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March 2007
- 45 participants
- 79 discussions
[Lutecium-group] PALABREANTESER.org : Artículo I. ARFOUILLOUX J-C
by frans.tassigny@gmail.com 19 Mar '07
by frans.tassigny@gmail.com 19 Mar '07
19 Mar '07
Frans Tassigny te ha enviado un v?nculo a un blog:
a l'attention de vos lecteurs en langue espagnole cordial ft
Blog: PALABREANTESER.org
Entrada: Art?culo I. ARFOUILLOUX J-C
V?nculo:
http://palabreanteser.blogspot.com/2007/03/artculo-i-arfouilloux-j-c.html
--
Asistido por Blogger
http://www.blogger.com/
1
0
[Lutecium-group] Fwd: [Psychanalyse] Psychanalyse des Elections et du Suffrage Universel
by frans.tassigny@gmail.com 19 Mar '07
by frans.tassigny@gmail.com 19 Mar '07
19 Mar '07
bonjour,
comme j'avais ?cris une appel aux psychanalystes humanistes voici l'?cho que
j'ai re?u :
source :
Bonjour,
j'ai ^pens? que ce texte "humaniste" que je vienx de mettre en lige sur mon
site pourra vous interesser.
Il est tr?s tr?s gauchiste, voire plus...
cordialement
Ecce liber
Christian nots
le 19 mars 2007
cordialement
frans tassigny
---------- Forwarded message ----------
From: http://www.qwarkpsy.eur.st/ <frans.tassigny at gmail.com>
Date: 19 mars 2007 12:20
Subject: [Psychanalyse] Psychanalyse des Elections et du Suffrage Universel
To: frans.tassigny at gmail.com
Psychanalyse des Elections et du Suffrage Universel : 1?re partie
Christian nots
Les techniques ?tatiques de culpabilisation pro-?lectorale des masses
civiques occidentales
Dans une sorte d'herm?neutique crypt?e du pouvoir politique contemporain,
l'Etat dans sa forme autoritaire et gouvernementale " int?grale " la plus
r?cente et dans sa versatilit? anticonstitutionnelle la plus aboutie,
commence ainsi ? imposer aujourd'hui ? subrepticement - ? chaque citoyen une
visibilit? " totale " de son intimit? priv?e et de son identit? profonde.
Pour sur-l?gitimer ce glissement anti-civique d?voyant de leurs Institutions
d'Etat (qui s'est amplifi? massivement apr?s la fin tr?s r?cente de la
Guerre Froide), les Etats n?o-lib?raux ont du recourir ? des th?ories
conspiratrices de la citoyennet? et ? des interpr?tations polici?res et
militaires de l'ancien Ordre D?mocratique Int?rieur des R?publiques, sous
les alibis opportuns de la crise " soixante-huitarde ", du nouveau
f?d?ralisme europ?en (apr?s avoir test? d'ailleurs longuement le
personnalisme " mar?chalesque " puis le personnalisme " post-mar?chalesque "
jusqu'? la fin des ann?es 60, puis les diff?rents pr?sidentialismes
? ploutocratiques ? jusqu'? aujourd'hui) et tout r?cemment du terrorisme
islamique international (d'ailleurs souvent? d'Etat ou li? tr?s
r?guli?rement et caricaturalement ? des erreurs g?opolitiques et
g?o-commerciales d'Etat).
Puis, ? partir du d?but des ann?es 70 (plus pr?cis?ment apr?s mai 68), les
pouvoirs gouvernementaux, tr?s inquiets face aux sursauts inattendus de
conscientisation du peuple et d'insoumission de classe des techno-citoyens,
ont d? forger soigneusement une nouvelle panoplie d'alibis manipulatoires
qu'ils ont pr?cautionneusement sur-g?n?ralis?e projectivement ? toutes les
tranches de la population afin d'instiller une culpabilit? minutieuse et
indirectement, une " domestication r?publicaine ?tatico-s?curisante " sur
l'ensemble des soci?t?s civiles.
Ces manipulations savantes ont permis ainsi d'activer une opinion populaire
" coupable " beaucoup plus adapt?e ? la s?r?nit? polici?re et paramilitaire
des nouveaux Etats n?o-lib?raux de plus en plus pointilleux sur la
domestication civique globale.
De surcro?t, ces alibis ont aussi permis de forger, dans des conditions
d'exception et/ou d'urgence artificiellement cr?es et contextuellement
sur-dramatis?es, la sur-complicit? et la validation r?actionnelle et
inconsciente des d?put?s et des juges en prescrivant les votes "
automatiques " et " hypnagogiques " de nouvelles lois compl?tement "
d?samarr?es " de la r?alit? soci?tale et particuli?rement autoritaires,
antid?mocratiques, voire anticonstitutionnelles (US Patriot Act* pour les
USA, Perben II* pour la France, etc.).
Ou plus simplement, par exemple, pendant la r?cente guerre du Golfe, l'arm?e
fran?aise (pay?e avec les Imp?ts des citoyens fran?ais) a ?t? engag?e sans
consulter le Parlement - ce qui constitutionnellement est ill?gal (Article
35 de la Loi Constitutionnelle de la V?me R?publique*, du 3 juin et du 4
octobre 1958)...
Ces alibis ubuesques, fabuleusement efficaces et toujours d'actualit?,
seront repr?sent?s par une suite de th?mes sur-g?n?ralis?s, sur-m?diatis?s
et sur-dramatis?s que des m?dias d'Etat (ou des m?dias infiltr?s par des
journalistes furtivement ?tatis?s ? doubles soldes), des experts
gouvernementaux (dans une Objectivit? Scientifique d'Etat), des Commissions
d'Etudes ?tatico-d?pendantes (parlementaires, commissions
interminist?rielles d'?tudes, Think Tanks* d'Etat?) ou encore divers
colloques incestueux ?tatico-professionnels et universitaires? vont
planifier en moyenne tous les cinq ans.
Ainsi, entre le d?but des ann?es 70 et le d?but du vingt et uni?me si?cle,
nous avons tous ?t? ?trill? respectivement - dans le cadre d'exacerbations
m?diatiques orchestr?es " millim?triquement " par le gouvernement ? par les
pseudo-probl?matiques soci?tales :
Du gauchisme subversif (tous les travailleurs et tous les ?tudiants sont des
activistes r?volutionnaires exfiltr?s par les Kominterns de l'Internationale
Communiste, de l'Internationale Socialiste, de l'Internationale
Situationniste, de l'Internationale Ecologiste, de l'internationale
Islamiste et bient?t - tr?s certainement - de l'Internationale Jihadistes
!),
Du crime organis? (tous les citoyens sont des receleurs, des artificiers
terroristes, des ?lectroniciens-espions, des vendeurs d'armes, des
trafiquants de plutonium !),
des terroristes-dormants (des centaines de citoyens sont des espions
dormants appartenant aux ? Stay Behind* ? et des ? Stay-aheads ?
sino-sovi?tiques, pr?ts ? agir logistiquement, m?ta-militairement et
terroristiquement contre l'Etat !),
De la fraude fiscale et du blanchiment d'argent (il est tr?s ?vident que
tous les citoyens connaissent la combine " sensible " qui co?te en moyenne
500 dollars et qui consiste ? monter, en domiciliation ?trang?re, une
soci?t?-?cran offshore [Clearstream !] d'exemption d'imp?t et d'expatriation
fiscale - ou encore, de nombreux citoyens fraudent et blanchissent "
commun?ment " de grandes quantit?s d'argent, notamment par l'interface
institutionnelle du clearing financier international ! -),
De la probl?matique des sectes (plusieurs millions de citoyens appartiennent
? des sectes non-ma?onniques !),
Puis aujourd'hui, du Terrorisme Islamique International (ou plut?t quelques
dizaines de Djihadistes manipul?s et parrain?s inconsciemment ? et
certainement quelquefois consciemment [Ben doit savoir cela ] - par le
D?partement d'Etat et la CIA*) ? probl?matique hyper-m?diatis?e qui -
accessoirement ? permet de cacher les cons?quences plan?taires dramatiques
des Recolonisations N?olib?rales* en Am?rique latine ou en Afrique (appel?es
somptuairement dans la Novlangue d'Etat* ? Mondialisation ?) et les
pr?paratifs militaires caricaturaux et trop visibles d'une ?ventuelle
troisi?me guerre mondiale [Etats-Unis contre Chine puis Etats-Unis contre
Europe] ? qui semble hautement probable pour la majorit? des sp?cialistes du
Renseignement et de la D?fense (car les Etats-Unis Narcissique et
Toute-Puissante n'accepteront logiquement jamais la position
hyper-concurrentielle de la Chine apr?s 2020*).
Puis tout r?cemment, nous avons assist? ? la sur-m?diatisation
gouvernementale des nouveaux th?mes, extirp?s du " Planisme Techno-Culturel
Sp?cial d'Etat " qui supervise la " m?ga-rumeur soci?tale pr?-?lectorale,
inter-?lectorale et pro-?lectorale ", de l'ins?curit? soci?tale globale
(routi?re, banlieusarde, r?gionaliste, insulaire?), de la d?linquance non
plus des jeunes (et c'est tr?s novateur pour les conseillers " confidentiels
" du gouvernements et pour les cabinets noirs du gouvernement - qui
finalement sont assez cr?atifs -), mais de la population g?n?rale
(p?dophilie " g?n?ralis?e ", maltraitance " nationale " des enfants [pour
les ? b?b?s ?, ?a devrait venir m?diatiquement bient?t !] et des personnes
?g?es, armement excessif de la population et notamment des? chasseurs !) ou,
(comme en 2002) des pseudo-risques ridicules d'une soi-disante
? renazification furtive de la France ? orchestr?e par une extr?me droite
subtilement stigmatis?e comme sulfureuse? (et surtout pr?sidentiable face ?
l'ancien roi !).
Ainsi, ces derniers th?mes tr?s en vogue surtout dans les p?riodes
pr?-?lectorales, permettent de l?gitimer aux yeux d'une opinion publique
largement confuse et culpabilis?e (mais non coupable !), les agissements
despotiques et muscl?s des institutions gouvernementales technocratiques
contemporaines qui tendent vers l'Etat " maximal " (formes d'?tatisme
autoritaire pourtant historiquement d?j? largement exp?riment?es), tout en
h?t?ronomisant les citoyens visc?ralement et mol?culairement avec une
multitude d'angoisses psychotiques prescrites par les nouveaux " Big-Fathers
et Big-Brothers* ?tatiques occidentaux ", tr?s " orwelliens " mais bien
r?els, actuellement communautaires, f?d?raux et bient?t
national-mondialistes.
Ces th?mes d'Etat (Cry Wolf Syndromes d'Etat* que nous traiterons dans le
prochain article) permettent aussi, depuis quelques ann?es, de criminaliser
outranci?rement - par exemple - les exc?s de vitesse ou encore la possession
de certaines cat?gories d'armes de chasse, de diluer sereinement les lois
qui encadraient l'informatique administrative (triangulation des fichiers
administratifs d'Etat, Data Mining d'Etat*, etc.), de transcender
pro-?tatiquement l'ancien respect constitutionnel et d?mocratique de
l'intimit? priv?e des citoyens (Perb?II, mise en place de dizaines de
milliers de contr?les de terrain ill?gitimes et vexatoires de la CAF, de
l'URSSAF, du Tr?sor public, des RG, de la DST, de la Gendarmerie, etc.) ou
encore de mat?rialiser subrepticement le d?but du fichage g?n?tique de toute
la population des technocraties (French?chelon*, Fichiers multiples et
inter-connect?s des administrations).
Il est d'ailleurs tr?s, tr?s amusant de constater que ces suspicions d'Etat,
parano?des et sur-g?n?ralis?es ? tous les citoyens, correspondent exactement
aux m?mes activit?s d?lictuelles et criminelles perp?tr?es par de nombreuses
?lites d'Etat des Etats-Unis d'Am?rique et des Etats-Unis d'Europe (sectes
politico-atlantistes d'Etat bien connues de type loge P2*, Gladio* ou OTS,
trafics d'Etat de centrales nucl?aires et d'armes atomiques avec de tr?s
nombreux pays ?trangers [nos tr?s belles ventes de centrales nucl?aires
fran?aises aux Iraniens couvert par le Tr?s Secret D?fense - qui font -
contre toute attente - tant et tant de bruits aujourd'hui], terrorismes
d'Etat [tuerie d'Auriol, Commando Delta en Alg?rie, etc.], criminalit?s
d'Etat [nos magnifiques vedettes high-Tech vendues ? Ta?wan !], clearings
transfrontaliers d'Etat* [les immenses, tr?s secr?tes et hors statut
bancaire ? chambres compensatoires* ? ou les multiples, ultra-prot?g?es et
incompressibles ? paradis offshore ? d'Etat*), blanchiments d'argent d'Etat
via les grandes entreprises " nationalis?es " d'Etat ou via de nombreuses
caisses de retraite, g?nocides d'Etat, collaborations ? noires ? d'Etat,
auto-amnisties d'Etat, affairismes d'Etat, ? Restitutions Extraordinaires
d'Etat ?, tortures d'Etat, caisses noires et fonds secrets " d?fiscalis?s "
d'Etat, assassinats d'Etat, trafics d'Etat de tr?s hautes technologies
ultra-sensibles*?).
Dans une sorte de pseudo-l?gitimit? sulfureuse et projective anti-citoyenne,
le " soup?on civique g?n?ralis? " impr?gne ainsi actuellement tout le champ
soci?tal. Dans de nombreuses technocraties pourtant trans-historiquement
(re)connues pour leur respect " apparent " des droits de l'homme et pour
leurs intentionnalit?s d?mocratiques de fa?ade, chaque citoyen est devenu
actuellement un suspect, un subversif ? intentionnalit? terroriste
potentielle, un possible agent dormant du G.R.U., de la C.I.A. et
aujourd'hui d'Al Qaida, compl?tement int?gr? ? la soci?t?, voire m?me ? la
vie politique?
Nous ne sommes plus tr?s loin ou nous sommes souvent d?j?, pour de nombreux
pays (pour nos copains " hyper-d?mocrates " des polices politiques
europ?ennes et pour nos amis militaires des " Services Action* " et des
Services des ? Op?rations Homo* ? anti-civiques, [je ne parle pas ici bien
s?r de la France qui est devenue totalement, d?finitivement et visiblement
une R?publique aboutie et profond?ment d?mocratique !]), dans les
d?voiements sulfureux de l'?tatisme autoritaire dans ses formes les plus
caricaturales.
D'ailleurs, n'oublions pas que ces formes absolutistes d'?tatisme ont d?j?
exist? r?cemment dans la plupart des grandes technocraties polici?res
occidentales (p?riode partiellement d?historicis?e du p?tainisme, p?riode
amn?sique de l'?re Adenauer, p?riode ang?lis?e du gaullisme, p?riode
scotomis?e du maccarthysme pour les Etats-Unis, etc.) et dans certaines
pr?-d?mocraties europ?ennes encore mal cicatris?es de leur r?cente
historicit? fasciste qui continuent ? abuser de l'?tat d'urgence* [d'Etat]
et de l'?tat d'exception* [d'Etat] (cas de l'Italie contemporaine jusqu'au
milieu des ann?es 90).
Objectifs ?tatiques li?s ? la transformation du traditionnel
citoyen-borderline en citoyen schizophr?ne
L'ordre asymbolique civique g?n?ralis? ou plut?t le chaos symbolique des
citoyens, prescrit par les Etats pour p?renniser exponentiellement leur
sur-puissance contemporaine ?nigmatique, est donc le lubrifiant principal
des m?canismes civiques inconscients les plus sulfureux qui garantit une
opinion publique facilement orientable, une suggestivit? pr?- et
inter-?lectorale facilement dirigeable, une intensit? " consommatoire " et "
fiscale " constante, une immuabilit? professionnelle g?n?ralis?e, une "
chaotisation " conjugale et filiale rassurante, une intentionnalit?
guerri?re, criminelle et coloniale toujours op?rationnelle?
