Chers amis
Pour un cartel j'ai commenc? un travail sur la croyance que je vous livre
ci-dessous (la pr?sentation en sera modifi?e et moins lisible qu'en pi?ce
jointe. Si vous le souhaitez je peux vous l'adresser ? titre personnel en
pi?ce jointe).
Ce travail m'a permis de lire "La violence et le sacr?" de Ren? Girard et de
visiter le site de Jean Paul Kornobis.
En ?chos ? quelques interventions r?centes je voudrais mettre en relation ce
que j'ai compris de ce qu'avance Ren? Girard sur la violence comme
fondatrice de l'?tre humain, le parricide et l'inceste ne venant qu'en
second, ainsi que le r?le de la religion comme ?cran face ? cette violence
fondatrice par le sacrifice de la victime ?missaire pour emp?cher le
surgissement de la violence originelle destructrice de la soci?t?. Je suis
forc?ment r?ducteur et caricatural concernant la th?se de Girard.
Mais ne nous fait elle pas faire un pas de plus (au sens lacanien) dans le
regard de ce qui se passe dans les banlieues aujourd'hui (et qui ?tait tout
? fait pr?visible; j'ai ?t? pendant plusieurs ann?es directeur d'?cole en
ZEP ? l'Ariane, quartier ultrasensible de Nice) ?
Au-del? de la r?volte contre le P?re de la soci?t? et l'inceste voil? ?
travers les "tournantes" n'y a-t-il pas effectivement cette violence
originelle dont on ne peut rien dire et que chaque groupe, ?glise, religion
habille avec son mythe fondateur.
La th?se de Girard m'a ouvert ces horizons que je commence ? peine ?
explorer et je ne pense pas, malgr? ce que semble dire Jean-Paul Kornobis
qu'elle soit antinomique avec la th?se freudienne si je me r?f?re ? Totem et
Tabou et au meurtre originaire du p?re de la horde dont Freud pr?cise bien
que peu importe qu'il ait eu lieu ou pas r?ellement. La violence appara?t
bien comme fondatrice. Je fais la m?me analyse concernant ce que dit Girard
sur Oedipe.
Bien ? vous, en vous remerciant par avance de vos r?actions
Michel BORSOTTO
Psychanalyste
655 chemin du Prats
06390 COARAZE
04 93 79 36 59
<m.p.borsotto at wanadoo.fr>
La passe de la croyance.
?Je n?ai que l?id?e que je me fais de moi
pour me soutenir sur les mers du N?ant?
Henry de Montherlant
(Service Inutile)
A la relecture de Descartes, une phrase retenue depuis l?enfance et
retrouv?e en ouverture de la premi?re m?ditation ?Des choses que l?on peut
r?voquer en doute?: ?J?ai remarqu?, il y a d?j? plusieurs ann?es, combien
sont nombreuses les choses fausses que d?s mon plus jeune ?ge j?ai admises
pour vraies et combien sont douteuses toutes celles que j?ai ?difi?es sur
elles, et que par cons?quent il fallait une fois en ma vie tout renverser
jusqu?au fond et commencer de nouveau ? partir des premiers fondements, si
je d?sirais ?tablir un jour dans les sciences quelque chose de durable...?
Il allait donc entreprendre le voyage int?rieur.
Qu?est ce qui est s?r?
Les sens sont trompeurs.
Pourtant une seule certitude, ind?montrable: Je suis ici. Pourtant j?en
doute quand m?me.
Peut-?tre que je r?ve?
Quelle certitude ai-je d?exister?
Descartes r?pond :?... J?ai dans l?esprit, fix?e depuis longtemps, une
certaine opinion selon laquelle il y a un Dieu qui peut tout et par qui j?ai
?t? cr?? tel que j?existe.?
Mais un peu plus loin il note que quelque contradicteur (invent?, un
double?) pourra dire : ?Dieu est une fiction ... Et je suis finalement
contraint d?avouer qu?il n?y a rien de ce que je tenais autrefois pour vrai
dont il me soit permis de douter...? ?... Je connais comme certain que
justement il n?y a rien de certain.?
Je sais que je suis mais je suis tromp?, ce moi est insaisissable. ?Je
ne suis qu?une chose qui pense, ... un esprit... ce moi que j?ai reconnu...
ce serait invention et fiction ... je reste pris dans le pi?ge des mots, et
je suis presque tromp? par le langage courant.? Il n?y a que ce que je vois.
Pulsion scopique.
Descartes arrive ? une impasse. ?Je suis, moi, une chose qui pense,
c?est ? dire qui doute?. Il n?y a aucune garantie.
Pour trouver un point d?appui ?vitant de tomber dans le mutisme, la
sid?ration, et permettre ? sa construction de commencer, Descartes va poser
son postulat de base: si je doute c?est que je pense , si je pense c?est
donc que je suis un ?tre pensant. Si je pense en doutant c?est que j?ai en
moi une id?e de la perfection. C?est donc Dieu qui existe, qui m?a cr??.
