuse hors du groupe. ---
Emmanuel Bing :
On pourrait penser que ces trois tirets, ou le blanc, le vide de la r?ponse, sont un signe dubitatif devant l'objet : que viennent faire ensemble "mod?lisations et psychanalyses", sinon ? penser que la premi?re provoque la seconde, ce qui r?sonne avec le Sujet de la science.
Bonjour,
Ce serait plut?t lorsque la pratique psychanalytique cherche ? ce que les analysants correspondent ? la th?orie que des Sujets de la science viennent se substituer ? des Sujets de l'inconscient. Cela para?t grossier et cela est pourtant sans doute en partie in?vitable : qui pourrait affirmer sans sourciller que la th?orie ne vient pas, un peu, influencer le cours des cures, non simplement pour leur direction, mais parce qu'il faut bien se rep?rer, arrimer sa pens?e, du mieux que l'on peut, avec ce risque que le dit rep?rage ne fonctionne pas si bien pour tel ou tel analysant ? Pour le dire autrement : est-on bien assurer que le Sujet de l'inconscient est toujours premier sur le Sujet de la th?orie ?
La psychanalyse a ses th?ories et a ses "mod?les" (pour reprendre le mot de l'interview?e de l'?mission de France Culture) qui lui correspondent. L'hyst?rie et son mod?le Dora, par exemple. Ou l'hyst?rie et ses tableaux de conversions impressionnantes. Ceux-ci ne se donnent plus ? voir. Par contre, on lit un peu partout la difficult? de nouvelles pathologies, dites limites, ou narcissiques... Bref, les mod?les changent.
L'interview d'Anne-Fran?oise Schmid donne deux acceptions du "mod?le". Deux acceptions que la France, dans le domaine des sciences, a eu tendance ? opposer, et que Mme Schmid dit compl?mentaires : - Premi?re acception : le mod?le se conforme ? la th?orie. On a une th?orie, et on a une application qui la v?rifie. - Seconde acception : le mod?le est une abstraction vraie du r?el. Il ne se conforme pas ? une th?orie mais il donne pourtant une solution ? un probl?me pos?.
Des allers retour entre ces deux acceptions permettent d'explorer des voies de r?solution de probl?mes non th?oris?es et de les th?oriser apr?s-coup. L'enjeu est donc d'importance : une plus grande prise en compte de la r?alit? des probl?mes qui se posent et une inventivit? dans leur r?solution. La th?orie restant un r?gulateur, cad un garde-fou contre un relativisme qui n'expliquerait plus rien.
Il me semble que les diff?rentes ?coles de psychanalyse ne sont pas ?gales face ? ce double mouvement. Que certaines pratiques cherchent plus ? se conformer ? la th?orie originaire et que d'autres vont mieux prendre acte des ?volutions sans chercher ? toujours rabattre le nouveau sur l'ancien. Je ne voudrais pas me faire accuser de pros?lytisme, d'autant que je n'ai pas fini de faire le tour des diff?rentes ?coles de psychanalyse. Disons juste pour le moment que ce double mouvement entre ces deux acceptions de ce qu'est un mod?le peut peut-?tre nous aider ? r?fl?chir la clinique.
-- Catherine
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-- Emmanuel Bing bing at club-internet.fr http://www.atelier-bing.com http://www.emmanuel-bing.com
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