Ce chaos symbolique des citoyens lubrifie aussi d'autres m?canismes civiques
inconscients beaucoup plus pervers, en neutralisant notamment les pulsions
r?volutionnaires (non violentes - bien s?r !), les pulsions militantes, les
pulsions syndicales et les pulsions contre-?tatiques des citoyens.
En fait, le citoyen qui n'adh?re pas ? ces normes m?diatiques, cognitives,
symboliques et neurochimiques d'Etat, prend le risque de perdre ses
reconnaissances soci?tales et institutionnelles d'Etat (reconnaissance "
normopathique " par la bienveillante " assurance-maladie ", par les
bienveillantes institutions d'Etat d'aide sociale, par les bienveillantes
institutions d'Etat de formation, par les bienveillantes institutions
polici?res d'Etat de la " bonne citoyennet? "?) en se laissant identifier
comme d?format? ou insuffisamment normalis? (cas des professions
non-encadr?es par l'Etat, cas des pratiques culturelles et informationnelles
non-contr?l?es par l'Etat, cas des couples non-mari?s par l'Etat, cas des
syst?mes religieux non-reconnus par l'Etat, cas des formes de commerce
non-accept?s par l'Etat, cas des syst?mes de contre-pouvoirs novateurs
non-reconnus par l'Etat?).
Ainsi, en toute transparence et en toute l?galit?, les Etats et de
nombreuses institutions incestueuses p?ri- ou para-?tatiques ont depuis peu
" sur-drogu? " et " sur-usin? " litt?ralement l'appareil psychique des
citoyens sans aucun contr?le d?mocratique et surtout, sans aucune limite
?thique. Ces dispositifs ?tatiques d'inhibition et de proth?tisation de la
subjectivit? via les alt?rations de la parole, du lien social, de la
communication symbolique, de la neurophysiologie, de la culture (?)
correspondent, dans nos soci?t?s, aux proth?ses ou plut?t aux onanismes
identitaires num?riques, aux onanismes identitaires t?l?visuels, aux
onanismes identitaires " ludo-num?riques " (dont nos enfants sont tr?s
friands !), aux onanismes identitaires patriotiques et guerriers (banalis?s
tout au long du XX?me si?cle et s?rement tout au long du XXI?me si?cle), aux
onanismes identitaires herm?neutiques (les religions d'Etat ou encore le
courant psychanalytique d'Etat tel que le lacanisme dans sa forme
universitaire contemporaine, heureusement restrictivement
franco-fran?aise?), aux onanismes identitaires psychotropiques, alcooliques,
n?o-addictifs (les sports par procuration?), etc.
Toutes ces proth?ses qui usinent " manipulatoirement " et ? notre insu notre
sensibilit? et notre relief identitaire, sont en train de transformer les
technocraties en " ali?nocraties " cognitives o? les citoyens auront de
moins en moins la possibilit? d'ordonner et d'actualiser leurs reliefs
symboliques et pulsionnels.
Ainsi, le fin du fin du contr?le totalitaire par le politique de la sph?re
intime des citoyens correspond ? ce nouveau contr?le invisible de leur vie
symbolique, dans une sorte de viol cognitif indolore et multi-topique.
Pour parodier cr?ativement Hannah Arendt, on peut poser cette nouvelle
d?finition de l'hyper-politisme ou plut?t de l'hyper-?tatisme contemporain :
" La raison d'?tre de l'hyper-?tatisme contemporain des grandes f?d?rations
occidentales est l'asservissement cognitif d?finitif des citoyens et son
champ d'exp?rience est la d?shumanisation avanc?e de la soci?t? ". Apr?s
cela, on ne peut plus se demander na?vement o? et quand va s'installer
d?finitivement cette citoyennet? psychotique r?publicaine de type
m?ta-patriotique, n?o-f?d?raliste et hyper-guerrier?
Cette nouvelle forme de guerre ? l'int?rieur du Self des citoyens est donc
une v?ritable guerre cognitive anti-civique de nature m?diatique,
neurochimique, synaptique et pulsionnelle qui, au-del? du bouclage
quasi-termin? de sa forme occidentalis?e, est en train de prendre une forme
mondialis?e. Ainsi, nous savions que, depuis quelques mill?naires et jusqu'?
nos jours, l'histoire de l'(in)humanit? s'est syst?matiquement confondue
avec l'histoire de la guerre ; mais - avec ce nouveau type de guerre -, nous
assistons l?, r?ellement, au d?but de la fin de la civilisation car
l'identit? symbolique du peuple avec ses humeurs et ses affects commence -
pour la premi?re fois dans l'histoire de l'humanit? - ? ?tre usin?e
massivement et mondialement par ces nouvelles techniques de
d?personnalisation de masse orchestr?es essentiellement par les deux grandes
f?d?rations c?saristes am?ricaine et europ?enne [qui d?rivent sulfureusement
vers l'hyper-politique intra-f?d?ral et le m?ta-gouvernemental plan?taire]
via la mondialisation :
de leurs taux de change* [opportun?ment flottants ! Comme ? par exemple -
pour la pseudo-parit? impos?e peso argentin/dollars US* ou peso
mexicain/dollars US*],
de leurs taux d'int?r?ts* [qui font opportun?ment la gigue ! Comme en 78/79
lors de la hausse brutale et volontairement ligaturante des taux d'int?r?ts
des cr?dits de la Banque Mondiale* ? et ses 5 filiales - par la R?serve
F?d?rale Am?ricaine* accord?s aux 100 pays pauvres et tr?s endett?s du
Tiers-monde*],
de leurs cr?dits,
de leurs Plans d'Ajustement Structurel impos?s par le philanthrope FMI*
(renomm?s en urgence ? censure rampante oblige ? FRPC* c'est-?-dire Facilit?
pour la r?duction de la pauvret? et la croissance*),
de leurs ventes d'armes*,
de leurs ventes de centrales nucl?aires*,
de leurs services secrets,
de leurs apartheids pharmaceutiques*,
de leurs surveillances num?rique et ?lectronique plan?taires*,
de leurs guerres coloniales*,
de leurs d?barquements coloniaux*,
de leurs camps de concentration*,
de leurs sites noirs* et de leurs centres de tortures*,
de leurs ex?cutions extra-judiciaires*,
de leurs disparitions ? Nuit et Brouillard* ?,
de leurs ? Restitutions Extraordinaires* ? et de leurs enl?vements
internationaux supra-l?gaux*,
de leurs m?ga-institutions d'intrusions transnationales*,
de leur projet de Gouvernance plan?taire Occidentalis?e* [en Novlangue
d'Empire ou d'Etat] et de ? Gouvernement Mondial Pro-occidental* ?,
etc.
Le cycle de l'histoire est donc bien en train de passer d'une suite
ininterrompue de guerres, ? un arr?t brutal de la subjectivit? consciente
des peuples par implosion cognitive progressive, mondialis?e et furtive de
l'ensemble des citoyens de la plan?te en ce d?but de XXI?me si?cle.
Cette crise civique de l'identit? symbolique est historiquement compl?tement
monstrueuse, bien au-del? des abjections " banales " de l'histoire de
l'hominisation, avec le d?veloppement dans de nombreux pays de cette
nouvelle forme de soci?t? m?ta-fasciste ou m?ta-totalitaire o? les citoyens
sont activement d?personnalis?s, d?c?r?br?s et politiquement
d?responsabilis?s afin de les rendre pro-?tatiquement, pro-imp?rialement et
surtout pro-?lectoralement compl?tement op?rationnels.
En cons?quence, les concepts traditionnels de l'ancien paysage d?mocratique
r?publicain (la citoyennet?, l'ordre public, la sant? publique, la libert?
de conscience, les libert?s individuelles, la puissance de l'Etat, le
syst?me ?lectoral de la R?publique, la Constitution, le Suffrage Universel?)
sont en train de devenir (et le sont d?j? pour de nombreux pays
technocratiques) compl?tement obsol?tes, voire ineptes.
Finalement, ces nouvelles h?t?ronomies assist?es des citoyens, en
virtualisant " indolorement " leur conscience de Soi, en all?geant
artificiellement le poids de leurs responsabilit?s soci?tales et en les
verrouillant furtivement dans une apathie r?publicaine et dans un
apragmatisme d?mocratique extr?me, permettent de pr?-identifier de nouvelles
formes de soci?t?s totalement " stables ", non plus pilot?es par des "
nucl?ocrates " et par des " ?narques ", mais pilot?es par des " neurocrates
" et par des " schizocrates ".
Elles vont devenir certainement ? terme, ? la fois le terminus politique de
l'histoire et en m?me temps l'apog?e post-?tatique et n?o-imp?riale de la
d?-civilisation technocratique. On peut m?me envisager aujourd'hui
pro-activement ? uniquement pour les chercheurs non-?tatis?s des sciences
humaines -, par anticipation cr?atrice, de nouvelles topologies de recherche
dans la philosophie politique, dans les sciences sociales, dans les sciences
politiques mais aussi bien s?r, dans les sciences militaires (devenues "
extr?mement " importantes au XX?me si?cle?) qui auraient pour lieu et pour
objet les origines et la fin de la conscience symbolique et humaniste des
citoyens et des peuples?
Les Etats modernes, en limitant savamment et furtivement la conscientisation
et l'actualisation du Self de chaque citoyen, ont ainsi invent? une nouvelle
forme de neutralisation invisible et tr?s performante des contre-pouvoirs
civiques. Ils ont bien compris que, moins les citoyens sont propri?taires de
leur identit? symbolique, de leur corps, de leur cognition et de leur
socialit?, plus le pouvoir politique est puissant par coercition
charismatique et par confusion symbolico-identitaire sur le peuple.
L' " Etat-pseudo-providence " des ann?es 80 avec ses protections sociales,
avec ses leurres " assistanciels ", avec ses menottes " assurancielles " et
avec ses " psychotropisations " socio-anesth?siantes de masse s'est
transform? en ? Etat-ing?rence* ? et en ? Etat Intrusif* ? , scell? sur de
nouveaux centres de gravit? n?o-totalitaires, panoptiques, furtifs et
incestueux, ?paul? par une panoplie d'institutions hyper-s?curitaires,
pseudo-informationnelles et pseudo-culturelles et p?rennis? par des praxis "
schizocratiques " de plus en plus socio-d?personnalisantes et d?mocidaires.
La plupart des soi-disantes grandes d?mocraties f?d?rales occidentales
actuelles, la plupart des r?publiques dites ? constitutionnelles ? et la
plupart des m?ga-technocraties sur-militaris?es contemporaines telles que
l'Europe ou les Etats-Unis, en structurant et en stimulant ouvertement ces
processus de ? d?subjectivation ? civique de masse, peuvent donc ?tre
qualifi?es - en tant que syst?mes hyper-?tatiques et hyper-politiques ? de
m?ta-fascistes et de m?ta-totalitaires.
En ?uvrant pour de telles politiques de ? d?subjectivation avanc?e ? des
citoyens, ces Etats ont invent? une nouvelle praxis totalitaire r?solument
efficace et particuli?rement furtive gr?ce ? ces nouvelles formes de
suj?tion civile extr?mement novatrices, secr?tement despotiques et
totalement invisibles !
Aux anciennes suj?tions historiques imp?riales puis ?tatiques qui ?taient
essentiellement ext?rieures (qui bien s?r sont toujours op?rationnelles),
s'est donc ajout? tout r?cemment ce nouveau train de suj?tions
m?ta-imp?riales o? le citoyen occidental est ali?n? ? l'int?rieur m?me de
ses repr?sentations mentales corporelles, cognitives et socio-politiques les
plus importantes ? mais aussi les plus archa?ques (d?sir de s?curisation,
d?sir de reconnaissance, d?sir d'agression, etc.).
Accessoirement, ces nouvelles formes ?tatiques et post-?tatiques de suj?tion
cognitive collective par virtualisation identitaire, par "
psychotropisations " multiples et par technologisations psychiques,
permettent notamment de transcender d?finitivement l'ind?passable
probl?matique scientifique de " la but?e chimique et mol?culaire " des
neurotransmetteurs qui emp?chait de " reformater " d?finitivement, dans une
sorte de " Solution Finale Cognitive ", les repr?sentations mentales des
citoyens.
En usinant directement et industriellement les repr?sentations mentales des
citoyens, elles permettent donc aux Etats technocratiques, gr?ce ? l'appui
incestueux des scientifiques, d'acc?der ? un nouveau type de drogues
quasi-parfaites et non identifiables comme telles, qui ont les avantages
pro-imp?riaux de contourner la barri?re des neurotransmetteurs, d'?tre
totalement furtives, d'?tre sans effets secondaires identifiables et de
cibler directement, indolorement, furtivement et polytopiquement l'identit?
profonde des citoyens sur un large spectre ?tatique, modulable ? volont?.
Ces m?ta-drogues provoquent ainsi de nouvelles formes " terminales ",
jusqu'alors inconnues, d'accoutumance invisible et d'assu?tude silencieuse
par " schizophr?nisation " de la personnalit? des citoyens en les incitant ?
s'auto-assujettir en boucle dans de merveilleuses conduites d'addictions
m?diatiques, num?riques, ?lectroniques, pseudo-sportives, pornographiques,
pseudo-ludiques et chimiques, sans r?elle conscience de leur intentionnalit?
auto-destructrice ou souvent avec une pseudo-conscience de leur
pseudo-intentionnalit? ?volutive?
Au total, nous assistons tous, b?ats et obs?quieux, aux abolitions
subreptices de notre vie priv?e, de nos libert?s civiques et de notre
virginit? cognitive. Nous appr?cions m?me, de plus en plus, notre nouvelle
renaissance imp?riale de citoyens-psychotiques r?publicains en
citoyens-schizophr?nes f?d?raux, sur-usin?s " psychotropiquement ",
m?diatiquement et p?dagogiquement. De plus, nous devenons ainsi extr?mement
fiers de collaborer ?lectoralement, fiscalement, colonialement et
pr?-martialement ? ces nouveaux m?ga-Etats f?d?raux.
La deuxi?me partie de ce texte sera publi? en Avril 2007. Elles concernera
notamment les manipulations m?diatiques ant?-?lectorales de l'Etat (Cry Wolf
Syndromes d'Etat, Syndromes m?diatiques de Damocl?s, etc.).
Extrait de ? Terreurs m?diatiques d'Etat ?. Terreurs ins?curitaires,
Terreurs anti-terroristes, Cry Wolf Syndroms, Syndrome de Damocl?s?,
Chapitre VI, Christian Nots, A para?tre en 2008.
[*] M?me si les sites ? sensibles ? (militaires, m?ta-informatifs, contenant
accidentellement des m?ta-informations matricielles, g?o-strat?giques, etc.)
sur Internet sont d?-r?f?renc?s volontairement (ainsi que leurs mots-cl?s),
le sigle * indique des mots-cl?s tangentiels importants ? souvent peu ou non
connus des internautes ? qui permettent l'acc?s ? l'infosph?re la plus
raffin?e ou ? des m?ta-donn?es strat?giques relativement peu ou pas
diffus?es ? ?vitant ainsi ? l'internaute les tr?s difficiles triangulations
m?ta-cognitives et/ou quantiques qu'il ne ma?trise normalement pas.
source : catherine.toillon at orange.fr
--
Envoy? par http://www.qwarkpsy.eur.st/ dans Psychanalyse
<http://psychanalyse.blogspot.com/2007/03/psychanalyse-des-elections-et-du.h…>le
3/19/2007 12:18:00 PM
--
Tassigny Frans
Sint Fransiscusstraat 25
8400 Ostende
BELGIQUE
0496 85 56 82
nv site : www.qwarkpsy.eur.st/
1
0
18 Mar '07
bonsoir,
j'ai pioch? ce dimanche ce transfert et au del? des formules de Pontalis,
Lacan, Freud, m?me Abibon qui je le crois sont d?j? connues de bcp j'ai
trouv? un texte assez original, vivant, original :
Parler de transfert me fait un peu sourire ce soir....J'avoue qu'en
plusieurs ann?es de th?rapie analytique, je me demandais si un jour il y en
aurait !Oh j'exag?re mais pas tant que ?a car je pense que le d?but d'un
travail ne fait pas imm?diatement ?merger d'?normes transferts car il y a
toute la phase de compr?hension des choses avec notre regard adulte mais
quelque soient les raisons pour lesquelles on consulte, il appara?t bient?t
et pas toujours de fa?on consciente !!