Mais l? ce pose le nouveau postulat: ? condition que Dieu ne soit pas
trompeur.
Ayant pos? cet axiome Descartes d?roule ses id?es.
Descartes ne peut que croire. Croire ce qu?il voit avec certitude. ?Je
crois avoir avec les yeux de l?esprit l?intuition la plus ?vidente
possible.? Croire, mais ce n?est pas la v?rit?.
Impasse.
Impasse de l??tre qui d?construit.
Descartes fait ce voyage jusqu?? la b?ance, le trou du rien et il le
bouche avec le postulat de Dieu qui existe et qui n?est pas trompeur. Cela
lui permettra toutes ses constructions ult?rieures que nous avons oubli?es.
Ce qui nous reste c?est son doute et sa d?marche: refaire une fois dans sa
vie ce chemin de d?construction.
Descartes reprend , en le modifiant, le mot attribu? ? Socrate: ?Tout ce
que je sais c?est que je ne sais rien? qu?il concentrera en un ?Que
sais-je??.
Freud dira ?Je ne sais pas.? Que Lacan modifiera en ?JE ne saiT pas?.
Et pourtant?
Arriv? ? ce point d?appui qui repose sur le rien, Que faire?
De ce point prendre une ligne de fuite vers l?infini et croire. Croire
sans ?tre dupe de l?ind?montrable de la base de la th?orie (cf. le th?or?me
de Godel, ou le principe d?incertitude d?Heisenberg , eux m?mes
ind?montrables). Croire en repassant pas seulement une fois dans sa vie,
mais plusieurs fois par ce point d?appui pour le questionner, le remettre en
cause dans un mouvement ininterrompu pour emp?cher la certitude de
s?installer et donc le dogmatisme. Mais cela ne peut s?institutionnaliser
dans une ?cole, dans une institution de la garantie, m?me si elle s?appelle
la passe ou l??cole de la passe.
Ne pas arr?ter de repasser la passe.
Chacun va donc se construire sa propre m?taphysique, sa propre croyance
et la confronter aux autres sans cesse.
Car pour avancer il faut inventer.
Inventer que je crois. Je pose quelque chose. Je pose que j?existe. Pour
cela je pose que l?Autre existe.
L?Autre, ce lieu o? je vais retrouver le langage qui va revenir vers moi
pour que j?y mette du sens et ?viter de sombrer dans la folie du d?s?tre.
Je crois que j?existe et donc que l?Autre existe et je vais le v?rifier
? la rencontre des autres comme autant de miroirs de mon existence.
Il y a donc ? la base la pulsion scopique qui va donner des images sur
lesquelles je vais mettre des mots et b?tir ma mythologie qui deviendra ma
m?taphysique puis mon ?thique de vie. Sans arr?ts, la pens?e devant ?tre
toujours en mouvement, surtout sans certitude dogmatique pour emp?cher que
le savoir vienne faire bouchon sur la b?ance de l??tre autour de laquelle
s?enroule le sujet.
Essayons de d?rouler tout cela.
Toute pens?e est fond?e sur un postulat qui passe par l?ext?rieur de
l??tre par le canal du langage.
Ceci est mon postulat (IL MANQUE LES FL?CHES)
tu penses
JE Lieu de l?Autre
je pense
Difficile, voire impossible d?aller plus loin?
?La r?ponse tue, seule la question sauve?. Edmond Jab?s. Le livre des
Questions.
Nous sommes ? la limite de l?insu. Roc de la castration pour Freud.
Limite du langage, des mots pour Lacan.
?L?essence de la th?orie psychanalytique est un discours sans parole?.
Phrase ?crite au tableau par Lacan ? l?ouverture du S?minaire ?D'un
autre ? l?Autre?.
Point de but?e d?o? l?on part (repart) pour reb?tir un syst?me
m?taphysique (?tymologiquement: au-del? des choses de la nature).
Parcourons le dictionnaire (source: Dictionnaire historique de la langue
fran?aise Robert)
Croire: mettre sa confiance en quelqu?un, en quelque chose. Admettre
pour vrai. Pr?ter cr?dit. Ajouter foi aux paroles. Penser. ?tre d?avis que.
Le mot s?est transform?: du latin credere, credentia puis cr?ance,
cr?dence puis croiance, croyance.
L?antonyme est incroyable qui vient de incr?able.
Mescroire, m?croire, m?cr?ant.
Cr?dence, de l?italien credenza: faire l?essai des mets, des boissons,
avant de les servir ? table pour s?assurer qu?il n?y a aucun poison (faire
cr?dence) puis nom du meuble o? on posait ces plats ? tester.