J'ai mis beaucoup de temps ? pouvoir exprimer des sentiments de col?re,
d'agressivit? et d'hostilit?, voire de rejet qui bien sur font r?f?rence ?
mes manques parentaux (mes parents m'ont confi? ? mes grands parents pdt 3
ans et demi et j'ai v?cu cea comme de l'abandon bien sur !) mais aussi ?
leurs dysfonctionnements ? eux...J'ai un jour ?t? chez mon psy en lui disant
que je pensais que j'?tais borderline, et c'est vrai que j'ai eu qq s?ances
qui me pr?paraient ? lever une sorte de clivage par rapports ? mes parents
et par rapport aux sentiments d'abandon, les sentiments ambivalents et
contradictoires que j'avais eu envers eux...et tout ? coup, je me suis lev?e
de ma chaise, (je suis en face ? face) et une col?re immense m'est sortie !!
Je me revois crier "on laisse un b?b? ? deux mois, c'est humain ?a? et une
gosse de 4 ans on la laisse encore, mais c'est quoi ces liens l? ? C'est
quoi ces adultes ? je vais tout vous p?ter , je suis en col?re..." "c'est
pas humain, c'est pas humain"...Bon l? c'est vrai que j'avais du mal ? me
contr?ler...Lui est rest? "zen", heureusement car j'avais besoin d'un
contenant pour tout ?a !
Il y a souvent des transferts et contre transferts entre nous, je me rends
compte qu'il est parfois l'enfant et moi le "mauvais parent" et vice versa,
ce qui me permet de petit ? petit exprimer l'enfant malade (j'ai ?t?
d?pressive tr?s jeune et en m tps super active, j'ai march? tot, fait tout
tot mais affectivement j'avais mal de l'absence, du manque...de l'injustice
de la situation...) , ce que je continue a faire mais aussi de
responsabiliser l'adulte en moi, de voir les choses d'une fa?on diff?rente
sans doute, oter la culpabilit? que je porte ? la place de ces adultes qui
ont ?t? mes rep?res aussi....
Oui j'avoue que depuis quelques temps ca d?pote niveau transfert et je sors
bcp de col?re !! Cela me permet aussi de r?ajuster mes ?motions, poser les
mots m'aide ? g?rer mes ressentis meme si depuis quelques temps ?a part un
peu dans tous les sens (c'est le probl?me du trop vide et du trop plein !)
mais voil?, pour dire qu'il a fallu quasiment 4 ans pour que je puisse
rejouer face ? lui d'?nomes blessures narcissiques, d'?normes probl?mes de
confiance, et j'en passe...Il me renvoit aussi a mon sentiment d'abandon et
par moment, pour cela je le hais !! C'est pas du transfert tout ?a ?
En meme temps quand ils sont l?, il faut les g?rer et l? depuis 2 ans c'est
angoisses sur angoisses....moments de d?pressions etc...Disons que le
travail ne s'effectue pas tel un long fleuve tranquille, loin de l?....S'il
ne se passe rien c'est que les d?fenses sont sans doute encore trop solides
? Je pense qu'un bon praticien va veiller ? re narcissiser le sujet avant de
lui faire faire le grand saut ! On l?che pas un jeune oiseau du nid quand
voler est trop risqu? , non ?
?a se voit tant que cela que j'ai des probl?mes d'autonomie ?
Je tente de rire de tout cela mais je m'accroche surtout et comme j'ai une
grande confiance en mon psy (il n'y a pas le choix non plus !), je me dis
que l?, ?a va bouger m?m? si c'est dur et que je pleure beaucoup...D?sol?e
si mes propos sont un peu "dans tous les sens" mais je me sens un peu ainsi
ce soir, en pleine r?gression !!
Le psy ne comble pas les manques, il doit ?tre l? pour aider ? en prendre
conscience, les l?cher, quitte ? faire re vivre certaines choses mais en
?tant l? pour contenir et aider a faire le tri par rapport ? notre v?cu,
notre personnalit?....
Qu'en pensez vous ?
jenny
source : http://www.psychanalyse-en-mouvement.net/articles.php?lng=fr&pg=430
Le 18/03/07, lutecium-group-request at lutecium.org <
lutecium-group-request at lutecium.org> a ?crit :
>
> Send Lutecium-group mailing list submissions to
> lutecium-group at lutecium.org
>
> To subscribe or unsubscribe via the World Wide Web, visit
> http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group
> or, via email, send a message with subject or body 'help' to
> lutecium-group-request at lutecium.org
>
> You can reach the person managing the list at
> lutecium-group-owner at lutecium.org
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> When replying, please edit your Subject line so it is more specific
> than "Re: Contents of Lutecium-group digest..."
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> 1. Re: vous avez dit transfert, comme c'est bizare....
> (Catherine Grandjean)
> 2. Re: H?t?rog?n?it? des instances et de leurs modes
> d'expression (Catherine Grandjean)
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> (Emmanuel Bing)
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> Message: 1
> Date: Sun, 18 Mar 2007 13:12:58 +0100
> From: Catherine Grandjean <catherine-grandjean at cegetel.net>
> Subject: Re: [Lutecium-group] vous avez dit transfert, comme c'est
> bizare....
> To: Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne
> <lutecium-group at lutecium.org>
> Message-ID: <00af01c76956$c4dbedc0$1501a8c0 at intel>
> Content-Type: text/plain; charset=iso-8859-1
>
> Bonjour,
>
> Le probl?me, c'est qu'il ne suffit pas d'?crire une fiction, avec un h?ros
> ou non, pour se dire ?crivain. Par exemple, je ne consid?re que les BD de
> Spiderman soient de la litt?rature. Donc, ces rapports entre la
> fantasmagorie d'un auteur et l'histoire qu'il raconte sont tr?s
> insuffisants
> pour qu'il d?finir la litt?rature, au sens esth?tique, artistique du
> terme,
> et pour en parler.
>
> La litt?rature est au-del? de l'histoire que raconte un livre. Elle est,
> entre autre, et c'est absolument capital, du c?t? de la musicalit?. Alain
> Didier-Weill, dans un livre assez remarquable, dont le titre est
> Invocations, donne un rep?rage pr?cis de cette musicalit?, d'essence
> dionysiaque : est auteur celui qui se tient tr?s au bord du R?el depuis le
> symbolique. Plus au bord encore, c'est la musique elle-m?me. C'est sur ce
> bord entre symbolique et r?el qu'op?re la litt?rature. C'est le bord de
> l'inoui, de ce qui, jusqu'? ce livre, n'avait encore jamais ?t? entendu.
>
> Alors qu'? prendre les choses par la fantasmagorie de l'auteur et ses
> relations ? ses personnages ou ? l'histoire du livre, on reste dans
> l'imaginaire, et on rate l'essence de la litt?rature. Pire : on n'est pas
> loin de dire que tout le monde pourrait ?tre ?crivain. Ca n'est pas le
> cas.
> Ecrire (lire ?galement), cela n?cessite au contraire de s'exiler de son
> imaginaire, de son petit moi, de faire taire "sa radiophonie int?rieure"
> (Roland Barthes). Sinon, on ne fait que se raconter, fut-ce de fa?on
> masqu?e, et d'un point de vue litt?raire, c'est sans int?r?t aucun.
>
> Bon dimanche,
>
> --
> Catherine
>
>
> ----- Original Message -----
> From: "Eric Maillard" <emaillard at noos.fr>
> To: <maldoro at ifrance.com>; "Groupe de travail pour la psychanalyse
> lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org>
> Sent: Sunday, March 18, 2007 12:26 PM
> Subject: Re: [Lutecium-group] vous avez dit transfert, comme c'est
> bizare....
>
>
> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
> ---
> Il me semble que dans le fantasme qu'est ce "drame qu'il ressent dans sa
> propre existence", l'auteur, par identification-projection, cr?e un double
> imaginaire, un Autre virtuel, h?ros h?las inop?rant qui, je crois, ne
> "re?oit" aucune pulsion. Peut-?tre, effectivement, le leurre peut-il
> soulager ?
> EM
> ----- Original Message -----
> From: "Frans Tassigny" <frans.tassigny at gmail.com>
> To: "lutecium-group" <lutecium-group at lutecium.org>
> Sent: Saturday, March 17, 2007 6:14 PM
> Subject: [Lutecium-group] vous avez dit transfert, comme c'est bizare....
>
>
> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
> ---
> . Il y aurait un "transfert" entre l'auteur et son h?ros; celui-ci d?place
> un drame qu'il pressent dans sa propre existence en l'articulant dans le
> champ romanesque. Il exorcise son angoisse ? travers une exp?rience
> fictive,
> il essaie son h?ros au meurtre, au suicide, d?pla?ant ainsi ses propres
> pulsions auto-destructrices. Cela le soulage et si ses probl?mes restent
> entiers, il les a momentan?ment "d?charg?s", sa ou ses victimes passent du
> r?el ? la fiction dans la conscience obscure d'une soci?t? qui se repa?t
> de
> larmes et de sang.
>
> un psychanalyste m'a r?pondu ceci :
>
> .Lacan a trouv? dans Lol V. Stein l'application de certaines de ses
> th?ories
> ...Mais dire qu'il y a un "transfert" entre l'auteur et son h?ros ne me
> semble pas tout ? fait correct... Il me semble que le travail d'?criture
> est
> plut?t de l'ordre de travail du r?ve... C'est absolument insuffisant de
> dire
> qu'un ecrivain fait suicider son personnage parce qu'il subit ce genre de
> pulsion lui-m?me... Aussi bien que de reduire un r?ve de suicide ? son
> contenu manifeste... S'il y a du "transfert" dans l'ecriture c'est plutot
> entre l'auteur et son lecteur abstrait, il me semble. C'est le lecteur qui
> est l'Autre s'il y en a un plut?t que le h?ro. Le discours d?coule de
> l'histoire de l'auteur, mais il est cod? et doit ?tre decript?.
>
> je crois cette intervention pertinente Mais qu'en est-il v?ritablement du
> sujet de l' inconscient? Qu'en est-il de cette pr?sence qui lui est
> sujette?
> transfer ?
>
> votre avis
>
> merci
> ft
> --
> Tassigny Frans
> Sint Fransiscusstraat 25
> 8400 Ostende
> BELGIQUE
> 0496 85 56 82
>
> nv site : www.qwarkpsy.eur.st/
> _______________________________________________
> A question? click Help-Me at lutecium.org
> Lutecium-group mailing list
> Lutecium-group at lutecium.org
> http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group
>
>
> _______________________________________________
> A question? click Help-Me at lutecium.org
> Lutecium-group mailing list
> Lutecium-group at lutecium.org
> http://cerium.lutecium.org/cgi-bin/mailman/listinfo/lutecium-group
>
>
>
>
>
> ------------------------------
>
> Message: 2
> Date: Sun, 18 Mar 2007 14:08:02 +0100
> From: Catherine Grandjean <catherine-grandjean at cegetel.net>
> Subject: [Lutecium-group] Re: H?t?rog?n?it? des instances et de
> leurs modes d'expression
> To: Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne
> <lutecium-group at lutecium.org>
> Message-ID: <00eb01c7695e$76525ce0$1501a8c0 at intel>
> Content-Type: text/plain; charset=iso-8859-1
>
> Sur ce m?me th?me, voici quelques citations, extraites du VII?me petit
> trait?, intitul? "Sur les rapports que le texte et l'image n'entretiennent
> pas", de Pascal Quignard. Si le fantasme est image, on comprendra qu'il ne
> peut se faire texte.
>
> "Il est 1.contradictoire, 2.vain de demander au signe qu'il se transporte
> dans l'objet qu'il r?f?re, car la signification est ce transport m?me ;
> c'est astreindre l'?crit ? sa mort."
>
> "L'image est proprement l''interdit' du dire. De l?, si l'on veut
> conserver
> ? cette impossibilit? sa vieille et fondative ?nergie, il semble qu'on ne
> puisse ni lire ? haute voix nitraduire en images ou en film ou en dessins
> ou
> sous une forme th??trale quelque livre qui ait ?t? ?crit au monde."
>
> "Pour reprendre la phrase que Gorgias pronon?a ? Ath?nes : ce que l'oeil
> voit, la bouche ne peut le prononcer ; ce que la bouche pronconce la main
> ne
> peut le toucher ; ce que la main ?treint et palpe, le nez ne peut le
> sentir
> etc. En d'autres termes, les significations que les lettres couchent par
> ?crit sont incommunicables aux repr?sentations que les images dressent
> devant nos yeux"
>
> "Quand l'un est lisible, l'autre n'est pas vu. Quand l'un est visible,
> l'autre n'est pas lu. A quelque contigu?t? qu'on s'efforce, ces deux media
> demeurent parall?les, et il faut dire que, pour l'?ternit?, ces mondes
> sont
> imp?n?trables l'un ? l'autre."
>
> "Un mode d'expression ne se transpose en un autre qu'? la condition de sa
> perte."
>
> "Il disait que les livres avaient ?t? ?crits par d'autres que ceux dont
> ils
> portaient le nom et que les r?cits qu'ils contenaient renvoyaient ? des
> choses plus anciennes".
>
> Sur ce point, les relations qu'entretint Freud avec une chanteuse
> populaire
> de son temps (je n'ai plus les r?f?rences pr?cises sous la main) sont
> ?clairantes. Cette chanteuse, que Freud avait grand plaisir ? ?couter, lui
> ?crit un jour une lettre : elle lui explique pr?cis?ment que lorsqu'elle
> chante, ce n'est pas elle qui chante. Elle dit l'exil de soi que requiert
> le
> chant. Freud lui r?pond en substance : c'est impossible, votre art est le
> reflet de votre personnalit? profonde. A ce moment l?, il rate exactement
> ce
> qu'est l'art.
>
> --
> Catherine
>
>
>
> ----- Original Message -----
> From: "Catherine Grandjean" <catherine-grandjean at cegetel.net>
> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne"
> <lutecium-group at lutecium.org>
> Sent: Sunday, March 18, 2007 1:12 PM
> Subject: Re: [Lutecium-group] vous avez dit transfert, comme c'est
> bizare....
>
>
> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
> ---
> Bonjour,
>
> Le probl?me, c'est qu'il ne suffit pas d'?crire une fiction, avec un h?ros
> ou non, pour se dire ?crivain. Par exemple, je ne consid?re que les BD de
> Spiderman soient de la litt?rature. Donc, ces rapports entre la
> fantasmagorie d'un auteur et l'histoire qu'il raconte sont tr?s
> insuffisants
> pour qu'il d?finir la litt?rature, au sens esth?tique, artistique du
> terme,
> et pour en parler.
>
> La litt?rature est au-del? de l'histoire que raconte un livre. Elle est,
> entre autre, et c'est absolument capital, du c?t? de la musicalit?. Alain
> Didier-Weill, dans un livre assez remarquable, dont le titre est
> Invocations, donne un rep?rage pr?cis de cette musicalit?, d'essence
> dionysiaque : est auteur celui qui se tient tr?s au bord du R?el depuis le
> symbolique. Plus au bord encore, c'est la musique elle-m?me. C'est sur ce
> bord entre symbolique et r?el qu'op?re la litt?rature. C'est le bord de
> l'inoui, de ce qui, jusqu'? ce livre, n'avait encore jamais ?t? entendu.
>
> Alors qu'? prendre les choses par la fantasmagorie de l'auteur et ses
> relations ? ses personnages ou ? l'histoire du livre, on reste dans
> l'imaginaire, et on rate l'essence de la litt?rature. Pire : on n'est pas
> loin de dire que tout le monde pourrait ?tre ?crivain. Ca n'est pas le
> cas.
> Ecrire (lire ?galement), cela n?cessite au contraire de s'exiler de son
> imaginaire, de son petit moi, de faire taire "sa radiophonie int?rieure"
> (Roland Barthes). Sinon, on ne fait que se raconter, fut-ce de fa?on
> masqu?e, et d'un point de vue litt?raire, c'est sans int?r?t aucun.
>
> Bon dimanche,
>
> --
> Catherine
>
>
> ----- Original Message -----
> From: "Eric Maillard" <emaillard at noos.fr>
> To: <maldoro at ifrance.com>; "Groupe de travail pour la psychanalyse
> lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org>
> Sent: Sunday, March 18, 2007 12:26 PM
> Subject: Re: [Lutecium-group] vous avez dit transfert, comme c'est
> bizare....
>
>
> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
> ---
> Il me semble que dans le fantasme qu'est ce "drame qu'il ressent dans sa
> propre existence", l'auteur, par identification-projection, cr?e un double
> imaginaire, un Autre virtuel, h?ros h?las inop?rant qui, je crois, ne
> "re?oit" aucune pulsion. Peut-?tre, effectivement, le leurre peut-il
> soulager ?
> EM
> ----- Original Message -----
> From: "Frans Tassigny" <frans.tassigny at gmail.com>
> To: "lutecium-group" <lutecium-group at lutecium.org>
> Sent: Saturday, March 17, 2007 6:14 PM
> Subject: [Lutecium-group] vous avez dit transfert, comme c'est bizare....
>
>
> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
> ---
> . Il y aurait un "transfert" entre l'auteur et son h?ros; celui-ci d?place
> un drame qu'il pressent dans sa propre existence en l'articulant dans le
> champ romanesque. Il exorcise son angoisse ? travers une exp?rience
> fictive,
> il essaie son h?ros au meurtre, au suicide, d?pla?ant ainsi ses propres
> pulsions auto-destructrices. Cela le soulage et si ses probl?mes restent
> entiers, il les a momentan?ment "d?charg?s", sa ou ses victimes passent du
> r?el ? la fiction dans la conscience obscure d'une soci?t? qui se repa?t
> de
> larmes et de sang.
>
> un psychanalyste m'a r?pondu ceci :
>
> .Lacan a trouv? dans Lol V. Stein l'application de certaines de ses
> th?ories
> ...Mais dire qu'il y a un "transfert" entre l'auteur et son h?ros ne me
> semble pas tout ? fait correct... Il me semble que le travail d'?criture
> est
> plut?t de l'ordre de travail du r?ve... C'est absolument insuffisant de
> dire
> qu'un ecrivain fait suicider son personnage parce qu'il subit ce genre de
> pulsion lui-m?me... Aussi bien que de reduire un r?ve de suicide ? son
> contenu manifeste... S'il y a du "transfert" dans l'ecriture c'est plutot
> entre l'auteur et son lecteur abstrait, il me semble. C'est le lecteur qui
> est l'Autre s'il y en a un plut?t que le h?ro. Le discours d?coule de
> l'histoire de l'auteur, mais il est cod? et doit ?tre decript?.
>
> je crois cette intervention pertinente Mais qu'en est-il v?ritablement du
> sujet de l' inconscient? Qu'en est-il de cette pr?sence qui lui est
> sujette?
> transfer ?
>
> votre avis
>
> merci
> ft
> --
> Tassigny Frans
> Sint Fransiscusstraat 25
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>
> Message: 3
> Date: Sun, 18 Mar 2007 14:13:13 +0100
> From: "Psychanalyse" <psychanalyse at wanadoo.fr>
> Subject: Re: [Lutecium-group] vous avez dit transfert, comme c'est
> bizare....
> To: "Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne"
> <lutecium-group at lutecium.org>, <maldoro at ifrance.com>
> Message-ID: <000f01c7695f$30e98b50$4810f052 at yourhitqbzkues>
> Content-Type: text/plain; format=flowed; charset="iso-8859-1";
> reply-type=original
>
>
> Dans le ph?nom?ne de l'?criture, il y a bien m?canisme de projection en
> langage freudien, c'est-?-dire d?placement de la pulsion interne
> repr?sent?e
> par les contenus fantasmatiques et r?investissement pulsionnel de la
> libido
> vers les objets externes figur?s par le sc?nario cr??. Dire que l'Autre
> virtuel est inop?rant me para?t r?ducteur en ce que cela pose la question
> de
> diff?rencier le dedans du dehors, donc de d?finir la limite de la r?alit?
> psychique interne de l'espace de la r?alit? du monde ext?rieur. Les
> personnages cr??s n'appartiennent-ils pas aux deux espaces?
>
> La notion de transe-faire est r?serv?e ? la s?ance psychanalytique par
> convention. Cela n'exclut pas en effet qu'il y ait transfert au dehors...
> Le
> non-dit de cette question sur le transfert est de montrer qu'on peut faire
> de la psychanalyse par Internet (transfert par l'?criture) en amalgamant
> ?criture romanesque et m?taphore de l'?criture du sympt?me dans la th?orie
> lacanienne. La psychanalyse, c'est un cadre et un principe, l'oralit?.
>
> MR
>
>
>
> ----- Original Message -----
> From: "Eric Maillard" <emaillard at noos.fr>
> To: <maldoro at ifrance.com>; "Groupe de travail pour la psychanalyse
> lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org>
> Sent: Sunday, March 18, 2007 12:26 PM
> Subject: Re: [Lutecium-group] vous avez dit transfert, comme c'est
> bizare....
>
>
> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
> ---
> Il me semble que dans le fantasme qu'est ce "drame qu'il ressent dans sa
> propre existence", l'auteur, par identification-projection, cr?e un double
> imaginaire, un Autre virtuel, h?ros h?las inop?rant qui, je crois (??), ne
> "re?oit" aucune pulsion (??).
>
>
>
>
> ------------------------------
>
> Message: 4
> Date: Sun, 18 Mar 2007 14:03:41 -0000
> From: "BdF" <bdf at deflorence.com>
> Subject: Re: [Lutecium-group] quelques images
> To: "'Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne'"
> <lutecium-group at lutecium.org>
> Message-ID: <008101c76966$3c56a340$35692b54 at bdf>
> Content-Type: text/plain; charset="iso-8859-1"
>
> Y a pas de bouteille de Klein!!! Ceci dit, avec quel logiciel ces
> representations ont-elles ?t? r?alis?es? Il eut ?t? int?ressant que
> l'auteur
> affiche aussi les ?quations qu'il a utilis?es. Je signale qu'on peut se
> servir du logiciel MATHEMATICA pour fabriquer de telles illustrations.
> ===
> BdF
> www.deflorence.com
> www.myspace.com/jackandbruno
> ===
> -----Original Message-----
> From: lutecium-group-bounces at lutecium.org
> [mailto:lutecium-group-bounces at lutecium.org] On Behalf Of Roger BURTON
> Sent: 18 March, 2007 01:24
> To: lutecium-group
> Subject: [Lutecium-group] quelques images
>
> lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
> Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
> ---
> Bonjour,
>
> la galerie de photos est in?gale, mais quelques images devraient
> int?resser
> les amateur-e-s de topologie.
> http://picasaweb.google.com/dvmorris/ComputerAidedSculpting/
>
> Bien ? vous tous,
> RB
>
>
>
>
> ------------------------------
>
> Message: 5
> Date: Sun, 18 Mar 2007 15:37:16 +0100
> From: Jacques Ponzio <jacques.ponzio at free.fr>
> Subject: Re: [Lutecium-group] quelques images
> To: bdf at deflorence.com, Groupe de travail pour la psychanalyse
> lacanienne <lutecium-group at lutecium.org>
> Message-ID: <f6facefa4b3ef8280b9768b77768aed3 at free.fr>
> Content-Type: text/plain; charset=ISO-8859-1; format=flowed
>
>
> Le 18 mars 07, ? 15:03, BdF a ?crit :
>
> > lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
> > Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
> > ---
> > Y a pas de bouteille de Klein!!!
>
> c'est normal, on a tout bu;)
>
> > Ceci dit, avec quel logiciel ces
> > representations ont-elles ?t? r?alis?es? Il eut ?t? int?ressant que
> > l'auteur
> > affiche aussi les ?quations qu'il a utilis?es. Je signale qu'on peut se
> > servir du logiciel MATHEMATICA pour fabriquer de telles illustrations.
> > ===
> > BdF
> > www.deflorence.com
> > www.myspace.com/jackandbruno
> > ===
>
> >
>
>
>
>
> ------------------------------
>
> Message: 6
> Date: Sun, 18 Mar 2007 16:18:12 +0100
> From: Emmanuel Bing <bing at club-internet.fr>
> Subject: [Lutecium-group] Re : vous avez dit transfert, comme c'est
> bizare....
> To: Groupe de travail pour la psychanalyse lacanienne
> <lutecium-group at lutecium.org>
> Message-ID: <C22316C4.11B11%bing at club-internet.fr>
> Content-Type: text/plain; charset="ISO-8859-1"
>
> Je dirais ceci : c?est presque vrai. C?est ? dire que tant que l?on n?est
> pas all?, tant que l?on n?est pas situ? sur cette faille mouvante, cette
> antifronti?re entre symbolique et r?el, en effet, l?on n?y est pas ;
> l?effort est, pour beaucoup, cet oubli de l?imaginaire dont vous parlez
> (mais le moi n?est pas tant ha?ssable) ; pas pour tous : cela d?pend, pour
> chacun. Pas une ?criture semblable. Jamais. ?crire comme l?autre est
> impossible. Ou ce n?est pas ?crire. Le mim?tisme rate son objet. D?s lors
> ce
> bord, instable ? combien, si l?on s?y assure (de son travail, de sa geste,
> de sa pens?e, de son inscription dans le r?el), permet d?y tenir quelque
> d?passe (ce mot pris dans sa dynamique), ? savoir ? nouveau, d?y
> r?associer
> l?imaginaire : l? est la vraie difficult?. On arrive ? mener l??criture
> jusqu?? ce bord, ? cette ?pure n?cessaire ? l??crit pour prendre corps ;
> mais il faut pouvoir, au del? et accroch?, arrim? au R?el, renouer. Rester
> au bord, ce n?est toujours pas la litt?rature. Op?rer la bascule, c?est
> encore trop un risque. C?est donc dans une tension dynamique que cela a
> lieu
> : en ?quilibre. En vol.
>
> J?aime votre ?nergie ? chercher et d?montrer cette part indicible, r?tive
> au
> spectacle.
> Merci.
> EB
>
> Le 18/03/07 13:12, ??Catherine Grandjean?? <
> catherine-grandjean at cegetel.net>
> a ?crit notamment?:
>
> > lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
> > Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
> > ---
> > Bonjour,
> >
> > Le probl?me, c'est qu'il ne suffit pas d'?crire une fiction, avec un
> h?ros
> > ou non, pour se dire ?crivain. Par exemple, je ne consid?re que les BD
> de
> > Spiderman soient de la litt?rature. Donc, ces rapports entre la
> > fantasmagorie d'un auteur et l'histoire qu'il raconte sont tr?s
> insuffisants
> > pour qu'il d?finir la litt?rature, au sens esth?tique, artistique du
> terme,
> > et pour en parler.
> >
> > La litt?rature est au-del? de l'histoire que raconte un livre. Elle est,
> > entre autre, et c'est absolument capital, du c?t? de la musicalit?.
> Alain
> > Didier-Weill, dans un livre assez remarquable, dont le titre est
> > Invocations, donne un rep?rage pr?cis de cette musicalit?, d'essence
> > dionysiaque : est auteur celui qui se tient tr?s au bord du R?el depuis
> le
> > symbolique. Plus au bord encore, c'est la musique elle-m?me. C'est sur
> ce
> > bord entre symbolique et r?el qu'op?re la litt?rature. C'est le bord de
> > l'inoui, de ce qui, jusqu'? ce livre, n'avait encore jamais ?t? entendu.
> >
> > Alors qu'? prendre les choses par la fantasmagorie de l'auteur et ses
> > relations ? ses personnages ou ? l'histoire du livre, on reste dans
> > l'imaginaire, et on rate l'essence de la litt?rature. Pire : on n'est
> pas
> > loin de dire que tout le monde pourrait ?tre ?crivain. Ca n'est pas le
> cas.
> > Ecrire (lire ?galement), cela n?cessite au contraire de s'exiler de son
> > imaginaire, de son petit moi, de faire taire "sa radiophonie int?rieure"
> > (Roland Barthes). Sinon, on ne fait que se raconter, fut-ce de fa?on
> > masqu?e, et d'un point de vue litt?raire, c'est sans int?r?t aucun.
> >
> > Bon dimanche,
> >
> > --
> > Catherine
> >
> >
> > ----- Original Message -----
> > From: "Eric Maillard" <emaillard at noos.fr>
> > To: <maldoro at ifrance.com>; "Groupe de travail pour la psychanalyse
> > lacanienne" <lutecium-group at lutecium.org>
> > Sent: Sunday, March 18, 2007 12:26 PM
> > Subject: Re: [Lutecium-group] vous avez dit transfert, comme c'est
> > bizare....
> >
> >
> > lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
> > Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
> > ---
> > Il me semble que dans le fantasme qu'est ce "drame qu'il ressent dans sa
> > propre existence", l'auteur, par identification-projection, cr?e un
> double
> > imaginaire, un Autre virtuel, h?ros h?las inop?rant qui, je crois, ne
> > "re?oit" aucune pulsion. Peut-?tre, effectivement, le leurre peut-il
> > soulager ?
> > EM
> > ----- Original Message -----
> > From: "Frans Tassigny" <frans.tassigny at gmail.com>
> > To: "lutecium-group" <lutecium-group at lutecium.org>
> > Sent: Saturday, March 17, 2007 6:14 PM
> > Subject: [Lutecium-group] vous avez dit transfert, comme c'est
> bizare....
> >
> >
> > lutecium-group: Document interne au Groupe de Travail Lutecium.
> > Ne doit pas etre diffuse hors du groupe.
> > ---
> > . Il y aurait un "transfert" entre l'auteur et son h?ros; celui-ci
> d?place
> > un drame qu'il pressent dans sa propre existence en l'articulant dans le
> > champ romanesque. Il exorcise son angoisse ? travers une exp?rience
> fictive,
> > il essaie son h?ros au meurtre, au suicide, d?pla?ant ainsi ses propres
> > pulsions auto-destructrices. Cela le soulage et si ses probl?mes restent
> > entiers, il les a momentan?ment "d?charg?s", sa ou ses victimes passent
> du
> > r?el ? la fiction dans la conscience obscure d'une soci?t? qui se repa?t
> de
> > larmes et de sang.