A la base de tout il y aurait donc la croyance avec deux n?cessit?s
m?taphysiques:
- 1 Croire en son syst?me dans sa logique
- 2 le remettre en question r?guli?rement pour s?assurer que le postulat
de base ne vient pas faire bouchon au vide central de l??tre, l? o?
s?origine l?insu, d?o? la n?cessit? de refaire la passe souvent pour
s?assurer de la non obturation.
Cela pose donc l?existence d?un vide, un trou, un insu, une b?ance
centrale autour de laquelle se b?tit l??tre.
Que diront les ?tres futurs qui liront ces lignes?
Ce vide en soi est le moteur du d?sir, d?sir insaisissable d?sir qui
d?-sid?re (Alain Didier-Weil) face au vide. Il est pos? l?, simplement,
comme garantie pr?suppos?e. Simplement ?tre l? (en allemand Dasein). ?tre
l?, il y a quelqu?un, signe de la pr?sence, de l?existence. Exp?rience
cart?sienne du refondement sans certitude.
Le sujet se pose alors la question: Que vais-je mettre en place de (et
non ? la place de) v?rit?, v?rit? d?finie, pos?e comme fluctuante au gr? des
lectures, des rencontres, des ?changes, des exp?riences.
Un nouveau concept appara?t, celui de la modernit? fluide de Zygmunt
Bauman. Ce monde o? la solidit? des choses comme celle des relations
humaines se voit ?liquid?e? au profit du jetable, de l?instantan?, de
l?interchangeable.
Rien n?est s?r, ?nous savons aujourd?hui que nous vivons dans un type de
soci?t? qui ne contenait rien qui ne p?t emp?cher la Shoah de se produire?.
Est-ce si vrai que cela? Cela n?a-t-il pas toujours ?t? ainsi sous
d?autres formes?
Autrefois, pour notre soci?t? occidentale, il y avait un pr?t ? penser
religieux qui apportait des r?ponses toutes faites sur les origines , le
devenir et le pourquoi de l?existence. Aujourd?hui tout est remis en cause,
rien n?est solide et l??tre humain se retrouve en d?sh?rence. Bauman
n?entrevoit qu?une strat?gie: rapatrier au coeur de nos pratiques
individuelles ce qu?il nomme les ??motions exil?es? ou ?rebelles?, ?
commencer par les sentiments moraux. Il souligne le caract?re ?minemment
subversif de ?l?instinct moral? seule source possible d?un comportement
autonome dans la mesure m?me o? il ne peut ?tre ni contr?l?, ni codifi?, ni
exploit? en vue d?un objectif ?tranger ? ses fins. Notre action morale reste
la seule gardienne de notre humanit?. Notre conscience ne se soumet qu??
l?autorit? impuissante de l?Autre.
Il nous faut apprendre ? nommer ce que l?on sent et en donner une
explication coh?rente (mettre du sens) en sachant que les sens sont
trompeurs, individuels, mouvants.
Le R?el ne peut se saisir qu?? travers, il est donc insaisissable.
?Les noms d?signent des forces, des ?v?nements des mouvements et des
mobiles, des vents, des typhons, des maladies, des lieux et des moments bien
avant de d?signer des personnes? .
?Penser, c?est cr?er, il n?y a pas d?autre cr?ation, mais cr?er, c?est
d?abord engendrer, ?penser? dans la pens?e?. Gilles Deleuze
Penser c?est ?tre l?.
?tre l? implique une coupure d?avec autre chose.
Pour que j?ex-siste je dois poser obligatoirement autre chose, un autre
lieu. Un lieu de la diff?rence, mais aussi lieu de R?f?rence au sens de
Pierre Legendre, comme vision du principe, nom fondateur, circuit de
l??change entre le sujet et le lieu mythologique, lieu construit en tant
qu?origine du message du Tiers fondateur, Autre Sc?ne (Freud), lieu de
contemplation (Saint des Saints du temple de J?rusalem, vide du Graal,
Occulus de la coupole de l??glise baroque, vide du coffre du temple central
du shinto?sme japonais o? seul l?empereur peut p?n?trer et o? se trouve un
coffret o? se trouve un ... miroir...).
Ce lieu de l?Autre je ne peux que m?y r?f?rer pour exister. Il est
quelque part mon cr?ateur. Celui qui me regarde et donc me fait exister.
Oeil d?Horus ?gyptien. Certains l?ont appel? Dieu, d?autres la Chose,
l?impronon?able YHVH.
Ce lieu de l?Autre je vais l?habiller, le d?corer, j?y viendrai chercher
ma confirmation.
Il ne peut ?tre que profane (?tymologiquement en 1228 prophane, de pro,
devant et fanum lieu consacr?, temple. Ce qui est hors du temple, non
consacr?, qui n?est plus sacr? en opposition ? sacer, sacr? (de sacrare,
consacrer ? une divinit?, vouer comme une mal?diction ? une divinit?).