> >
> > un psychanalyste m'a r?pondu ceci :
> >
> > .Lacan a trouv? dans Lol V. Stein l'application de certaines de ses
> th?ories
> > ...Mais dire qu'il y a un "transfert" entre l'auteur et son h?ros ne me
> > semble pas tout ? fait correct... Il me semble que le travail d'?criture
> est
> > plut?t de l'ordre de travail du r?ve... C'est absolument insuffisant de
> dire
> > qu'un ecrivain fait suicider son personnage parce qu'il subit ce genre
> de
> > pulsion lui-m?me... Aussi bien que de reduire un r?ve de suicide ? son
> > contenu manifeste... S'il y a du "transfert" dans l'ecriture c'est
> plutot
> > entre l'auteur et son lecteur abstrait, il me semble. C'est le lecteur
> qui
> > est l'Autre s'il y en a un plut?t que le h?ro. Le discours d?coule de
> > l'histoire de l'auteur, mais il est cod? et doit ?tre decript?.
> >
> > je crois cette intervention pertinente Mais qu'en est-il v?ritablement
> du
> > sujet de l' inconscient? Qu'en est-il de cette pr?sence qui lui est
> sujette?
> > transfer ?
> >
> > votre avis
> >
> > merci
> > ft
> > --
> > Tassigny Frans
> > Sint Fransiscusstraat 25
> > 8400 Ostende
> > BELGIQUE
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> > nv site : www.qwarkpsy.eur.st/
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> >
>
>
> --
> Emmanuel Bing
>
> ? Paris :
> RdC. - droite
> 10 rue Alasseur
> 75015 Paris
> 01 64 07 75 57
>
> dans la Brie :
> La grange aux d?mes
> 1 rue du 11 novembre
> 77540 Voinsles
> (Rozay en Brie)
> 01 64 07 75 57
>
> http://www.scytale.fr
> http://www.atelier-bing.com
> http://www.psychanalyse-77.com
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> Lutecium-group at lutecium.org
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>
> End of Lutecium-group Digest, Vol 28, Issue 72
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Tassigny Frans
Sint Fransiscusstraat 25
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nv site : www.qwarkpsy.eur.st/
1
0
[Lutecium-group] Re : vous avez dit transfert, comme c'est bizare....
by Hubris36@aol.com 18 Mar '07
by Hubris36@aol.com 18 Mar '07
18 Mar '07
C?est, je pense, dans le ? j??cris autrement ?, dans ce que l?on pourrait
appeler - de la mani?re la moins conventionnelle possible - le style que ?
le quelque chose d?autre ? peut soudain surgir. (Relisez, par exemple, ?perons
de Derrida. Il a quelques formidables formules sur le sujet !)
C?est dans ce lieu aigu et instable o? celui qui ?crit tente d??laborer son
style que peut se d?couvrir l?approche de sa v?rit? et se r?v?ler parfois,
rarement h?las, le miracle des mots et de la pens?e accord?s. C?est dans ce
frottement irritant entre la surface de sa propre peau alourdie de tout l?
intime qui s?y blottit et tous les existentiels du monde avec leurs accablantes
mais pas inint?ressantes figures impos?es, mais aussi avec leurs bonheurs qui
parfois vous laissent le souffle court, que se joue le vif de l??criture, ou
plus largement de la cr?ation artistique.
Tout a d?j? ?t? dit ou ?crit, certes, mais s?rement pas comme ce " je
-que-je-suis ", (j'emploie ? dessein une expresssion a-philosophique) n?
fortuitement, hier peut-?tre, du r?ve du papillon qui somnole dans mon jardin, peut le
dire ou l??crire, n?est ce pas ?
Paul
1
0
Bonjour,
la galerie de photos est in?gale, mais quelques images devraient
int?resser les amateur-e-s de topologie.
http://picasaweb.google.com/dvmorris/ComputerAidedSculpting/
Bien ? vous tous,
RB
3
2
16 Mar '07
merci de me pr?venir, il s'agit d'un dysfonctionnement de la firme o? je
travaille, cela est en ordre
j'en profite pour vous pr?senter le fruit de ces travaux :
http://marleenvermeire.blogspot.com/
je cherche d'ailleurs ? cr?er une galerie virtuelle sur mon prochain
web-zine, il me reste encore deux inscription (payantes) pour le ficeler.
cordial
ft
2007/3/16, lutecium-group-request at lutecium.org <
lutecium-group-request at lutecium.org>:
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> Send Lutecium-group mailing list submissions to
> lutecium-group at lutecium.org
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> To subscribe or unsubscribe via the World Wide Web, visit
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> 1. Please tell this person to remember to log out (Frans Tassigny)
> 2. Les cahiers de La Moire : video-lectures (Frans Tassigny)
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> Message: 1
> Date: Thu, 15 Mar 2007 17:27:07 +0100
> From: "Frans Tassigny" <frans.tassigny at gmail.com>
> Subject: [Lutecium-group] Please tell this person to remember to log
> out
> To: "BETRENCOURT NICOLE" <nicole.betrencourt at wanadoo.fr>, bing
> <bing at club-internet.fr>, "c Kreitlow" <kreitlow at club-internet.fr>,
> ifoyentin <ifoyentin at mageos.com>, info <info at congres-medical.com>,
> isabelle.paulus at gmail.com, "j. f. foncin" <j.f.foncin at wanadoo.fr>,
> "Jacques Wets" <jacques.wets at gmail.com>,
> "jean.pierre.begue2 at libertysurf.fr"
> <jean.pierre.begue2 at libertysurf.fr>, "lieve vermast"
> <lievevermast at gmail.com>, "LUCASJBL at aol.com" <
> lucasjbl at aol.com>,
> lutecium-group <lutecium-group at lutecium.org>, vermeiremarleen
> <vermeiremarleen at skynet.be>, "Vincent Magos"
> <vincentmagos at squiggle.be>, "Yann Leroux" <
> yann.leroux at laposte.net>
> Message-ID:
> <2e4dc1bb0703150927u5316f2cfpc52dc9a6c9f998f at mail.gmail.com>
> Content-Type: text/plain; charset=ISO-8859-1; format=flowed
>
> Please could you tell the person who uses this email address to remember
> to
> log out when they have finished? I used this computer at the internet cafe
> in Louisa Straat in Oostende just after this person. I also use Gmail. I
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> Many thanks
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> Tassigny Frans
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>
> Message: 2
> From: Frans Tassigny <frans.tassigny at gmail.com>
> Subject: [Lutecium-group] Les cahiers de La Moire : video-lectures
> To: lutecium-group at lutecium.org
> Message-ID:
> <1174043553226.445a985f-b45a-40b0-aedd-5dd2f847df56 at google.com>
> Content-Type: text/plain; charset=ISO-8859-1
>
> Frans Tassigny vous a envoy? un lien vers un blog :
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>
>
> Blog : Les cahiers de La Moire
> Message : video-lectures
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> End of Lutecium-group Digest, Vol 28, Issue 69
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16 Mar '07
Frans Tassigny vous a envoy? un lien vers un blog :
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by frans.tassigny@gmail.com 15 Mar '07
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15 Mar '07
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[Lutecium-group] Rosine and Robert Lefort et Rosine & Robert Lefort
by frans.tassigny@gmail.com 15 Mar '07
by frans.tassigny@gmail.com 15 Mar '07
15 Mar '07
Intime expos?, intime extorqu?
Rosine and Robert Lefort
The Treatment of the Wolf Child
Ce n'est pas moi qui est trouv? ce titre, "les fronti?res de l'intime",
c'est Murielle Gagnebin. Comme cela se passe parfois avec les ?mes amies,
elle a vu plus vite et mieux que moi ce qui pouvait m'importer - et qui, je
crois, importe. L'intime, bien s?r, n'est pas tomb? du ciel, puisqu'un livre
que j'ai consacr? aux fen?tres tendait justement ? d?finir les conditions de
possibilit? de ce noyau subjectif qu'on nomme l'intime. J'ai suppos? en
effet que ce n'?tait pas un donn?, mais que l'intime avait une structure
singuli?re, et une histoire, qu'il n'y avait donc pas d'intime de toujours -
ni forc?ment ? jamais. Je l'ai pour finir circonscrit comme un lieu,
d'essence ? la fois architecturale et scopique: l'espace o? le sujet peut se
tenir et s'?prouver hors du regard de l'Autre. Un espace en exclusion
interne, une ?le, ce qu'on nomme ? l'occasion le chez-soi, o? le sujet
?chappe ? la supposition m?me d'?tre regard?. C'est la possibilit? du cach?.
Il peut se faire qu'il n'y ait pour un sujet aucun lieu o? il puisse ainsi
?chapper ? cette supposition. Cela donne une id?e de l'enfer. S'il est
d'essence architecturale, ce lieu ne s'incarne pas n?cessairement dans une
architecture. Et on peut se sentir chez-soi de fa?ons diverses, dans une
foule, pourquoi pas?, ? l'h?tel, en pleine nature. Qu'il aille de soi qu'on
puisse se sentir chez-soi chez l'Autre r?clame de sophistiquer un peu la
notion d'intime.
Avec une naissance historique de l'intime, mon hypoth?se concerne le fait
que celui-ci aura pris corps dans un domaine a priori inattendu, ni dans
celui du droit, o? s'?labore pour partie l'id?e du "priv?", ou de la
philosophie, mais dans l'art. Dans d'architecture, je l'ai ?voqu?e; pourtant
ce ne n'est pas l? que l'intime a ?t? con?u et pens?. C'est dans la
peinture. Cela a eu lieu ? la Renaissance. D'un trait: l'intime s'est
instaur? avec l'instauration du tableau moderne, d?fini par Alberti comme
"fen?tre ouverte". Donnant ? cela la plus grand extension, j'envisage que le
tableau moderne aura, d'un m?me geste, instaur? l'id?e cart?sienne que
l'homme a d?sormais droit de regard sur le monde, avec Dieu, et d?fini
l'intime comme ce lieu dans le monde o? l'homme peut se tenir s?par? du
monde, d'o?, par la fen?tre, en secret, il peut le contempler, et o?, hors
de tout regard, il peut se regarder lui-m?me. S'il est ce que je dis, ? la
fois source de la puissance de l'homme qui s'approprie le monde par le
regard, et berceau de ce territoire int?rieur o? se d?ploie l'int?riorit?,
on m'accordera que j'ai quelque raison de tenir l'instauration du tableau
albertien pour un bouleversement fondateur d'un temps nouveau.
Ce temps est encore le notre. Mais pour combien de temps?
Pour nous en tenir ? l'intime, il faut ici faire appara?tre ce qui est son
enjeu tragique et crucial. C'est l? o? g?t son enjeu actuel. Parce que la
possibilit? du cach? ne doit pas simplement ?tre pens? comme un gain ou une
conqu?te, en termes de plus ou de moins: c'est une condition absolue du
sujet. Je dirais qu'il n'y a de sujet que s'il peut ne pas ?tre vu.
Entendons ici le sujet moderne, qui pense, et donc qui est - autant dire que
le sujet regard? ne pense pas. Donc, au temps moderne, l'intime, le
territoire secret, de l'ombre ou de l'opaque, est le lieu m?me du sujet.
Parler d'intime en termes de territoire soul?ve forc?ment une question sur
les fronti?res. Cette question se pose aujourd'hui. Mais s'il importe d'y
r?fl?chir, ce n'est pas pour raffiner sur une topologie de l'intime (dans le
fil de Lacan qui a invent? un antonyme ? l'intime qui n'en a pas: l'extime),
c'est dans l'urgence d'une menace. Pesant sur l'intime, elle p?se
aujourd'hui sur chaque sujet.
Il y a une politique de l'intime. L'intime peut ?tre menac?. Il doit ?tre
d?fendu.
Invoquer un droit au cach? conduit ? donner de l'intime une d?finition
au-del? de celle architecturale et scopique, au-del? aussi de la psychologie
ou de l'anthropologie: l'intime prend dimension politique, et fond?e sur la
force. Parce que la d?finition que j'en donne, un lieu libre de tout regard,
implique une relation de pouvoir, au pouvoir, ou plus exactement une
s?paration d'avec lui. Il s'agit en effet de tenir un territoire hors de la
puissance toujours totalitaire de l'Autre. Cela constitue la condition
r?elle de l'intime, qu'on peut rapporter au droit au secret. L'intime se
d?coupe sur le fond d'un Autre benthamien, au regard importun, intrus ou
envahissant - qui veut tout voir et tout savoir tout le temps. Il s'agit
alors de dire ce qui peut faire limite ? ce d?sir sans limite. On peut
invoquer la loi. Mais la loi pr?serve le priv? ; ou, plut?t, le priv? c'est
cette part qui peut ?tre prot?g? par la loi. L'intime exc?de, il ne saurait
proc?der de la loi, il ne proc?de que de la possibilit? r?elle pour un sujet
de se cacher et de garder le silence. Son garant est mat?riel, c'est-?-dire
que le droit au secret ne se soutient que du sujet lui-m?me, de sa seule
force, et non de l'Autre, de la loi. C'est un acte du sujet qui garde le
sujet libre. Cette dimension politique est consubstantielle ? la notion
d'intime, qui ne fait donc pas que nommer ce qui nous est le plus int?rieur
(le latin *intimus* est le superlatif d'*interior*), mais qui comprend
l'id?e du secret dans sa d?finition m?me.
On distingue du coup qu'intime, secret et libert? sont nou?s.
L? encore, il faut entendre qu'on parle de libert? r?elle, de libert?
mat?rielle. Parce que, comme le soutient Jean-Claude Milner, la v?ritable
question de la libert?, c'est de dire comment obtenir que le plus faible
puisse ?tre effectivement libre en face du plus fort. Si les garanties
juridiques et institutionnelles sont pr?cieuses, elles restent assez
illusoires. C'est-?-dire que, comme l'intime, la doctrine des libert?s, ne
se fonde pas sur le droit, mais sur la force. En v?rit?, dit Milner, nous
sommes tous convaincus d'une chose: mis ? part les contes de f?es o? le
faible devient fort (c'est-?-dire le r?ve r?volutionnaire), il n'y a pour
les libert?s r?elles qu'un seul garant: c'est le droit au secret, unique
limite mat?rielle au pouvoir de l'Autre - qu'on nomme l? l'?tat, les
institutions ou la soci?t?.
De l?, je ferai six remarques pour cerner l'?tat actuel de l'intime.
*1*
La premi?re concerne ce que j'appellerais l'int?r?t de la psychanalyse. On
peut souligner qu'? l'?poque romantique, la notion d'intime a pris une
couleur qui va manifestement baigner l'invention de Freud. Venant d?limiter
ce qui est strictement personnel et tenu cach?, elle isole ce qui touche ?
la sexualit? comme ce qui est le plus personnel et cach?. La sexualit?
d?sign?e comme noyau opaque de l'intime. Cette couleur peint toujours plus
ou moins l'intime.
Mais cet int?r?t est plus radical encore, parce que l'intime ne fait pas que
d?limiter le lieu du plus subjectif du sujet: il est, je l'ai dit, sa
condition m?me. Il ne saurait y avoir de sujet sans secret, autant dire de
sujet enti?rement transparent. Tout r?ve de transparence emporte avec la
dissolution de toute opacit? celle du sujet lui-m?me. La d?mocratie est bien
s?r anim?e d'un id?al de transparence, mais elle concerne en principe le
pouvoir, non les sujets. Non seulement elle oppose l'opacit? du sujet et la
transparence de l'Autre, de l'?tat, mais elle est suppos?e d?fendre cette
opacit? contre toute intrusion, ce qui est aussi bien d?fendre leur libert?.
C'est l? o? est le probl?me aujourd'hui. C'est que dans les faits, notre
d?mocratie para?t anim?e d'une volont? parfaitement oppos?e: d'un c?t?,
l'Autre tend ? s'opacifier toujours plus et, de l'autre, les sujets sont
rendus toujours plus transparents. De fait, nous en savons de moins en moins
sur la machine du pouvoir, et en revanche, pr?levant toutes sortes
d'informations, le pouvoir en sait de plus en plus sur chacun de nous.
La psychanalyse a ? se situer en fonction de ?a. Ce qui engendre une
apparente ?tranget?, que la psychanalyse, qui vise ? l'?lucidation, se range
du c?t? de l'obscur, le c?t? obscur de la faiblesse qui est celle des sujets
face au pouvoir. La psychanalyse qui tend ? faire parler se tient du c?t? du
secret. Ceci se d?duit ais?ment de ce qui pr?c?de, ? savoir que tout ce qui
menace le droit au secret ne menace pas seulement l'intimit? et la libert?,
cela menace le sujet dans son existence m?me. Sans droit au secret, sans
cach?, pas de sujet qui pense, donc pas de sujet qui est. On comprend ainsi
qu'il s'agit non seulement d'un int?r?t de la psychanalyse, mais que la
d?fense de l'intime et du secret est proprement une cause de la
psychanalyse.
C'est ici que se dessine la dimension politique de la psychanalyse. Elle
recouvre non pas une nouvelle forme d' "application", son intervention dans
le champ politique arm?e de ses concepts, mais la mise en ?vidence d'une
dimension politique interne, propre ? la psychanalyse, simplement parce que
la possibilit? de l'intime, c'est, au terme, la possibilit? m?me de la
psychanalyse.
Qu'il s'agisse de la vid?osurveillance, du dossier m?dical ou des proc?dures
visant ? l'?valuation de la dangerosit? future des enfants, toute mesure
mettant l'intime et le droit au secret en p?ril constitue une menace contre
la psychanalyse - qui est d'ailleurs elle-m?me directement vis?e. D'o? une
n?cessaire vigilance politique, et m?me, aujourd'hui, un ?tat d'alerte.
*2*
Ma deuxi?me remarque porte sur la nature des menaces aux fronti?res de
l'intime.
Le droit au cach? est une barri?re, il constitue la fronti?re de l'intime.
S'il y a motif de parler des fronti?res, au pluriel, ce n'est pas du fait
que cette fronti?re serait diverse ou variable, qu'il y aurait du plus ou du
moins, des degr?s de secret ou d'intime: le droit au secret et l'intime sont
des absolus - il y a, ou il n'y a pas. En revanche, comme toute fronti?re,
elle d?limite deux espaces, l'intime, le lieu du sujet, et le champ de
l'Autre. La fronti?re peut donc ?tre vue de deux c?t?s. Cela ouvre sur trois
?tats possibles de la fronti?re. Soit elle demeure herm?tique et pr?serve
l'intime de toute intrusion. C'est ce qui d?finit un certain ?tat de
d?mocratie r?elle. Soit il y a franchissement. Mais ce franchissement peut
se concevoir dans les deux sens. Soit il y a envahissement de l'intime, soit
il y a renoncement ? l'intime. Le premier est le fait de l'Autre, du
pouvoir, le second est le fait du sujet.
Consid?rons en premier lieu l'acte du pouvoir. Soit le fait que l'Autre
vient mettre son nez, son ?il dans l'intimit?. C'est une tendance lourde.
Cela se marque massivement par le fait que nous sommes au temps de la
vid?osurveillance. Polici?re, urbaine ou militaire, elle est ? pr?sent plus
que g?n?ralis?e: elle est plan?taire, puisque des yeux gravitent d?sormais
jour et nuit autour de la Terre - comme cela se voit ais?ment en cliquant
sur *Google Earth*. Nous sommes entr?s dans des temps parano?aques. Mais la
grave question que pose la pr?sence de cam?ras ? tous les coins de rues,
c'est qu'il ne s'agit pas simplement d'un progr?s technique qui permet au
pouvoir de s'?tendre et d'envahir l'espace publique, c'est qu'avec ce
progr?s technique un retournement s'est insensiblement op?r?. Quand nagu?re
on d?veloppait des techniques de surveillance, c'?tait pour d?busquer le
secret des criminels ; or les techniques actuelles sont misent aujourd'hui
au service de fins absolument contraires: elles sont l? pour surveiller les
innocents et contr?ler leurs secrets. La soci?t? de contr?le dont parlait
Deleuze, c'est une soci?t? o? on contr?le les innocents. C'est ce qui
engendre ce sentiment diffus de criminalisation de la soci?t? o? nous sommes
tous regard?s comme des coupables en puissance ou qui s'ignorent.
Dans le sens de cette criminalisation rampante g?n?ralis?e de la soci?t?, on
peut mettre en lumi?re certaines proc?dures actuelles au service d'une
politique dite pr?ventive de la criminalit?. La pr?vention est devenue un
ma?tre mot de l'?poque. C'est au point qu'au diptyque de Foucault qui
?non?ait "Surveiller et punir", s'est substitu? celui de "Surveiller et
pr?venir". Du coup, la nouveaut? tient au fait que les proc?dures actuelles
de pr?vention de la d?linquance vont tendre, par souci d'efficacit?
maximale, ? remonter le plus possible en amont. C'est-?-dire qu'elles ne
vont pas simplement vouloir influer sur les facteurs dits environnementaux
d'?mergence de la criminalit?, mais vont viser l'?tre des sujets.
C'est-?-dire qu'au-del? des mesures sociales, scolaires ou ?ducatives,
juridiques, ou polici?res, les proc?dures pr?ventives rel?vent d?sormais de
la m?decine et sont con?ues par des sp?cialistes de la sant? mentale.
C'est-?-dire qu'elles se pr?sentent avec le visage de la science et sous la
garantie d'institutions scientifiques nationales. Ce qui est suppos? les
rendre insoup?onnables, puisque la science, c'est connu, ne peut chercher
que notre bien.
Je peux parler en particulier du rapport de l'Inserm sur la pr?vention de la
d?linquance, "Troubles des conduites chez l'enfant et l'adolescent", une
"expertise collective" qui a ?t? rendue officielle en 2005. La d?linquance,
notion sociologico-juridico-polici?re, y est abord?e en tant que "trouble de
conduite", notion psychiatrique tir?e de la classification am?ricaine du
DSM-IV (*Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders*). Ses
indices ? pr?dictifs ? sont rang?s en quatre cat?gories: conduites
agressives envers des personnes ou des animaux, destruction de biens
mat?riels sans agression physique, fraudes ou vols, violations graves de
r?gles ?tablies. Je vais au plus vif de l'affaire. C'est que le rapport nous
alerte en effet sur la stup?fiante pr?cocit? des signes de ce trouble:
"L'agressivit?, l'indocilit? et le faible contr?le ?motionnel pendant
l'enfance ont ?t? d?crits comme pr?dictifs d'un trouble des conduites ?
l'adolescence". On pr?cise que ces conduites doivent ?tre diff?renci?s de ce
qu'on nomme les "conduites normales". Je m'arr?te une seconde l?-dessus
parce que cela implique un certain mode de penser l'individu, ? savoir que
la conduite d'un sujet est branch?e directement sur la normalit? du groupe.
On voit ainsi le champ de la psychologie occup? par une pens?e qui raisonne
non en termes de personnes mais de "population". C'est ce dont le Foucault
avait point? la menace, faisant surgir la statistique comme le nouveau
L?viathan (le DSM, r?f?rence psychiatrique mondiale, est lui-m?me un trait?
statistique des "d?sordres" - *disorders*). Ces m?decins psychiatres et
psychologues experts ne raisonnent pas sur des personnes individu?es et
singuli?res, en termes de cas, mais en termes de types, sur des ?tres
statistiques o? le sujet comme absolue singularit? est r?sorb?, aboli - en
termes lacaniens je dirais: forclos. On sait maintenant que ces experts
tranchent sur l'anormalit? en retenant le crit?re de l'?ge. Il est dit que
les manifestations telles que les agressions physiques, les mensonges ou les
vols d'objets, qui sont relativement fr?quentes chez le petit enfant, ne
deviennent ? anormales ? que si elles sont tr?s fr?quentes et perdurent
au-del? de l'?ge de 4 ans. En cons?quence de quoi, le groupe d'experts
pr?conise un d?pistage m?dical syst?matique de chaque enfant d?s 36 mois, au
nom du fait qu'"? cet ?ge, on peut faire un premier rep?rage d'un
temp?rament difficile, d'une hyperactivit? et des premiers sympt?mes du
trouble des conduites". Ce qui am?ne ? recommander que tous les
professionnels de sant? apprennent ? reconna?tre les crit?res d?finissant le
trouble de conduites, ceci concernant en premier lieu les intervenants dans
les services de protection maternelle et infantile (PMI), les centres
m?dico-psycho- p?dagogiques (CMPP), et le personnel m?dical de l'?ducation
nationale. On n'ose m?me pas ajouter que ces experts de l'Inserm ont
identifi? des facteurs de risque au cours de la p?riode pr?natale puis
p?rinatale, comme, par exemple, une m?re tr?s jeune, la consommation de
substances psychoactives pendant la grossesse, le faible poids de naissance
ou les complications autour de l'accouchement... En cons?quence de quoi, les
experts recommandent un rep?rage des familles pr?sentant ces facteurs de
risque au cours de la surveillance m?dicale de la grossesse. *To make a long
story short*, ce rapport illustre et justifie on ne peut mieux l'intuition
de Foucault du biopouvoir, soit que la vie et les corps sont devenus des
objets de pouvoir. Le rapport est consultable sur le site de l'Inserm.
Le syst?me d'?valuation et de fichage des enfants recommand? par les experts
de l'Inserm en est un t?moignage, nous sommes entr?s dans un temps
d'illimitation du regard du ma?tre, d'un regard intrusif, appuy? sur la
science et la technique. Le sujet qui ?tait jadis regard? par Dieu dans son
?me est aujourd'hui scrut? dans son corps par des experts, jusque dans les
replis les plus secret de son esprit - voire dans le ventre m?me de sa m?re,
voire encore avant. L'intime, qui se d?finissait d'?tre une fen?tre ouverte
au sujet et close ? l'Autre, est incessamment sond? et extorqu?.
D?sormais, un immense dispositif assi?ge les fronti?res de l'intime.
*3*
Il faut ? pr?sent d?placer le point de vue, le renverser. C'est qu'il y a
donc une autre fa?on de passer la fronti?re de l'intime: dans l'autre sens.
Cela concerne ceux qui, hors de toute contrainte, ouvrent leur intimit?, qui
l'avouent ou l'exposent. En fait, c'est l? le sens le plus imm?diat des
"images honteuses", qui ne sont pas des images vol?es mais d?lib?r?ment
exhib?es. Il faut entendre qu'il ne s'agit pas pour le sujet d'une
renonciation au droit au secret, mais, au contraire, d'un acte libre, d'un
certain exercice de ce droit. Le droit de garder le silence, qu'on entend
rituellement invoqu? dans les films policiers am?ricains ? chaque
arrestation, n'oblige pas ? se taire - on tomberait alors directement dans
le totalitarisme selon Lacan: tout ce qui n'est pas interdit est
obligatoire. On peut noter au passage que ce droit au silence incarne
l'esprit de l'Am?rique, d'une nation fond?e par des pers?cut?s, qui, comme
le note Jacques-Alain Miller, s'est donn? une constitution in?dite, posant
comme principe non pas l'interdit, mais la permissivit?. Cela n'emp?che pas
l'existence de la censure, mais il faut poser qu'elle ne proc?de pas de la
Constitution.
Quoiqu'il en soit, l'art et la litt?rature sont des lieux d'exercice de
cette libert? d'afficher l'intime. Cela peut prendre toutes sortes de
formes, pornographie, exhibition, confidence, confession, compte-rendu,
aveu, qu'il s'agisse de *La vie sexuelle de Catherine M.*, des films de
Larry Clark, des photographies d'Araki ou de Nan Goldin. Bien s?r, on
pourrait d?fendre qu'on ne les a pas attendus pour que l'intime s'expose,
mais on peut juste souligner qu'au XVIIIe si?cle, par exemple, quand
Rousseau publie ses *Confessions*, il ne s'agit pas au sens strict d'une
oeuvre intime, parce que ce qu'on appelle alors un journal intime, c'est un
journal qui demeure secret, non publi?.
Ce qui caract?rise notre temps, c'est que, en plus de se dire dans le secret
du cabinet de l'analyste, l'intime aujourd'hui se publie, s'?tale sur les
?crans et s'expose sur les murs des mus?es. J'ajoute: sans honte. Nous
sommes entr?s dans le temps du d?voilement, qui est aussi un temps *shame
free*. Cela ne signe pas une absence totale de pudeur qui pousserait ? une
provocation sans limite, mais le simple fait d'un abaissement ou d'une
certaine dissolution du sentiment de honte. Admettons qu'on aurait quelque
raison de se r?jouir d'un tel d?lestage. C'est ? certains ?gards ce qui
singularise l'exposition de ce qui rel?verait de la cat?gorie des "images
honteuses", ? savoir qu' aujourd'hui elles s'exposent sans honte. Les images
honteuses ont du mal ? faire honte. Les temps sont durs pour les
pornographes. C'est-?-dire que le franchissement dont je parle dans l'art ne
peut plus se penser aujourd'hui dans les termes de la subversion, du
scandale, de la provocation, de la profanation ou de l'outrage. La chute des
interdits n'appelle pas au sacril?ge ou au blasph?me, sinon ? la petite
semaine. Le scandale est aujourd'hui ? si bon compte qu'il est ? la port?e
de la moindre publicit?. C'est ce qui fait que les oeuvres d'art qui se
veulent aujourd'hui provocantes doivent jouer la surench?re, d'une inflation
toujours fatigante, et semblent pour finir assez d?risoires, touchant
parfois au grotesque ou au pitoyable. Heureusement qu'il reste ici ou l?
quelques censeurs ?nerv?s pour donner un parfum de soufre ? certaines
oeuvres qui, sans ces appels ? l'interdit, ne foueteraient pas un chat,
comme on dit. Il faut bien le dire: aujourd'hui, on a tout vu. Alors comment
faire encore scandale? L'ardeur inquisitrice d'une certaine *moral
minority*n'est le signe que de la d?confiture des interdits, et ce
d?sir de
restauration des valeurs est le meilleur indice que les temps ont chang?s,
que les images honteuses ne font plus gu?re honte, que leur pouvoir de
d?stabilisation s'est singuli?rement ?mouss?. Cela doit nous retenir.
On aurait envie, l? aussi, pour en rabattre un peu sur l'id?e d'une
nouveaut? des images honteuses sans honte, d'opposer des pr?c?dents
historiques. Par exemple, apr?s avoir lu Daniel Arasse, il y aurait quelque
cr?dit ? tenir *La Venus d'Urbin* de Titien pour le paradigme des "images
honteuses". Cette femme nue couch?e qui se caresse en nous souriant est une
image honteuse ? certains ?gards sans honte. Sauf que, et c'est l? le point,
cette image intime n'?tait alors destin?e qu'? l'intimit? d'un seul regard,
celui de Guidobaldo della Rovere qui avait command? cette *pin up* ? Titien
pour son usage exclusif - ce qui pose d'ailleurs un r?el probl?me non pas
quant ? l'exposition d'une telle peinture aujourd'hui, mais ? son effet de
sens dans un lieu public d'art. L'intime allait alors ? l'intime.
Aujourd'hui il va au mus?e, ce grand lieu de la d?mocratie du regard, qui
repose sur le principe que toute oeuvre visible doit pouvoir ?tre vue de
tous - ce qui d?termine une l?g?re antipathie structurelle du mus?e pour des
types comme Guidobaldo della Rovere et les collectionneurs priv?s.
Voil? donc dress? le tableau de ce bel aujourd'hui. On y est amen? ? un
double constat. D'un c?t?, dans notre ?poque qui s'avance sous l'?tendard
des droits de l'homme, le droit mat?riel au secret est mat?riellement menac?
de toutes parts. Or on aurait quelque raison de d?fendre que le premier
droit de l'homme est le droit au secret. Le second constat est celui d'une
ostension g?n?ralis?e de l'intime. Le th?me m?me des "images honteuses"
semble situ? sur ce versant, ce qui oriente alors le d?bat essentiellement
vers les modalit?s diverses de r?ception de ces images, sur les paniques
morales, par exemple, dont parle Ruwen Ogien.