Sacrum: ce qui appartient au monde du divin (ne peut ?tre touch? sans
souiller ou ?tre souill?).
Le passage du profane au sacr? ne peut s?effectuer que par des rites. Le
sacr? reste l?inaccessible.
Quel est donc ce sacr? inaccessible auquel chacun va offrir un sacrifice
comme pour acheter la paix de l?esprit?
Ren? Girard, dans ?La violence et le sacr?? avance une hypoth?se
int?ressante qui bouscule les th?ses freudiennes en d?montant les mythes
d?Oedipe et de Dyonisos dans les trag?dies grecques.
A l?origine de toutes les religions et mythes il y aurait la
canalisation de la violence par le sacrifice et la victime ?missaire. La
base fondatrice de l??tre humain serait la violence, la destruction de
l?autre (et non pas le parricide et l?inceste qui ne viendraient qu?en
habillage second). Tout l?effort de la soci?t? serait d??viter de retomber
dans cette violence premi?re par la canalisation d?une violence unanime,
collective sur une victime ?missaire qui n?est pas la responsable r?elle du
trouble social et donc du risque de violence sociale.
Ren? Girard prend l?exemple du roi charg? d?insultes et de coups fictifs
? certains moments de rituels et le transfert sur un animal qui est tu?,
sacrifi?. Oedipe charg? de la cause de la peste ? Th?bes puis du parricide
et de l?inceste et offert en victime ?missaire et expiatoire pour devenir un
?saint? quand il est exil? ? Colone avant de dispara?tre.
Alors la soci?t? peut continuer.
Les r?cents ?v?nements de nos banlieues pourraient en ?tre une
illustration.
Le d?cor plant? reste ? trouver le moteur qui va agir l??tre. Nous
l?appellerons le d?sir. D?sir comme moteur insu: il m?anime mais je ne sais
rien de lui.
?Le d?sir, lui, ne manque de rien?. Gilles Deleuze.
(Il manque les fl?ches)
Sacr? Lieu de l?Autre qui fabrique le
Insu Sujet
Inaccessible qui est fabriqu? par le
L?vinas: ??tre responsable pour l?Autre? et non ? sa place.
Giorgio Agamben: L?invention de l?Autre est aussi bien un savoir faire
une place ? l?autre ? c?t? de soi.
Le d?sir serait ouverture, d?lire de la r?alit? dans le sens de d?lier,
mettre du sens, s?parer dans la r?alit? par la nomination qui articul? mot ?
mot va donner, cr?er du sens dans lequel JE vais ME retrouver.
Le d?sir serait anim? par la pulsion venue de l?insu qui me surprend,
m?agit (magie). Ce serait la pulsion de vie, qu?te pour se retrouver par
l?interm?diaire de l?autre, mon prochain face ? la pulsion de mort, violence
de la destruction.
Le savoir, la connaissance ne seraient que des outils pour donner encore
plus de sens, ?largir le sens de ce qui ne sera jamais la v?rit?. Simplement
croire en l?existence.
Esp?rer: consid?rer quelque chose comme devant se r?aliser de esperare,
de spes attente d?un ?v?nement heureux, attendre, s?attendre ?, avoir
confiance en, (inespoir: fait de ne pas ou plus avoir ? esp?rer quelque
chose; esp?re en proven?al: ? l?aff?t)
?S?il n?esp?re pas , il n?atteindra pas l?inesp?r?, qui r?side en un
lieu introuvable et inaccessible?. H?raclite (fragment 18)
Ouverture (et non fermeture par l??crit, parfois bouchon par le savoir
et la v?rit?.
Ou vers TU (autre)
Ou vertu (?thique)
L??crit tue (re)
L?ordre philosophique et antiphilosophique de la croyance r?side dans
cette dimension ?hors repr?sentation du r?el?. Hors temps fantastique des
mythes.
Le sujet, confront? au n?ant qui le divise, angoiss? devant l?Autre ou
le Rien se r?fugie dans la croyance comme bouchon qui calme l?angoisse.
La croyance serait une r?ponse qui refermerait toute question tandis que
le d?sir (la foi?) serait l??nergie de l?ouverture ? vivre, aux autres, au
monde.
D?bouchons.
?L??criture, c?est le meurtre, mais par d?autres voies, du symbolique?.
Daniel Sibony.
Michel Borsotto
Le Prats de Coaraze
Novembre 2005
Bibliographie:
Marie BALMARY: Le moine et la psychanalyste
Jean-Louis BLAQUIER: Cours sur la croyance aux classes pr?paratoires
Ren? DESCARTES: Discours de la m?thode, M?ditations m?taphysiques
Sigmund FREUD: L?avenir d?une illusion
Ren? GIRARD: La violence et le sacr?
Michel ONFRAY: Trait? d?ath?ologie