Pour ma part, je sugg?re de consid?rer la question en la confrontant ?
l'autre versant, celui de la menace g?n?rale sur l'intime. Je crois que cela
peut ?tre profitable pour la r?flexion sur le statut des "images honteuses".
A savoir qu'il y a deux c?t?s, l'intime expos?, et l'intime extorqu?. La
question que j'agite, et qui m'agite porte sur le rapport ?ventuel de l'un ?
l'autre.
*4*
Mon hypoth?se est que l'actualit? de l'ostension des images de l'intime ne
rel?ve pas seulement de l'exercice moderne d'une libert?, mais constitue,
paradoxalement, une r?ponse ? la menace sur l'intime. Bien s?r, ? la menace
hypermoderne d'un regard illimit? sur l'intime, on pourrait tenir que le
voile est une r?ponse. Or on assiste dans l'art ? un mouvement aussi de
d?voilement, ce qui pourra?t ?tre apr?s tout parfaitement en phase avec le
d?sir d'omnivoyance du ma?tre moderne. Or les images de l'art y font en
v?rit? arr?t. Il faut donc dire en quoi, et pourquoi.
Tout cela signifie que pour comprendre ce que sont aujourd'hui les "images
honteuses", ce n'est pas l'interdit qu'il faut mettre en regard, mais, en
effet, au contraire cette machine-?-tout-voir, cette machine ? extorquer
l'intime qu'est aujourd'hui le pouvoir aux mains du ma?tre hypermoderne.
L'actualit? des "images honteuses" serait en ce sens l'actualit? des menaces
sur l'intime. Si une fonction de l'art est de montrer ce qu'on ne peut voir,
on ne peut pourtant pas se limiter ? penser que ce qu'on ne peut voir, c'est
ce qui est interdit, que le "mauvais genre", pour reprendre le titre du
livre de Dominique Baqu?, serait une r?ponse au "bon chic bon genre"
d'une *moral
majority* qui imposerait de cacher ce qu'on ne saurait voir. Non pas parce
l'intime serait sous le coup moins de l'interdit que de l'aveu, comme le
pensait Foucault, mais parce qu'il est purement et simplement menac? de
dissolution.
Posons-nous simplement la question: quel peut ?tre le sens et la valeur
d'exposer des images pornographiques dans un monde o? nous sommes vus
partout, tout le temps et sous toutes les coutures, auscult?s jusqu'au fond
du corps et au tr?fonds de l'?me?
Je l'ai dit, une figure nouvelle hante ce temps, un fant?me ou un fantasme:
celui d'un sujet transparent. Il est le corr?lat de ce que je nommais
l'illimitation du regard du ma?tre. L'invention de la radiographie, ? la fin
du XIXe si?cle, avait engendr? un r?ve scientifique de transparence du corps
- allant jusqu'? inspirer la croyance que, gr?ce ? R?ntgen les pens?es, m?me
les plus secr?tes, n'auraient plus de secret pour l'?il exerc? du m?decin.
Il est clair qu'aujourd'hui les d?ploiements de la technique semblent
vouloir ?tendre la puissance de la machine ? voir jusqu'? l'instauration
d'un homme sans ombre, d'un sujet totalement transparent, de corps et d'?me.
Entre l'explosion de l'imagerie m?dicale, l'innovation perp?tuelle en
mati?re de techniques de surveillance polici?res ou d'espionnages, le
triomphe de la m?decine l?gale et de l'anatomopathologie, ou l'?trange
d?placement de l'expertise psychiatrique vers ce qu'on nomme d?sormais
"l'autopsie psychologique", il appara?t que les pouvoirs aujourd'hui se
centrent sur le regard, et que l'exercice du pouvoir consiste d'abord ?
d?multiplier sa puissances de surveillance des sujets et d'investigation des
corps. On est tent? de penser que ce qui ?tait jadis un attribut divin,
l'omnivoyance de Dieu, son pouvoir de tout voir sans ?tre vu, est devenu
aujourd'hui un attribut du pouvoir s?culaire arm? par la science et la
technique.
C'est pourquoi il importe de regarder ce qui nous regarde, et de d?voiler ?
tous les regards ce qui fait de nous, sans qu'on le voie, des sujets sous
contr?le.
Il n'y a gu?re ? forcer les choses pour superposer ce fantasme de la science
? un id?al de police - la photographie a manifestement jou? l?-dedans un
r?le historique. A titre d'indice que ce proc?s de recouvrement est
aujourd'hui en voie d'ach?vement, je retiendrai un trait t?l?visuel, je veux
parler de ces s?ries polici?res r?centes o? on constate la substitution
progressive au personnage du flic, du priv? ou de l'enqu?teur, des figures
de l'expert et du m?decin l?giste. La police, dont l'objet est de d?fendre
les vivants, d?veloppe surtout ses techniques d'investigation des cadavres,
des objets et des mati?res. De m?me, quand des m?decins entendent d?velopper
l'"autopsie psychologique" comme un savoir expert, on peut s'inqui?ter de ce
que cela signifie que le sujet comme tel est d?sormais pens? comme un
cadavre, qu'on peut p?n?trer jusque dans les moindres recoins pour en
extirper la v?rit?. Soutenu par le fantasme scientifique de transparence, ce
droit de regard du pouvoir oppos? au droit au secret du sujet, est un
probl?me politique majeur, aigu.
Il en est un aussi pour la r?flexion sur l'art aujourd'hui. Non que la
question se pose sp?cifiquement pour l'art, mais plut?t que, suivant l'id?e
que je me fais de l'art, je crois qu'il est aujourd'hui un lieu o? la
question du fantasme de la science se pose et s'expose, au sens o? on le
d?voile, o? il est montr? comme tel. L'art est un lieu o? le fantasme de la
science et du ma?tre moderne se pense peut-?tre le plus profond?ment, et o?
aussi il est r?pondu ? la menace qu'un tel fantasme fait peser. J'en
donnerai un exemple. Quand Wim Delvoye r?alise des images radiographiques
d'un baiser ou d'actes sexuels, ou quand Bernar Venet expose un autoportrait
au scanner, ces artistes ne font pas que s'approprier esth?tiquement des
techniques scientifiques parfois de pointes, comme cela se fait dans l'art
depuis longtemps - il me semble que c'est Meret Oppenheim qui la premi?re a
fait des portraits X-Rays, en 1964, un autoportrait exactement. En exposant
l'hyper-intimit? scientifique du corps, ces images d'artistes forment en
v?rit? une r?ponse critique au fantasme de la science d'un sujet transparent
- c'est-?-dire int?gralement connaissable. Ces images scientifiques alertent
sur les d?sirs de la science et sur ses pr?tentions ? un sujet enti?rement
calculable, ?valuable comme on dit maintenant, c'est-?-dire aussi bien
int?gralement pr?dictible. En v?rit?, ce que montrent ces images de
transparence, ce que montrent les artistes en montrant des images
scientifiques de transparence, c'est, avec le fantasme de la science, qu'il
existe cependant une certaine opacit? irr?ductible. Il y a une but?e de la
science. Je dirai laquelle plus loin.
Pour rester encore un instant sur le fil d'un art critique ou d'un art de
r?sistance, je ne peux me retenir de faire appel ? une oeuvre de Bruce
Nauman. Il faut dire que je tiens de toute fa?on Bruce Nauman pour une sorte
de penseur universel. Il serait ? mes yeux le couteau suisse de notre
?poque. Il est le grand r?v?lateur du nouveau malaise dans la civilisation.
J'en ai d'ailleurs fait une loi que j'ai nomm?e *Loi du
Y.A.T.U.O.D.B.N.A.A.L.S.* -
y-a-toujours-une-oeuvre-de-Bruce-Nauman-adapt?e-?-la-situation. Pour
l'occasion je parlerai de cette pi?ce sonore qu'on a pu voir ? Paris et plus
r?cemment ? Londres, ? la Tate Modern. On entre librement dans une petite
chambre capitonn?e, obscure et vide, et en s'approchant des murs, on entend
vaguement, puis, en s'approchant des cloisons, plus distinctement une voix
qui murmure fermement:Get out of my mind, get out of this room. C'est la
voix de Bruce Nauman lui-m?me. On va donc au mus?e, on entre gentiment dans
un espace pour voir, comme de juste, et une fois ? l'int?rieur, on d?couvre
d'abord qu'il n'y a rien ? voir, ensuite qu'on ?tait *inside the mind of
Bruce Nauman*, et qu'on ferait bien de d?guerpir vite fait. Une oeuvre qui
vous fout dehors, c'est tout de m?me un comble pour une pi?ce de mus?e. Mais
du coup, si je devais d?cerner un Grand Prix de l'Art contre "l'autopsie
psychologique", primant l'oeuvre la plus aigu? ? d?noncer ce d?sir des
experts d'entrer dans nos esprit, l'oeuvre de salut public annon?ant que les
?valuateurs sont d?j? dans nos t?tes, et, enfin, l'oeuvre la plus farouche ?
d?fendre l'intime, je nommerais sans h?siter cette pi?ce de Bruce Nauman.
*5*
Maintenant, pour commencer de finir et r?pondre en m?me temps ? certaines
questions encore en suspend, je dois affronter le paradoxe qui n'aura pas
?chapp? aux esprits attentifs.
Parce que, parlant ici en mon nom mais aussi, que je le veuille ou pas, au
nom de la psychanalyse, je suis suppos? repr?senter un discours dont on a pu
dire que allait lui aussi dans le sens de l'extorsion de l'intime. Foucault
l'a dit. Le tout-dire irait droit ? la confession - l'?glise et le
communisme ont pratiqu? ?a. Tant qu'? soup?onner la psychanalyse d'?tre du
c?t? du regard inquisiteur, je donnerai en p?ture aux mauvais esprits un
autre indice suspect, le fait que Freud a con?u le dispositif mat?riel de la
psychanalyse, le rapport du fauteuil au divan, en invoquant le pouvoir que
cela lui offrait de "voir sans ?tre vu", r?f?rant ainsi, assez innocemment,
je crois, ? un attribut divin (je renvoie ? deux textes, "Le d?but du
traitement", de 1913, dans *La technique psychanalytique*, et *Ma vie et la
psychanalyse*, de 1925). De sorte qu'en s'installant dans son fauteuil, le
psychanalyste serait donc suppos? s'asseoir sur le tr?ne d'un dieu
omnivoyant.
Tout le probl?me se circonscrit alors dans deux questions qui impliquent
deux barri?res. La premi?re est ?thique: si l'analyste dispose de
l'omnivoyance, cela donne toute sa valeur au fait qu'il n'en use pas. Ce qui
ne repose que sur un choix ?thique ? quoi l'analyse est suspendue : dans sa
fonction d'?coute, l'analyste est non-voyant (c'est peut-?tre ce qui lui
conf?re le pouvoir, comme Tir?sias, de voir loin). La seconde barri?re
serait r?elle: est-ce que du pouvoir de voir tout il suit que tout peut se
voir? En v?rit?, le probl?me se joue l?, parce que cela appelle la question
d'une limite au regard, fond?e non sur l'interdit, sur un choix ou sur une
quelconque contingence, mais sur un impossible, sur le r?el.
Tout cela ne prend sens que si on met la psychanalyse en perspective dans le
si?cle. Jacques-Alain Miller s'y est employ? brillamment dans une ?mission
de radio r?cente. Il faut en effet dire que le premier effet de la
psychanalyse dans notre monde, c'est qu'elle a modifi? le sens commun en
clamant haut sa r?clame: tout dire fait du bien. C'est en tout cas comme ?a
que la soci?t? l'a interpr?t?e. Aujourd'hui, on peut consid?rer que l'id?e
des bienfaits du tout dire est entr?e dans le sens commun. Avant, jadis, il
y avait des choses qui ne fallait pas dire. Le sacr? pouvait ?tre offens?
par un dire. Il faut mesurer que cela donnait du coup au fait de dire toute
sa valeur. L'instance de la censure a eu du coup au cours des ?ges un r?le
important, et Freud n'a pas manqu? de reconna?tre cette importance, en
donnant ? la notion de censure une place dans sa th?orie. Les ?crivains
connaissaient le probl?me, du temps o? le fait de dire comptait. Le
partenaire de l'?crivain, c'?tait la censure. C'est L?o Strauss qui a mis en
?vidence le r?le de la pers?cution dans l'art d'?crire, qui obligeait ? une
?criture de la dissimulation, un "art d'?crire entre les lignes", de sorte
que tous les ?crits devaient ?tre des messages chiffr?s. M?me le Rousseau
des *Confessions*, ? qui j'ai fait plus haut allusion, et qui professait une
franchise sans limite, avoue qu'il emploie un certain art d'?crire afin de
ne pas d?voiler aux m?chants ce qu'il pense vraiment. Reste qu'aujourd'hui
on doit constater que le tout dire a triomph?. Nous somme ? l'?ge d'Internet
qui va ? l'?vidence vers le tout dire.
C'est l? le point, c'est-?-dire qu'il faut en conclure que nous ne sommes
plus dans l'?poque de Freud. Freud ?tait d'une autre ?poque, victorienne,
quand le pivot ?tait la r?pression du dire, avec sa cohorte de censure ou
refoulement. C'est dire qu'il a en un sens emprunt? ces notions ? son temps.
Du coup, dans ce monde de censure et de refoulement, la psychanalyse a
?videmment marqu? le surgissement d'une lib?ration de la parole. Comme le
souligne Jacques-Alain Miller, Dada ou le Surr?alisme se seront inscrits
dans ce fil.
Cette lib?ration de la parole a induit une mutation en profondeur dans le
XXe si?cle, corr?lative d'un affaiblissement du sacr?. La psychanalyse,
dit-il, doit plaider coupable ? cet ?gard: elle a un effet dissolvant sur le
sacr?. Du coup, durant son premier si?cle, la psychanalyse aura ?t? la
contemporaine d'un art pris dans une dialectique bataillenne entre sacr?,
interdit et transgression. En allant contre la censure et le refoulement, la
psychanalyse marche ainsi avec l'exhibition provocante des images honteuses.
Seulement l'aujourd'hui du triomphe de Freud et de l'Internet, du triomphe
du tout dire, trace un horizon apparemment plus m?lancolique ? la
psychanalyse du XXIe si?cle: que nous reste-t-il a esp?rer si le tout dire a
triomph?? ?videmment, il existe encore des paniques morales et des censeurs,
il reste donc des batailles lib?ratrices ? livrer. Mais conclure l?-dessus
serait une fin plate - fausse, en v?rit?. Le nouveau r?sultat du tout dire
social, c'est que ?a dissout le champ du langage. C'est-?-dire que ce qui
est le triomphe de Freud est aussi une d?faite.
Seulement, sur ce fond de fin plate surgit alors une autre question.
Celle-ci: peut-on vraiment tout dire ? Tout dire est suppos? tout arranger.
Mais on peut vouloir tout dire, on a beau tout dire, il y a, heureusement
pour la psychanalyse, quelque chose qui ne s'arrange pas, qui ne s'arrange
jamais et dont on peut sans risque proph?tiser que ?a ne s'arrangera jamais.
Quelque chose qui a affaire avec la sexualit?. Quelque chose dans la
sexualit? de l'esp?ce humaine ne s'arrange jamais. Alors on a ? s'arranger
avec ce qui ne s'arrange pas. Voil? ce qui trace ses perspectives ? la
psychanalyse du temps hypermoderne. Ce qui ne s'arrange pas, c'est tr?s
exactement ce que Lacan a appel? "l'impossible rapport sexuel", ce qui ne
signifie ?videmment pas, ?a doit se savoir depuis le temps (Lacan a lanc?
l'affaire dans les ann?es 70), qu'on n'aurait pas de relations sexuelles,
mais que dans l'esp?ce humaine il n'y a pas un savoir r?gl? de la relation
entre les sexes. Les flamands roses savent tr?s bien, les cochons d'Inde
savent tr?s bien, mais l'homme non, et la femme non plus. C'est d'ailleurs
pourquoi l'humanit? a invent? toutes sortes de savoirs, comme le mariage ou
le Kama Soutra pour palier le manque de ce savoir-l?.
C'est-?-dire qu'il appara?t qu'il y a un au-del? de l'interdit. L'interdit
?tait une barri?re qui appelait ? la transgression. L'art a ?t? un lieu de
libert? face ? l'interdit. Aujourd'hui, il se d?couvre que l'interdit
n'?tait pas la barri?re ultime, qu'elle est au fond une fa?on d'humaniser
par la loi, par le symbolique, par le langage, le r?el d'un impossible -
suivant en cela la logique du mot de Cocteau dans *Les mari?s de la tour
Eiffel*: "Puisque ces myst?res nous d?passent, feignons d'en ?tre
l'organisateur..." L'interdit prend le relais de l'impossible.
*6*
C'est ce qui am?ne mon ultime remarque. Je dirais en effet que l'art
aujourd'hui se loge l?, du c?t? de ce r?el, que les images honteuses
viennent s'inscrire pr?cis?ment l? o? il y a quelque chose qui ne s'arrange
pas dans la sexualit?, quelque chose qu'on ne peut dire jusqu'au bout ni
voir jusqu'au bout. S'ouvre dans l'art l'espace non plus de la sexualit?,
mais du malaise dans la sexualit?, du malaise dans la jouissance.
C'est aussi bien l'ouverture pour l'un art d'un temps d'apr?s Freud. On a
l'id?e aujourd'hui qu'il est bon d'avouer toutes les jouissances, mais il y
a quelque chose devant quoi la parole d?faille, quoi qu'on fasse. Quand on
lit le roman de Catherine Millet, c'est ce que ?a raconte, un certain
silence de la jouissance. Nan Goldin est une grande artiste du malaise dans
la jouissance, du d?sordre de l'amour. Elle est aussi une artiste du temps
de la psychanalyse d'aujourd'hui, de la v?rit? ultime de la psychanalyse qui
est celle de l'impossible. Ces images de travelos d?glingu?s ? quatre heure
du matin, avec le rimmel qui a coul? et les belles robes tout de traviole,
ce sont des images de d?voilement de la v?rit? du sexe - et du phallus: tout
d?glingu? et avachi, pas bandant. C'est l'heure du phallus flapi. C'est un
art du sexe punk, je veux dire d'un *no future* du sexe. Les images ont
perdu tout clinquant. Ce ne sont pas des images elles-m?mes pas bandantes,
d?lib?r?ment. Pas moches, ni provocantes, ni d?go?tantes, ni rien de ce
genre: simplement vraies. Elles peuvent ?tre donc ?mouvantes, belles,
saisissantes, troublantes, tout ce qu'on voudra, parce qu'il n'y a aucune
raison pour que la v?rit? soit toujours moche et d?plaisante. Parce que ce
que montrent ces images, c'est ce qu'il y a derri?re le clinquant, derri?re
les images et toute chose, c'est-?-dire le grand d?sordre sans rem?de de
l'amour. De son c?t?, Larry Clark filmant les adolescents am?ricains montre
lui une sexualit? lib?r?e, du temps l? aussi du triomphe de la psychanalyse,
une sexualit? qui a fini de se dire, c'est-?-dire aussi bien une sexualit?
ext?nu?e. Ces enfants sont en un sens l? encore les enfants de Freud et du
Coca-Cola.
Je situerais alors les choses ainsi: le malaise dans la jouissance, ce qui
ne s'arrange pas du c?t? de la sexualit?, des images le montrent. Je
retrouve l? la machine lacano-wittgenstanienne qui m'anime sur la question
de l'image, suivant la proposition du *Tractatus* qui ?nonce qu'il y a de
l'inexprimable, qu'il y a des choses qu'on ne peut dire, et que ce qu'on ne
peut dire se montre. J'en tire ici simplement que les images honteuses ne
sont pas aujourd'hui ? mettre au registre de la subversion et de la
lib?ration, qu'elle ne se dressent pas contre l'interdit, qu'elles font face
? l'impossible, au rapport sexuel qu'il n'y a pas.
Ce qui m'am?ne, pour conclure ? montrer deux images radiographiques de Wim
Delvoye. Ces images aux rayons X, ? classer au rayon des images X, ont une
force de v?rit? extr?me. Mais pas l? o? on croit, o? on voit, Montrant un
baiser ou une fellation, elles sont ? voir, bien s?r, comme toute image.
Mais d'une part ces images montrent ce qu'on ne voit pas ? l'oeil nu,
l'int?rieur des corps en activit?. Et, d'autre part, elles montrent un truc
qu'on ne voit pas : comment ?a marche. Enfin, elles montrent qu'on ne le
voit pas. Et qu'il est normal qu'on ne le voie pas. On peut photographier le
fonctionnement intime des organes sexuels, mobiliser pour cela la science et
les techniques les plus sophistiqu?es, cela ne ne risque pas de livrer le
secret du sexe, de comment marche le *human desire* et l'?tonnante machine
des sexes dont nul n'a les plans. Contrairement ? la machine ? caca que,
comme par hasard, Wim Delvoye lui-m?me s'est attach? ? construire, avec une
r?ussite totale. En sorte que la Cloaca-Turbo (qui donne aussi la vision
d'un m?canisme de l'int?rieur du corps) et l'image X-Rays d'un acte sexuel
seraient les pendants inverses l'une de l'autre: image d'une machine qui
marche d'un c?t?, image d'une machine qui marche pas de l'autre. Plus
exactement, je dirais que ces images X-Rays, qui rencontrent le c?l?bre
dessin anatomique de L?onard figurant un co?t en coupe, montrent surtout
qu'il y a quelque chose qu'on ne peut pas voir: comment ?a marche, l'amour,
ce qui serait le secret de la sexualit?. C'est leur dimension critique:
elles s'adressent aussi aux m?decins et ? tous pour dire: la recherche de la
transparence du corps est un fantasme, parce quil y a quelque chose qu'on ne
pourra jamais voir, jamais savoir, et donc jamais ma?triser: le rapport
sexuel. Vous pouvez radiographier le corps, autopsier le corps, le rendre
aussi transparent que vous voudrez, vous ne verrez jamais le secret du
rapport sexuel. Voil? ce qui au bout du compte r?siste d?finitivement ? la
volont? du ma?tre que "?a marche". *Le savoir expert se cassant les dents
sur le rapport sexuel*, ce pourrait ?tre le titre de la s?rie des images de
Wim Delvoye.
Il est du coup assez amusant de relever que la premi?re image aux rayons X
faite par R?ntgen, inventeur de la radiographie en 1895 - m?me ann?e de
naissance que la psychanalyse et le cin?ma -, fut celle de la main de sa
femme, et que ce qu'on y voit d'abord, c'est l'ombre noire de son alliance.
Comme quoi, ce que la premi?re image de l'int?rieur du corps d'une femme
r?v?le d'abord, c'est la pr?sence d'un homme, plus exactement d'un mari -
pour qui elle ne saurait avoir aucun secret. ?a explique sans doute cette
image. On se demande en effet ce que R?ntgen avait en t?te quand il a d?cid?
de r?alis? comme premi?re image une radiographie du corps de sa femme? On
pourrait se dire que Wim Delvoye montre ce que R?ntgen avait en t?te. Faut
pas r?ver.
source : http://www.lacan.com/symptom8_articles/wajcman8.html
en hommage ? Rosine Lefort (mais en anglais)
Rosine and Robert Lefort
The Treatment of the Wolf Child
http://www.lacan.com/symptom8_articles/lefort8.html
merci de votre ?coute, ?galement un grand merci ? Monsieur Lethier pour sa
compilation lacanienne.
cordial
ft
--
Tassigny Frans
Sint Fransiscusstraat 25
8400 Ostende
BELGIQUE
0496 85 56 82
nv site : www.qwarkpsy.eur.st/
1
0
15 Mar '07
cela tombe bien - j'ai failli vous t?moigner du "vous avez des
probl?mes avec votre m?re" que madame Agancinsky
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0,36-880483,0.html
a renvoy? ? Michel Schneider (chez guillaume Durand) - je n'ai pas tr?s bien
compris une
chose chez schneider en plaidant pour la diff?renciation des r?les .
est-ce cela veut dire que les hommes mettent les pieds sous la table en
rentrant pour se diff?rencier pendant que "nunuche" popote d?s lors que
dans la journ?e ils ont occup?s le m?me poste - qu'ils sont all?e les
deux dans l'espace ? comment il voit cela? o? veut-il arr?ter le train
? en tout cas la psychanalyse peut servir ? cela.
pour reprendre : "Je n'appelle pas au secours, je n'appelle plus au
secours, il faudrait reprendre ma cervelle d'enfant et lui r?apprendre
l'alphabet, votre alphabet."
voici une enqu?te . Nicolas hulot s'est servi de sa notori?t? suivi
de nombreuses personnalit?s pour faire pression.. mais il y en a qui
pense que l'on combat certains maux en imaginant de cr?er un cabinet de
consultant quelque peu syst?micien, pour caser quelqu'un ..qu'il ait
l'impression d'avoir une place dans la soci?t?.. que l'on doit faire
tout seul comme un grand - preuve d'autonomie et de maturit? d'adulte -
chacun pour soi.. et chacun a son niveau .. voil? l'attitude
officielle des psy qui auraient pu faire.. ? la Hulot.. je signale la
fin de l'article : la France ? la troisi?me place de ce triste record
des pays occidentaux dans le monde.. N'est-elle pas aussi la fille de
la psychanalyse ? vous m'avez ?crit un jour : vous ne souhaitez pas
vous impliquer .. il y en a d'autres ? des places certainement plus
puissantes .. et effectivement je 'ai pas envie de me caser et encore
moins de faire.. pour, veuillez m'excuser , pissez dans un violon.
n'oubliez pas : 25 ans de psy dans le monde du travail - bonjour le
r?sultat. cela aurait tout de m?me valu une ?valuation auto-critique
non ?
je ne suis pas sur que tout cela vaut des strat?gies th?rapeutiques
bien curieuses et violentes - des r?p?titions (th?rapeutique ?) de
trauma, ni toutes sortes de suggestions, ni l'isolement .. ? vrai dire
quand je lis ce genre d'article - j'aurais tr?s envie de conclure :
j'accuse !
l'article est aussi une r?ponse au genre : psychanalyse et humanisme de
Fromm - Adorno s'est bien distanci? de lui.. quant au pr?tendu discours
sur l'individu et la soci?t?..
saviez-vous que Milton Erickson psychiatre a dit un jour ? Zeig
(psychologue) - d??u du monde " bien venu dans le monde d'adulte" et
qu'il l'a gard? au pr?s de lui- ? c?t? (alors qu'il n'avait pas encore
?crit de livre) de lui pour qu'il reprenne plus tard le flambeau.. mais
c'est vrai sous la tradition de la m?ritologie fran?aise .. je devrais
faire le tour de France ou j'aurais du le faire pour rassembler 500
signatures de m?decins de travail.. Bravo ! enfin adulte !
svp transmettez- le
cordialement Christiane
ENQUETE.
Une personne par jour se suicide au travail
Renault, EDF... de nombreuses entreprises sont touch?es par des
suicides de salari?s. Selon une ?tude du Conseil ?conomique et social,
une personne par jour se donne la mort ? cause du stress au travail.
Certaines soci?t?s cherchent des parades.
UN PAR JOUR ! C'est le chiffre des suicides li?s au travail en France.
Une donn?e r?v?l?e par Christian Larose, vice-pr?sident du Conseil
?conomique et social, et syndicaliste de la branche textile. ? On
recense en France entre 300 et 400 d?c?s par suicide par an, li?s
directement aux conditions de travail. C'est un chiffre en
augmentation. Mais j'estime qu'il est sous-?valu? ?, nous
explique-t-il. Michel Debout, pr?sident de l'Union nationale de la
pr?vention du suicide, arrive ? la m?me conclusion : ? Nous sommes face
? un ph?nom?ne important et de plus en plus pr?occupant, li? ? la
duret? du monde du travail et ? sa pr?carit?. Cela touche tous les
milieux, mais en particulier les cadres ?, pr?cise-t-il. Tous motifs
confondus, 10 000 personnes mettent fin ? leurs jours en France et 140
000 font des tentatives de suicide. Ce sujet n'est aujourd'hui plus
tabou. Hier, la direction d'EDF a annonc? la mise en place d'une ?
mission d'?coute et de compr?hension ? pour les employ?s de la centrale
nucl?aire de Chinon. Trois employ?s s'y sont donn? la mort ces six
derniers mois, quatre en deux ans, dont un reconnu ? maladie
professionnelle ? par l'assurance maladie. Chez Renault, sur le site de
Guyancourt, la direction a d?cid? de lancer un vaste plan de
r?organisation des services pour tenter d'enrayer la spirale des
drames. Depuis deux ans, trois salari?s se sont suicid?s et un
quatri?me a fait une tentative. Le 22 janvier, un technicien de 44 ans,
qui travaillait sur la nouvelle Twingo, a ainsi ?t? retrouv? sans vie
et, le 20 octobre 2006, un ing?nieur de 39 ans s'est jet? du cinqui?me
?tage du b?timent principal, devant des dizaines de t?moins.
? Par peur de perdre leur boulot, les gens acceptent plus qu'avant des
pressions psychologiques ?
Pour Christian Larose, l'?l?ment principal est ? chercher dans la ?
r?signation ? de certains salari?s, confront?s ? la duret? des plans
sociaux. ? Par peur de perdre leur boulot, les gens acceptent plus
qu'avant des pressions psychologiques et un langage insultant. On leur
dit de sourire pour se vendre mieux et ils n'y arrivent pas. Alors ils
se disent que ce sont eux qui sont ? l'origine du probl?me et ils se
mettent ? plonger. ? Ce p?ril n'?pargne pas le service public, en
particulier le corps enseignant. Pour emp?cher le pire, le psychiatre
Mario Horenstein suit 300 professeurs par an au centre de sant? mentale
de la MGEN (Mutuelle g?n?rale de l'Education nationale) : ? 50 %
souffrent de troubles de l'adaptation avec manifestations de d?pression
active et 10 % de stress post-traumatique li? ? la violence. Il est
tr?s important de les aider pour leur ?viter de sombrer. ? Mais comment
arriver ? distinguer les suicides motiv?s par des raisons d'ordre priv?
des actes directement li?s ? l'activit? professionnelle ? Pour le
psychiatre Jean-Pierre Soubrier, expert sur le sujet ? l'OMS (Organisme
mondiale de la sant?), ? les suicides reli?s au travail sont surtout
ceux qui se produisent sur le lieu de l'entreprise et ceux qui sont
accompagn?s par une lettre d'adieu explicite ?. En France, il reste
beaucoup ? faire en la mati?re. Selon un rapport de l'OMS, l'Hexagone
occupe la troisi?me marche du podium des nations o? les ? d?pressions
li?es au travail ? sont les plus nombreuses, devanc? seulement par
l'Ukraine et les Etats-Unis.
-- enfin la lettre mensuelle des lacaniens US
http://neolacanien.blogspot.com/2007/03/new-from-lacan-dot-com.html
cordial
ft
Tassigny Frans
Sint Fransiscusstraat 25
8400 Ostende
BELGIQUE
0496 85 56 82
nv site : www.qwarkpsy.eur.st/
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